Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Des tableaux de Louis XV adjugés chez Christie's ?

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madame antoine

madame antoine

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Date d'inscription : 30/03/2014

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MessageSujet: Des tableaux de Louis XV adjugés chez Christie's ?   Des tableaux de Louis XV adjugés chez Christie's ? Icon_minitimeMar 29 Aoû - 11:32

Bonjour à tous les Amis du Boudoir de Marie-Antoinette,

Vous avez certainement eu vent des récentes adjudications de vues du Château de Saint-Hubert. Des doutes subsistent cependant quant à leur auteur.

Début juillet à Londres, Christie’s adjugeait deux petits paysages de l’un des tabletiers préférés de Louis XV.

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"Le sieur Compigné, Tabletier du Roi, a eu l’honneur de présenter à Sa Majesté deux Tableaux sur écaille blonde, exécutés au tour, ayant un pied de longueur sur dix pouces de hauteur […] Sa Majesté a fait l’honneur à cet Artiste d’accepter ces Tableaux & de lui en marquer sa satisfaction." À en croire ces quelques lignes produites dans La Gazette de France du 21 décembre 1772, une publication bihebdomadaire qui servait notamment à donner les dernières nouvelles de la cour, le roi Louis XV venait tout juste de prendre livraison à Versailles d’une création devant le toucher particulièrement.

En l’occurrence, une paire de "vues du Château de Saint-Hubert en face & du côté de l’étang" ayant été exécutées par Thomas Compigné, un artiste d’origine italienne qu’il appréciait grandement. Au même titre d’ailleurs que cette fameuse propriété des Yvelines construite par l’architecte Ange-Jacques Gabriel et dont, hélas, il ne reste aujourd’hui pratiquement plus aucun vestige…


Redécouverte?

Jusqu’il y a peu, l’on imaginait les œuvres du tabletier (terme sous lequel l’on qualifiait alors un artisan spécialisé dans la fabrication d’une importante variété de petits objets luxueux, tels des pièces de jeu ou des étuis) présentées à son souverain comme égarées à jamais.

Le support de ces tableaux laisse planer un doute sur leur provenance royale.

Mais lors de la dernière mouture de son Exceptional Sale, organisée à Londres en date du 6 juillet, Christie’s a proposé entre 40.000 et 60.000 livres sterling une paire de vues du château de Saint-Hubert étonnement assez semblables à la description qu’avait pu en faire l’auteur de l’article publié dans La Gazette de France.

À savoir, tout d’abord, qu’il s’agissait d’œuvres figurant l’avant et l’arrière de la grande résidence que Louis XV avait fait ériger à partir de 1755 à proximité directe de l’un des étangs artificiels chargés d’alimenter en eau les somptueuses fontaines de Versailles. Bref, des perspectives tout à fait similaires à celles décelables dans les deux pièces mises en vente par Christie’s, où l’on distingue, d’un côté, l’entrée officielle et, de l’autre, une pièce d’eau avec quelques barques.

Ensuite, leurs dimensions approchaient vraisemblablement les 27,2 par 32,5 cm évoqués dans l’article. Avec une hauteur de 23,4 et une longueur de 31 cm (28,8 x 36,5 cm, cadre compris), le rapport semble en effet relativement convaincant, surtout si l’on prend en compte le fait qu’un cadre ait pu les accompagner lors de leur présentation officielle.


Léger hic…

En ce qui concerne le support employé par Compigné, un léger grain de sable semble par contre se coincer dans la mécanique, puisque d’après La Gazette de France, ce dernier aurait recouru à de "l’écaille blonde", c’est-à-dire de l’écaille de tortue. Or, les représentations du domaine royal de Saint-Hubert mises en vente par Christie’s se trouvent couchées sur de l’étain…

Suffisant pour mettre en péril toute l’hypothèse? D’après le catalogue préparé par Christie’s, il semble en fait que la presse du XVIIIe siècle avait pour (mauvaise) habitude de présenter les réalisations du premier tabletier du roi comme ayant été généralement fixées sur de l’écaille, alors même que l’usage de l’étain s’était déjà largement répandu dans les petits tableaux qui figuraient après 1760 dans sa célèbre boutique de la rue Greneta, au Roi David. Une fois estampée en relief grâce à un moule en bronze, la plaque en métal était apparemment rehaussée avec des matériaux précieux (or, argent) et polychromée, le tout selon une technique secrète aujourd’hui perdue.
En 1795, Henri-Gabriel Duchesne devait ainsi tenter de percer le mystère dans son "Dictionnaire de l’industrie" ou "Collection raisonnée des procédés utiles dans les Sciences et dans les Arts", en présumant notamment que, une fois hors du moule, "l’on peint les objets à volonté en observant seulement de peindre les ciels avec des couleurs terreuses, et le surplus, tels que maisons, arbres, etc., avec des couleurs transparentes".


Buisness is business

Au final, il n’est donc pas impossible, même si improuvable en l’état, que les deux tableaux adjugés par Christie’s à un collectionneur anonyme en échange de 50.000 livres sterling puissent bel et bien correspondre à ceux reçus par Louis XV en 1775 des mains de Compigné.

En habile commerçant sachant exploiter le prestige entourant certaines de ses œuvres, ce dernier en produisit visiblement plusieurs autres exemplaires, mais de dimensions bien plus réduites, telle cette vue arrière du château de Saint-Hubert (13 x 17 cm) vendue en avril 2011 par Sotheby’s à Paris pour 24.750 euros. La maison de ventes aux enchères Brissonneau a également obtenu 8.500 euros en mars 2010 pour un exemplaire figurant l’entrée de la propriété et mesurant 15 par 19,5 cm. Dans ce cas-là, il n’était nullement question d’une éventuelle provenance royale…


Source : L'Echo

Au sujet du terme buisness, j'avoue ne pouvoir trancher entre une dysorthographie et un effet volontaire et l'ai donc laissé tel que marqué dans l'article.

Bien à vous

madame antoine

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