Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules"

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yann sinclair

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MessageSujet: 18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules"   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeVen 12 Jan - 10:16



Première des "Précieuses ridicules"

La comédie de Molière est représentée pour la première fois sur la scène du théâtre du Petit-Bourbon à Paris, en seconde partie de spectacle.

Elle connut un succès considérable, qui se traduisit par l'apparition d'une mode littéraire nouvelle, la satire des « précieuses » et de la « préciosité », termes popularisés par la pièce de Molière, et dont la réalité du phénomène qu'ils désignent est aujourd'hui considérée comme problématique.

Pour éviter que la pièce ne fût imprimée sans son approbation, Molière accepta de la laisser publier par des libraires de son choix, et elle fut ainsi la première de son auteur à connaître les honneurs de l'impression

18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" 055_0010






18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Markw La pièce

Scène première
Scène II
Scène III
Scène IV
Scène V
Scène VI
Scène VII
Scène VIII
Scène IX
Scène X
Scène XI
Scène XII
Scène XIII
Scène XIV
Scène XV
Scène XVI
Scène XVII



Résumé















Deux jeunes gens, La Grange et Du Croisy, sortent de chez Gorgibus, un bourgeois de province récemment arrivé à Paris. Ils sont très mécontents de l'accueil méprisant que leur ont réservé Magdelon et Cathos, respectivement fille et nièce du vieillard. La Grange explique à son ami la manière dont il entend se venger des trop fières jeunes filles: en leur faisant rencontrer Mascarille, son valet, « un extravagant qui s'est mis dans la tête de vouloir faire l'homme de condition ». (scène 1)


Découvrant que les deux jeunes gens sont mécontents de leur visite, Gorgibus, afin d'en comprendre la raison, fait appeler Magdelon et Cathos, qui sont occupées à se mettre « de la pommade pour les lèvres ». (scènes 2 et 3)


Alors que Gorgibus leur demande des explications sur leur comportement envers La Grange et Du Croisy, qu'il leur destinait pour maris, Magdelon et Cathos lui affirment qu'il est hors de question pour elles de se marier à des gens « incongrus en galanterie », et qu'elles veulent vivre une aventure galante et romanesque ressemblant aux romans de Mlle de Scudéry. Ne comprenant rien à leur discours, Gorgibus s'entête: il veut les marier le plus vite possible, ou sinon elles seront envoyées au couvent. (scène 4)


Une fois Gorgibus parti, Magdelon et Cathos s'entêtent dans leur rêverie en s'imaginant qu'elles ne sont pas réellement sa fille et sa nièce, et qu'« une naissance plus illustre » leur sera un jour révélée. Marotte, leur servante, annonce alors l'arrivée du « marquis de Mascarille », que les deux précieuses s'empressent de recevoir. (scènes 5 et 6)


Arrivée de Mascarille en chaise à porteurs. Refusant de payer les porteurs sous prétexte qu'on ne demande pas de l'argent à une personne de sa qualité, il accepte cependant très vite quand l'un d'entre eux le menace d'un bâton. Il attend Magdelon et Cathos qui se recoiffent. (scènes 7 et Cool



Mascarille rencontre Magdelon et Cathos et leur fait des compliments. Il leur promet de les présenter à « une académie de beaux esprits »; il leur fait également part de ses propres talents en récitant et chantant un impromptu qu'il a composé, et qui est très admiré par les deux précieuses. Il leur fait également admirer ses habits, avant de se plaindre que son cœur est « écorché » par leurs regards. (scène 9)


Entre en scène Jodelet, présenté comme étant le «vicomte de Jodelet» par son ami Mascarille. Tous deux se complimentent sur leurs exploits à la guerre en montrant à Magdelon et Cathos leurs cicatrices. Ils décident alors de donner un petit bal à leurs hôtesses et leurs voisines. (scènes 10 et 11)


Entrent en scène les voisines et les violons pour le bal. Mascarille danse avec Magdelon et Jodelet avec Cathos. (scène 12)


La Grange et Du Croisy font irruption dans la pièce et frappent Mascarille et Jodelet, avant de repartir. Magdelon et Cathos sont choquées, mais Mascarille et Jodelet ne semblent pas vouloir se venger de l'affront. (scènes 13 et 14)


Retour de La Grange et Du Croisy, qui révèlent que Mascarille et Jodelet sont leurs valets, et leur font retirer leurs atours. Se rendant compte de leur erreur, les deux précieuses laissent éclater leur dépit. (scène 15)
Magdelon et Cathos se plaignent à Gorgibus de la « pièce sanglante » qu'on leur a jouée, mais Gorgibus réplique que c'est à cause de leur extravagance qu'une telle chose a pu se produire. Mascarille et Jodelet, ainsi que les violons, sont jetés à la porte, puis Gorgibus, en colère, voue les romans, vers, chansons, sonnets et sonnettes « à tous les diables ». (scènes 16 et 17).

