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 Les trois grands hivers de la période révolutionnaire (1783-1795)

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yann sinclair

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MessageSujet: Les trois grands hivers de la période révolutionnaire (1783-1795)   Sam 2 Déc - 12:38

Les trois grands hivers de la période révolutionnaire (1783-1795)


En général, entre deux hivers rigoureux, plusieurs décennies s'écoulent.
Pourtant, à la fin du 18e siècle, en 11 ans à peine, trois d'entre eux eurent lieu.

Entre 1757, année de début des relevés de températures sur Paris-Le Bourget, et 1795, la France subit trois hivers exceptionnels. Ils sont tellement froids qu’ils comptent parmi les 10 plus rigoureux jamais observés sur la période 1757-2010. Effectuons un petit survol de leurs caractéristiques et de leur conséquence sur l’histoire.



L’hiver 1783-1784: très neigeux au Nord, long de trois mois

Ce premier hiver de la période est remarquable par sa régularité et sa longueur. Il débute dès novembre. Les températures alterne ensuite entre le froid moyen et le froid glacial pendant 90 jours. Même en mars et avril, le printemps tarde à arriver. Les minimas, observés le 30 décembre 1783, les 30 et 31 janvier 1784, atteignent -19,1°C à Paris, -17,5°C à Provins, -21,0°C à Évreux.

Des écrits font état qu’en fin 1783, le froid se faisait si vif que le vin, l’eau, le pain, parvenait en quelques minutes à se solidifier sur une table située au dehors.



La capitale subit un temps de gel pendant 69 jours d’affilée, ce qui permet au sol de se durcir jusqu'à 65 cm de profondeur. Au cours de cet hiver neigeux, c’est en priorité la moitié Nord de la France qui est affectée. Les jours doux sont inexistants, ou très peu nombreux.

Moyenne générale de l’hiver à Paris-Le Bourget: - 0,567°C

Décembre : -0.700°C
Janvier : -1,400°C
Février : 0,400°C



L’hiver 1788-1789: un froid extrême, précoce, concentré sur le mois de décembre.



L’hiver qui précéda la révolution de 1789 n’a pas la régularité de celui de 1783-1784. A l’inverse, celui-ci se distingue par une attaque brutale et très précoce d'un froid du pire niveau que l’on puisse connaître, avant de se montrer beaucoup plus «normal» par la suite. (En Janvier, un froid moyen se maintient, puis l’hiver s’achève dans la douceur, en Février). Car l’intensité du froid de décembre 1788 est au-delà de tout ce qui avait déjà été vu, à l’époque, en France. C’est une calamité de plus dans un pays déjà très affaibli. Les grands fleuves français (Seine, Rhône, Rhin, Durance, Garonne) et les lacs (Annecy, Bourget, Leman), gèlent sur plusieurs dizaines de centimètres, ce qui interrompt la



communication et les transports par voie fluviale. Même les bords du port de Marseille sont pris par les glaces. Les sols, couverts de neige (15 à 65 cm), pendant des semaines, facilitent la chute des températures. Le minimum, à Paris, est de –21,8°C (Le 31/12/1788). A Neuf-Brisach (Alsace), il fait –24,2°C. Et à Cherisy, Eure et Loir, la barre des –25°C est franchie le 29/12/1788.

Selon les historiens, le froid de décembre 1788 correspond bien à un élément déclencheur – parmi d’autres - de la révolution française l’été suivant. Avec la France, d’autres pays d’Europe ont été touchés. Au Royaume Uni, la surface de la Tamise s’est arrêtée de couler, de même que la bordure littorale de la mer de la Manche.

Moyenne générale de l’hiver à Paris-Le Bourget: 0,100°C

Décembre: -6.8°C
Janvier: 1,5°C
Février: 5,6°C



L’hiver 1794-1795: un froid étendu sur les deux premiers mois d’hiver, particulièrement vif au mois de janvier.

Le froid de 1794-1795 dure deux mois. S’il débute par un décembre froid, mais sans excès, il se poursuit par le mois de janvier le plus glacial de l’histoire, avant de se terminer par un mois de février plus frais que véritablement froid.

Chaque fois, au cours de ces froids si forts, les fleuves gèlent, ainsi que les lacs. Ainsi, en Janvier 1795, lorsque le général Pichegru atteint l’actuel Pays-Bas, il fait le constat d’une mer de Zuyder, l’ancienne Zuydersee (aujourd’hui disparue, transformée en polder) complètement gelée sur laquelle il put conduire sa cavalerie. A Paris, les mesures effectuées attestent d’une Tn minimale de –23,5°C le 23 janvier et d’une période de gel de 42 jours consécutifs.

Comme son prédécesseur de 1788-1789, les conséquences seront catastrophiques dans un pays en proie à la violence et à la terreur révolutionnaire. De plus, pour les spécialistes, ce dernier grand hiver du XVIIIe siècle constitue bien l'une des manifestations les plus significatives de la période appelée P.A.G., Petit âge glaciaire. Bien évidemment, elles ne sont pas les seules. De nombreuses autres années, avant 1757, et après 1795, ont été marquées par des hivers froids. L'on pense notamment à Janvier 1709 et décembre 1829.

Moyenne générale de l’hiver à Paris le Bourget: -0,800°C

Décembre: 0,7°C
Janvier: -6,3°C
Février: 3,2°C

Par la suite, pendant 35 ans, aucun hiver n'atteindra plus ce niveau en France.

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