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Contexte















Distribution originale



















































































































































































































[th]Personnage[/th][th]Acteur ou actrice [/th]
[b][b][b][b][b][b][b][b][b][b][b][b]Acteurs et actrices ayant créé les rôles
 (D'après Forestier et Bourqui 2010, p. 1211)
[/b][/b][/b][/b][/b][/b][/b][/b][/b][/b][/b][/b]
La Grange, amant rebutéLa Grange
Du Croisy, amant rebutéDu Croisy
Gorgibus, bon bourgeoisL'Espy
Magdelon, fille de Gorgibus, précieuse ridiculeMadeleine Béjart
Cathos, nièce de Gorgibus, précieuse ridiculeCatherine De Brie
Marotte, servante des précieuses ridiculesMarie Du Croisy
Almanzor, laquais des précieuses ridiculesDe Brie2
Le marquis de Mascarille, valet de La GrangeMolière
Le vicomte de Jodelet, valet de Du CroisyJodelet
Deux porteurs de chaiseDu Croisy et La Grange3
Voisines
Violons
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La liste des interprètes de la plupart des personnages est facile à établir, ces derniers étant désignés par les noms de scène des comédiens les incarnant : ainsi, c'est sous le nom de Jodelet qu'était connu l'acteur Julien Bedeau, sous ceux de du Croisy et de La Grange que se faisaient appeler au théâtre Philibert Gassot et Charles Varlet, tandis que Mascarille était le nom de scène de Molière (il était celui des personnages qu'il avait interprétés dans L'Étourdi et dans Le Dépit amoureux.) Quant à Magdelon (prononcé « Madelon »), Cathos (prononcé « Catau ») et Marotte, ce sont les diminutifs de Madeleine (Béjart), Catherine (De Brie) et Marie (Du Croisy). Le personnage de Gorgibus était tenu par le frère de Jodelet, L'Espy, qui s'était spécialisé dans les rôles de vieillards. Enfin, les figurants étaient vraisemblablement interprétés par le personnel du Petit-Bourbon (moucheurs de chandelles, portier, etc.4)

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Création des Précieuses ridicules au théâtre















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Madeleine Béjart dans le rôle de Magdelon en 1659.

La Première des Précieuses ridicules eut lieu le mardi 18 novembre 1659, en complément du Cinna de Pierre Corneille. En décidant d'accompagner d'une petite comédie une pièce en cinq actes, Molière renouait avec une pratique qui avait disparu des théâtres parisiens au début de la décennie précédente. Toutefois, cette innovation ne bénéficia pas d'un traitement particulier : le prix des places était le même que pour une représentation normale (au lieu d'être doublé comme c'était le cas pour les Premières), et le lancement des Précieuses ridicules ne fut pas programmé le vendredi, comme il était d'usage pour les nouvelles pièces5. La pièce disparut ensuite de la scène pendant une quinzaine de jours, remplacée par la reprise de La Mort de Chrispe, tragédie de Tristan L'Hermite, puis par la création d'une autre tragédie, Oreste et Pylade, du dramaturge rouennais Coqueteau de la Clairière (ami et protégé des frères Corneille5.)

Cette nouvelle tragédie n'obtint qu'un succès médiocre, et elle ne fut jouée que trois fois, avant d'être remplacée par Alcionée, tragédie de Du Ryer. C'est en complément de cette dernière pièce que Les Précieuses ridicules firent leur retour sur la scène. La comédie fut représentée ensuite en complément de Rodogune, du Cid et d'Horace, toutes trois de Pierre Corneille6. Malgré un succès spectaculaire de cette petite comédie, ses représentations furent à nouveau interrompues afin de permettre la création de Zénobie, une tragédie de Jean Magnon qui n'obtint aucun succès, sauf à partir du moment où elle fut accompagnée des Précieuses ridicules7. Pourtant, malgré le succès évident de cette dernière, elle ne fut représentée qu'irrégulièrement jusqu'à la traditionnelle relâche de Pâques (le vendredi 12 mars 1660), peut-être parce que l'acteur Jodelet était déjà malade (il mourut le 26 mars 16607).

À la réouverture des théâtres, au début du mois d'avril, l'acteur Gros-René reprit le rôle de Jodelet, mais là encore Les Précieuses ridicules ne connurent que quelques représentations, avant d'être définitivement abandonnées vers la fin de l'année 1661 (en dehors de trois reprises en 1666.) La première pièce imprimée de Molière ne fut ainsi représentée que cinquante-cinq fois du vivant de son auteur8.

Un succès considérable et embarrassant















Le nombre des représentations des Précieuses ridicules, relativement peu élevé9, ne saurait pourtant rendre compte de l'énorme succès que rencontra cette pièce, qui apportait un souffle nouveau à la comédie : en effet, aux côtés des procédés traditionnels du burlesque (ainsi par exemple du valet déguisé en seigneur qui agit de manière ridicule), les personnages ne répondaient pas aux canons du genre comique, et ils apparurent aux spectateurs comme des caricatures de figures de la société galante. Cette dimension parodique des personnages était une nouveauté, et elle montrait au public que la société contemporaine pouvait donner matière à une pièce bouffonne10. Par ailleurs, le succès des Précieuses ridicules donna naissance à une mode littéraire, et de nombreux ouvrages parurent qui évoquèrent ces « précieuses » dont parlait la pièce, au point de donner une apparence de réalité socio-historique à cette « préciosité » qui, en fait, n'a jamais existé en tant que telle11.

Le succès des Précieuses ridicules présenta toutefois plusieurs inconvénients pour Molière : tout d'abord, l'aspect parodique de la pièce fit que ses adversaires y virent une satire dirigée contre des personnes réelles, accusation contre laquelle il se défendit en expliquant dans la préface des Précieuses ridicules qu'il ne s'en prenait pas à des personnes réelles, mais à des types sociaux, type de défense qu'il devait réutiliser dans La Critique de l'École des femmes trois ans plus tard12. D'autre part, le succès de cette petite comédie, associé aux échecs répétés rencontrés par Molière dans l'interprétation et la mise en scène de tragédies, engendrèrent l'idée selon laquelle il n'était bon qu'à représenter des farces, mais était incapable de s'élever à un genre plus noble13.

Publication de la pièce















Dans la préface qu'il rédigea à l'occasion de la publication de sa pièce en janvier 1660, Molière écrivit que c'était malgré lui que l'ouvrage avait été imprimé. En effet, plusieurs textes reprenant ce titre avaient été publiés entre la fin de l'année 1659 et le début de l'année 1660 : le Récit en prose et en vers de la Farce des précieusesN 1, de Mademoiselle Desjardins (future Madame de Villedieu), avait ainsi été imprimé chez le libraire Claude Barbin, puis chez Guillaume de Luyne. Par ailleurs, au début de janvier 1660, le texte d'une pièce de théâtre qui n'avait pas encore été jouée (et qui ne devait jamais l'être), Les Véritables précieuses, fut à son tour imprimé14,N 2. Son auteur, Antoine Baudeau de Somaize, ne se privait pas d'attaquer Molière15. Mais davantage que ces parutions d'imitations et de plagiats, ce fut l'impression d'une édition du texte de sa pièce, réalisée sans son approbation (et pour laquelle il ne percevait donc aucune rétribution) par le libraire parisien Jean Ribou qui poussa Molière à passer un contrat avec Luyne afin de publier une version des Précieuses ridicules sur laquelle il conserverait un contrôle éditorial16,N 3.

Cette publication des Précieuses ridicules constitue un évènement dans l'histoire littéraire, non seulement parce qu'il s'agit de la première pièce qu'ait publiée Molière, mais également parce que jamais encore une pièce en un seul acte et en prose n'avait connu cet honneur17. Molière écrit pourtant en tête de sa préface que c'est à contre-cœur qu'il se résolut à cette publication. C'est que vraisemblablement, il eût préféré commencer sa carrière d'auteur avec la publication des grandes comédies en cinq actes et en vers qu'il avait déjà écrites (L'Étourdi et Le Dépit amoureux), voire avec sa « comédie sérieuse », Don Garcie de Navarre, dont il avait commencé à lire des extraits dans les salons17.


Éléments d'analyse















Les sources de Molière















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Coquelin aîné dans le rôle de Mascarille en 1888.

Pour écrire Les Précieuses ridicules, Molière s'inspira de plusieurs ouvrages parus quelques années avant la création de sa pièce. Sa source principale semble avoir été L'Héritier ridicule de Paul Scarron, publié en 1650, et qui fut interprété vingt-neuf fois par la troupe de Molière entre 1659 et 1666. De cette pièce, elle-même inspirée d'une comédie espagnole publiée en 1647, El Mayorazgo figura de Castillo Solórzano, Molière reprit vraisemblablement le thème du valet ridicule déguisé en gentilhomme dans le but de séduire une jeune femme destinée à son maitre18.

L'opuscule satirique de Charles Sorel « Les lois de la galanterie », inventaire parodique des moyens à mettre en œuvre pour mériter le titre de « galant », fut également une source des Précieuses ridicules, dans laquelle Molière puisa une grande part des propos et des comportements de Mascarille et de Cathos et Magdelon19,N 4.
Enfin, le roman de Michel de Pure, La Précieuse ou le mystère des ruelles, publié en 1656, qui, sous la forme d'histoires et de conversations entre les protagonistes du roman, traite des thèmes de la condition féminine, a pu exercer une influence sur le sujet des Précieuses ridicules. Qui plus est, la troisième partie du roman, qui évoque la représentation d'une pièce des comédiens italiens à Paris, dévoile peut-être une source plus directe de la pièce de Molière : il y est en effet question d'une jeune fille qui préfère un faux poète à un véritable homme de qualité, et, d'après Les Véritables précieuses de Somaize, cette pièce, qui aurait effectivement été représentée par les Italiens, montrerait « deux valets [...] qui se déguisent pour plaire à deux femmes et que leurs maitres battent à la fin20. » Mais l'existence de cette pièce est sujette à caution21, surtout dans la description qu'en donne Somaize, qui pouvait avoir intérêt à faire passer Molière pour un plagiaire afin de justifier son propre plagiat22.

Quant au Cercle des femmes (1656), comédie de Samuel Chappuzeau, centrée autour du personnage d'Émilie, jeune femme savante dont est amoureux un vieux pédant qui, éconduit, tente de lui faire prendre pour un gentilhomme un jeune pupille, si elle a parfois été évoquée comme source possible pour Les Précieuses ridicules, ses similitudes avec la pièce de Molière sont trop faibles et trop générales pour qu'on puisse l'affirmer autrement qu'avec circonspection23.

Écriture et composition















Il semblerait que la composition des Précieuses ridicules ait été tributaire des impératifs stratégiques et commerciaux auxquels était soumis Molière : en effet, depuis le printemps 1659, il avait engagé dans sa troupe le comédien Jodelet, pour lequel furent représentées deux pièces de Scarron dont il était le principal protagoniste : Jodelet ou le Maître valet, puis Don Japhet d'Arménie. Mais elles n'eurent pas le succès escompté, les pièces étant anciennes, et Molière décida d'en créer une nouvelle pour le comédien, en dédoublant le rôle du valet ridicule pour le ménager (Jodelet avait sans doute soixante-dix ans au moment où il rejoignit la troupe de Molière24.)

C'est ainsi que le dramaturge utilisa le thème du valet déguisé en gentilhomme, repris de Scarron, auquel il eut l'idée d'adjoindre un autre thème, celui de la « fille folle », hérité notamment des Visionnaires, pièce de Desmarets de 1637, que la troupe de Molière interprétait par intermittence au cours du printemps 165925. La forme que prendrait la folie des jeunes femmes (tout comme pour le valet, le rôle avait été dédoublé), Molière la trouva alors dans le Recueil de pièces en prose les plus agréables de ce temps, composées par divers auteurs, paru en 1658, et qui contenait, outre « Les lois de la galanterie » de Sorel, une parodie de la Carte de Tendre de Mademoiselle de Scudéry : la Carte du royaume des Précieuses, écrite en 1654 par le marquis de Maulévrier. Ces textes, avec celui de l'abbé de Pure, devaient lui fournir le nom et les défauts dont seraient parées ses deux jeunes folles26.


La question de la « préciosité »















La question de la préciosité et de sa critique dans la pièce de Molière a fait l'objet de nombreux commentaires, et les historiens de la littérature ont longtemps tenu pour acquis le fait que Molière attaquait moins la préciosité « véritable » que l'une de ses formes dégradées, représentée par la figure de Mademoiselle de Scudéry27, ou bien par des salons bourgeois et provinciaux28. Le principal problème que posent ces interprétations est qu'elles tiennent pour acquis l'existence même d'un courant précieux, alors que les études modernes montrent qu'il s'agit bien plutôt d'une reconstitution a posteriori d'un phénomène qui relève essentiellement de la mythologie : en effet, l'idée d'une opposition entre une préciosité véritable et une préciosité dégradée est un topos qui remonte à la publication, en 1835, des Mémoires pour servir à l'histoire de la société polie en France, de Louis de Roederer29. Cet ouvrage, dans lequel sont opposées une préciosité véritable d'essence aristocratique à une préciosité ridicule d'origine bourgeoise, n'était pas dénué d'arrière-pensées politiques : la construction du mythe de la préciosité, qui renvoie à une certaine nostalgie des salons du XVIIe siècle, permettait d'escamoter ceux du XVIIIe siècle, lesquels accueillirent avec complaisance les idées révolutionnaires30.

Mais à l'époque de Molière, personne ne s'est jamais paré du titre de « précieuse », et les portraits qu'en donnent les textes d'époque sont contradictoires31. C'est pourquoi un certain nombre de chercheurs vont jusqu'à proposer de ne plus recourir aux termes de « précieux » et de « préciosité », estimant qu'il ne s'agit que d'un qualificatif parodique et littéraire qui ne recouvre aucune réalité socio-historique concrèteN 5.

Aussi, dans leur présentation des Précieuses ridicules pour l'édition des Œuvres complètes de Molière dans la Bibliothèque de la Pléiade (2010), Georges Forestier et Claude Bourqui estiment-ils qu'en choisissant le terme de « précieuses » pour définir Magdelon et Cathos, le dramaturge n'a fait que reprendre un terme qui avait été utilisé dans un roman de l'abbé de Pure (à travers lequel il était difficile de se faire une idée de ce qu'il recouvrait15), un texte parodique de Charles Sorel, et quelques satires anti-féministes. Il pouvait les faire agir à sa guise, ne conservant que les traits que leur prêtaient les satiristes, à savoir le fait d'être « coquettes et prudes à la fois, minaudières, façonnières et usant d'un "jargon" incompréhensible à qui n'appartenait pas à leur "secte"32. »

Dans un registre proche, Myriam Dufour-Maître, écrit dans son étude sur Les Précieuses (2008), que « seul le génie de Molière a su donner la netteté d'un type littéraire achevé à quelques comportements mondains isolés, à quelques pratiques langagières minoritaires, à quelques partis pris esthétiques éphémères33. »


La dynamique farcesque















Les Précieuses ridicules mettent en scène plusieurs caractères appartenant à l'univers de la farce et de la commedia dell'arte, au premier rang desquels Jodelet qui incarnait depuis des décennies le type du valet poltron. Associé à Molière/Mascarille, dont le costume ridiculement chargé était une réminiscence directe du théâtre de la foire, et de Gorgibus/L'Espy, figure traditionnelle du vieillard ridicule (le nom de « Gorgibus » attribué au vieillard semble être de l'invention de Molière34), ils recréaient le « trio des farceurs », célèbre trente ans plus tôt, incarnant moins des personnages que des équivalents des « masques » de la comédie italienne35. Impression renforcée à la fois par le fait que Jodelet jouait le visage fariné (d'où la réplique de Mascarille : « il ne fait que sortir d'une maladie qui lui a rendu le visage pâle, comme vous le voyez36 ») et par la signification du nom de « Mascarille », dont l'étymologie renvoie à l'idée de masque37.

De plus, Mascarille et Jodelet (qui, en se présentant comme des aristocrates aux yeux des précieuses, jouent une seconde farce dans la première), se livrent à un jeu burlesque typiquement farcesque (Mascarille faisant tâter ses blessures, Jodelet qui est dépouillé d'une multitude de gilets), avant d'être les victimes de la traditionnelle bastonnade à la fin de la pièce38.

La dynamique farcesque des Précieuses ridicules masque toutefois, selon Bernadette Rey-Flaud, une dimension plus sombre de la pièce : dans son étude sur Molière et la farce, elle explique en effet que le jeu scénique étourdissant de Jodelet et de Mascarille fait oublier que tous deux sont les instruments d'une vengeance sans pitié de la part des amants éconduits : lorsqu'à la fin de la pièce les deux bouffons se retrouvent dépouillés de leurs vêtements, ils sont face à deux jeunes femmes pareillement dépouillées de leur suffisance et de leur prétention. Ainsi, à la mise à nu physique des uns correspond la mise à nu morale des autres, tous quatre demeurant sans défense et démunis face à la misère et à la honte39.

Autour des Précieuses ridicules


Les Précieuses ridicules







Préface



les grâces dépendent de l'action
entre les mains des libraires
ô temps, ô moeurs !
Messieurs les auteurs
à la tête d'un livre
les ridicules qui les imitent mal





PERSONNAGES



Gorgibus
Almanzor
Mascarille





Scène 1



Seigneur La Grange
pecques provinciales
donzelles ridicules
parler à l'oreille
tant bâiller, tant se frotter les yeux
nous leur jouerons tous deux une pièce
il n'y a rien à meilleur marché que le bel esprit
il se pique ordinairement de galanterie
dédaigne les autres valets jusqu'à les appeler brutaux





Scène 3



lait virginal
le lard d'une douzaine de cochons
les pieds de mouton qu'elles emploient





Scène 4



graisser le museau
procédé irrégulier
le moyen... de/que
une fille un peu raisonnable
par le concubinage
ce lien sacré où ils aspirent
du dernier bourgeois
bel air
un roman serait bientôt fini
débiter les beaux sentiments
pousser le doux, le tendre et le passionné
dans les formes
voir au temple la personne dont il devient amoureux
mettre sur le tapis
une question galante qui exerce les esprits de l'assemblée
cet aveu qui fait tant de peine
inclination
les jalousies conçues sur de fausses apparences
l'union conjugale
contrat
le roman par la queue
voici bien du haut style
ma cousine donne dans le vrai de la chose
toute leur personne marque cela
on n'y dure point, on n'y tient pas
la Carte de Tendre
rubans
bonne opinion des gens
une fille si spirituelle que moi
le beau style
il est vrai
ces noms étranges
une oreille un peu délicate
furieusement
il faut que vous demeuriez d'accord
le tissu de notre roman
je me lasse de vous avoir sur les bras
je veux être maître absolu





Scène 5



ma chère
une naissance plus illustre
toutes les apparences du monde





Scène 6



ah, ma chère, un marquis !
la filofie dans le Grand Cyre





Scène 7



Holà, porteurs, holà !
non, je ne suis pas content





Scène 9



Mesdames !
cette méchante affaire
je m'inscris en faux
la renommée accuse juste
pic, repic et capot
la libéralité de ses louanges
y a-t-il ici sûreté pour moi ?
quelque vol de mon coeur
quelque assassinat de ma franchise
de Turc à More
leur garde meurtrière
après s'être peigné
l'antipode de la raison
une vérité incontestable
nous sommes en passe de l'être
ils me rendent tous visite
car enfin
connaisseuse
avant tous les autres
je m'en escrime un peu
courir de ma façon deux cents chansons
plus de mille madrigaux
cela exerce l'esprit
bien tournés
mon talent particulier
mettre en madrigaux toute l'histoire romaine
de toutes nos oreilles
au voleur, au voleur
vous avez le goût bon
un tour spirituel et galant
impromptu
oh, oh, je n'y prenais pas garde
l'air cavalier
tudieu
Hem, hem. La, la, la, la, la
délicatesse
c'est à la cavalière
un air qui est passionné
est-ce qu'on n'en meurt point
chromatique
l'un des ces jours à la comédie
toute la mine
on les fait valoir
ma petite-oie
effroyablement
donner sur tout ce qu'il y a de plus beau
droit des gens
écorché depuis la tête jusqu'aux pieds





Scène 11



s'embrassant l'un l'autre
le visage pâle
un des vaillants hommes du siècle
assaisonne
la bravoure
une lune toute entière
vous sentirez quelque coup
as-tu là ton carrosse ?
hors des portes
ayons donc les violons pour danser
au diable soient tous les laquais !
braies nettes
une furieuse dépense en esprit
et du galant, et du bien tourné





Scène 12



il n'y a pas moyen
courante





Scène 15



aller sur nos brisées





Scène 16



je mourrai en la peine





Scène 17



pernicieux amusements des esprits oisifs
à tous les diables

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Dernière édition par yann sinclair le Mer 6 Nov - 10:36, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: 18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules"   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeSam 13 Jan - 7:41

18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Bc3a9j10

Madeleine Béjart dans le rôle de Magdelon en 1659.
Peinture sur marbre d'auteur inconnu.

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rien que la mort peut me faire cesser de vous aimer
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yann sinclair

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MessageSujet: La Grange (acteur)   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeMer 6 Nov - 11:18

18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" 2711012
Charles Varlet
dit La Grange

comédien français

né en 1635
décédé à Paris le 1er mars 1692 à l'âge de 53 ans

  • Inhumé en 1692


Camarade de scène de Molière et son successeur à la tête de la Troupe du Roi, il créa certains des principaux rôles de ses pièces, en particulier celui de Dom Juan, et tint pendant plusieurs décennies un registre de ses comptes, qui constitue un document exceptionnel sur la vie théâtrale de la seconde moitié du XVIIe siècle.


Biographie

Famille et enfance

Fils aîné d'Hector Varlet, maître d'hôtel du maréchal de Schomberg, et de Marie de La Grange (dont il prendra le patronyme comme nom de théâtre), Charles Varlet est baptisé en l'église Notre-Dame-des-Tables de Montpellier, à l'âge de neuf mois environ, le 9 mars 1636, très probablement tenu sur les fonts par Charles de Schomberg lui-même. Son frère Achille, qui sera comédien sous le nom de Verneuil, est ondoyé le jour même de sa naissance, le 17 décembre 1636, avec pour parrain Achille de Harlay, évêque de Saint-Malo. Sa sœur Marie-Justine, née le 14 mai 1638 et ondoyée dans les jours suivants en présence de membres de la maison de Schomberg, sera religieuse chez les Visitandines de la rue du Bac à Paris. Achille et Marie-Justine seront baptisés à Saint-Nicolas-des-Champs, le 22 février 1642.

Le 24 avril 1640, le maréchal de Schomberg et sa femme Anne de Halluin avaient fait au jeune Charles une donation de 6000 livres en témoignage de «singulière affection», qui fit l'objet d'une insinuation au Châtelet de Paris en janvier 1641. Quand La Grange en donna quittance, le 5 mars 1663, elle avait été augmentée des intérêts et se montait maintenant à 9.444 livres, que le comédien sut faire circuler et fructifier, à coups de prêts et de placements, avec un non moindre talent que celui qu'il exerçait sur les planches. Ainsi fut-il en mesure, en 1686, d'acheter une maison d'une valeur de 40.000 livres.

C'est probablement au début de l'année 1641 que les époux Varlet et leurs enfants vinrent s'installer à Paris, si l'on admet qu'Hector Varlet avait suivi son patron, venu reprendre possession de son hôtel parisien. Mmes Jurgens et Maxfield-Miller, à qui l'on doit les renseignements fournis ci-dessus2, ajoutent une précieuse indication: l'hôtel de Schomberg se trouvait rue Saint-Honoré, face à la boutique du tapissier Jean Pocquelin, et il y a de grandes chances pour que celui-ci, sinon son fils aîné, le futur Molière, ait connu le père de Charles Varlet.

Mais les actes de mariage des frères Varlet, cités par Auguste Jal dans son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, les disent «fils de défunt Hector Varlet, vivant capitaine au château de Nanteuil»3. Cette demeure, qu'Henri de Lenoncourt avait fait bâtir, au milieu du siècle précédent, à Nanteuil-le-Haudouin sur les ruines d'un château médiéval, était la propriété des Schomberg depuis trois générations.
[…]

Comédien chez Molière

Il devait appartenir depuis peu de temps à l'une des nombreuses troupes de campagne qui servaient de viviers de comédiens aux théâtres parisiens, lorsqu'au cours du relâche de Pâques 1659, il entra dans la «Troupe de Monsieur, frère du Roi», désormais conduite par le seul Molière et qui jouait, en alternance avec les comédiens italiens du roi, sur la scène du Petit-Bourbon. Quatre autres comédiens y faisaient leur entrée en même temps que lui: Philibert Gassot, sieur du Croisy, et sa femme Marie Claveau, Julien Bedeau, dit Jodelet, et son frère François, dit L'Espy, jusqu'alors membres de la troupe du Marais.

Joseph Béjart étant mort le 25 mai suivant, La Grange reprit les rôles de Lélie dans L'Étourdi, et d’Éraste dans Le Dépit amoureux, que le défunt avait tenus depuis la création des deux pièces, à Lyon en 1655 et à Béziers à la fin de 1656. Et lorsqu'en septembre, la troupe donna Le Menteur de Pierre Corneille, pour la première fois depuis la mort de Béjart, c'est encore au jeune La Grange, ce nouveau venu, honnête, sérieux et de bonne tenue, que fut confié le rôle principal de Dorante.

[…]

Il ne fut pas seulement le jeune premier de la troupe, mignon jeune homme à la perruque blonde et au baudrier brodé, incliné avec grâce, parfait amoureux des gens honnêtes. Il fut aussi considéré comme un excellent comédien, comme en témoigne Samuel Chappuzeau, qui écrivit dans son Théâtre françois (1674):
Citation :
« Quoique sa taille ne passe guère la médiocre, c’est une taille bien prise, un air libre et dégagé, et sans l’ouïr parler, sa personne plaist beaucoup. Il passe avec justice pour très bon acteur, soit pour le sérieux, soit pour le comique, et il n’y a point de rôle qu’il n’exécute très bien. Comme il a beaucoup de feu, et de cette honneste hardiesse nécessaire à l'orateur, il y a du plaisir à l'écouter quand il vient faire le compliment4 »
Molière le tenait en haute estime, le considérant, sinon comme le meilleur comédien de la troupe, du moins comme l'un des plus capables. C'est en ce sens que la tradition interprète un passage de L'Impromptu de Versailles (fin de la scène I), dans lequel Molière, jouant son propre rôle et distribuant les leurs aux autres comédiens, dit simplement à La Grange: « Pour vous, je n’ai rien à vous dire », lui donnant « devant la postérité un brevet de maître en comédie », comme l'écrira Henry Lyonnet dans son Dictionnaire des comédiens français5,6.

La confiance de Molière dans ses qualités s'est rapidement traduite de façon concrète. À la date du 14 novembre 1664, La Grange note dans son Registre: « J’ai commencé à annoncer pour [= à la place de] Mons. de Molière ». Autrement dit, il s'est vu confier la charge d’«orateur» de la troupe, qui consistait à haranguer le public pour l'inciter à venir voir les prochains spectacles de la troupe, et à faire le «compliment» — ce qui lui donnait en même temps la responsabilité de faire imprimer les affiches. Pour Molière, c'était la possibilité de ne plus venir au théâtre les jours où il ne jouait pas (à partir de 1663, il cessa de jouer dans les tragédies et dans les comédies d'autres auteurs que lui)

Lorsque, le 5 août 1667, L'Imposteur, nouvelle mouture du Tartuffe créé en 1664, fut interdit après la première représentation, c’est à La Grange et à La Thorillière que Molière confia le soin d'aller présenter un placet à Louis XIV, qui faisait le siège de Lille.

En 1672, il épouse Marie Ragueneau, qui était depuis une dizaine d'années ouvreuse de la salle du Palais-Royal, et que son mariage fit accéder au statut de comédienne sous le nom de Mlle La Grange; elle passe pour avoir été sans charme et plutôt piètre comédienne. Lorsqu'en rédigeant plus tard son registre La Grange arriva à la page d'avril 1672, il nota sobrement: « Le dimanche de Quasimodo 24e avril 1672, je fus fiancé, et le lendemain lundi 25e je fus marié à Saint-Germain-l'Auxerrois avec Mlle Marie Ragueneau de l'Estang, qui est entrée actrice dans la troupe »7. Ils eurent deux jumelles, qui moururent quelques heures après leur baptême, le 12 décembre 1672, et, en 1675, une fille, Marie-Jeanne, dite Manon8.

La Grange fut de tous les spectacles, et quand Molière mourut, le 17 février 1673, c'est à lui qu'incomba la direction de l’entreprise, d'autant qu'il jouissait, semble-t-il, de l'entière confiance d'Armande Béjart. Durant le relâche de Pâques, quatre de ses camarades passèrent dans la troupe rivale de l'Hôtel de Bourgogne et Louis XIV accorda la salle du Palais-Royal à Lully pour ses spectacles d'opéra: il fallut alors louer (au prix fort) une nouvelle salle9, tandis que les comédiens de la troupe du Marais, dissoute par le roi, étaient invités par ordonnance royale à rejoindre « les comédiens du Roi à l’hôtel dit Guénégaud ». La Troupe du Roy, désormais forte de dix-neuf comédiens, ouvrit la nouvelle salle le 9 juillet 1673.

Lorsqu'en 1680 la Troupe du Roy du Théâtre Guénégaud et la Troupe Royale de l’Hôtel de Bourgogne furent réunies, sur ordre royal, dans ce qui allait être la Comédie-Française, La Grange en fut l’orateur. En 1682, le consortium de libraires qui détenait le privilège d'impression pour les pièces de Molière lui confia la réalisation de la grande édition posthume des Œuvres de Monsieur de Molière, dont il s'acquitta avec son ami Jean Vivot10. Il composa en particulier la préface qui se lit en tête du premier tome11 et que l'on peut considérer comme la première notice biographique consacrée à Molière.
Le 16 décembre 1691, en l'église Saint-André-des-Arts, la jeune Manon La Grange épouse un avocat originaire de Bretagne, François-Louis Musnier du Trohéou, fils de Louis Musnier de Quatremarres et de Fiacre de Gratz. Deux mois et demi plus tard, le 1er mars 1692, La Grange meurt de manière inopinée12, laissant inachevé le Registre qu'il avait entrepris de rédiger depuis, semble-t-il, une dizaine d'années. Il est enterré le lendemain, en présence de plus de mille personnes.

Le Registre de La Grange


Ce qu'on appelle le Registre de La Grange est un cahier manuscrit qui nous permet de suivre jour après jour l’activité de la troupe de Molière, puis de la Comédie-Française, de 1659 à 1685. Il indique pour chaque séance le titre de la (ou les) pièces représentée(s), la recette et la « part » qui en revient à chaque acteur, une fois les frais déduits ; il dresse le bilan financier de l’année à la fin de chaque saison théâtrale, au moment du relâche de Pâques, et il fournit la liste des acteurs présents dans la troupe au commencement de chaque nouvelle saison (sauf lorsqu'il n'y a pas eu de changement) ; il ajoute enfin des informations sur la vie de la troupe (décès, mariages, ainsi que « visites » de la troupe dans les demeures privées ou chez le roi et séjours prolongés dans l'une des résidences royales). Ce sont le plus souvent des ajouts en marge, en bas de page ou dans des blancs; dans le cas d'événements marquants il consacre des développements de quelques lignes à une page ou deux.

On a longtemps pensé que La Grange avait commencé à tenir ce « Registre » dès son entrée dans la troupe en 1659 et qu’il l’a tenu au jour le jour. Il n'en est rien: écriture et encre indiquent que le plus souvent il a rempli d’affilée plusieurs pages correspondant à plusieurs mois de représentation, et surtout un grand nombre d'erreurs de dates pour des événements importants (mort du comédien Du Parc ou du père de Molière, oubli de la création de Psyché aux Tuileries…) prouvent qu'il recopiait les registres de compte de la troupe en y ajoutant des éléments dont il se souvenait ou qu'il avait notés sur des fiches.

La couverture du manuscrit, conservé à la Bibliothèque-Musée de la Comédie-Française, porte au titre: « Extraict des Receptes et des affaires de la Comedie depuis Pasques de l’année 1659. Apartenant au Sr de la Grange l'un des Comediens du Roy ». En d'autres termes, La Grange n'a pas cherché à tenir un registre de comptes parallèle à ceux que ses camarades et lui-même tenaient à tour de rôle. Car on a conservé trois registres journaliers, dits « de La Thorillière » et « d’Hubert », du nom des comédiens qui les ont tenus et on y voit que chaque page est consacrée à la représentation du jour, avec le détail des frais, de ce qui est dû par les uns ou les autres, et de l'argent qu'a conservé le comédien qui fait office de caissier; bref, un livre de comptes journaliers, destiné à être vérifié et approuvé par les autres membres de la troupe. La Grange a donc tenu un cahier personnel qui n’a jamais eu vocation à rejoindre les archives de la troupe (d'ailleurs le manuscrit est demeuré dans sa famille, jusqu’à ce qu’en 1785, une dame Varlet, veuve d'un petit-neveu du comédien, en fasse don à la Société des Comédiens français. C'est pourquoi on y trouve des notations personnelles concernant le mariage du comédien, la naissance de ses jumelles, ou la contestation qu’il a eue avec le reste de la troupe concernant l'engagement de sa femme.

On ne sait pas quelles étaient les intentions de La Grange, lorsqu'il s'est lancé dans la confection de ce document ; on ignore de même à quel moment il s'y est attelé. Peut-être est-ce à force de consulter ses fiches et de se plonger dans les registres de comptes pour fournir les renseignements demandés par les éditeurs de la grande édition posthume des Œuvres de Monsieur de Molière? C'est vraisemblable, sans que nul ne soit en mesure de trancher13.

L'édition du Registre publiée en 1876 par les soins de la Comédie-Française, avec une préface d'Édouard Thierry (consultable en ligne14), a longtemps été offerte à chaque nouveau sociétaire faisant son entrée dans « la Maison »


Quelques-uns des rôles qu'il a créés




18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Lagrange 

Parents


Mariages et enfants



(Test des pages liées)

Notes


Charles Varlet, dit La Grange était un comédien français, serait né à Amiens en 1639 (ou Paris en 1635, baptisé vers l'âge de neuf mois à Montpellier, le 8 mars 1636), et décédé à Paris le 1er mars 1692. Il a longtemps appartenu à la troupe de Molière et en fut l'un des plus grands acteurs.

Biographie




Son père, Hector Varlet, était procureur du roi. Sa mère s’appelait Marie de la Grange, et c’est ce nom qu’il prit plus tard comme nom de théâtre. Avec son frère aîné, Achille, et sa sœur, Justine, il se retrouva très tôt orphelin. Un tuteur fut nommé, et bien qu’il fût sans fortune, Charles reçut une bonne éducation. Plus tard, en butte aux « chicanes de son tuteur » selon Larousse, il s’en alla, se fit comédien tout comme son frère, et courut la province avec assez de succès.

On ne connaît pas les circonstances de sa rencontre avec Molière. Sans doute se fit-elle à Paris, quand la troupe regagna cette ville en octobre 1658, car on retrouve La Grange jouant en novembre le rôle de Lélie de l'Étourdi, remplaçant Joseph Béjart qui venait de tomber gravement malade. Après le décès de ce dernier, il héritera également du rôle d’Éraste du Dépit amoureux, que cet acteur tenait depuis Lyon et Béziers.

À Pâques 1659, il faisait définitivement partie de la troupe de Molière, et il en devint rapidement un des premiers éléments. Ainsi, lorsque peu après Molière monta la comédie de Corneille Le Menteur, ce fut à ce nouveau venu, ce jeune homme de vingt ans, honnête, sérieux et de bonne tenue, qu’il confia le rôle principal, celui de Dorante, le menteur.

Il ne fut pas seulement le jeune premier de la troupe, mignon jeune homme à la perruque blonde et au baudrier brodé, incliné avec grâce, parfait amoureux des gens honnêtes, il en fut également le caissier, emploi de confiance, et l’archiviste. Il tint en effet un registre où il enregistra au jour le jour, entre 1659 et 1685, la vie de Molière et de ses compagnons, nous laissant d'incomparables renseignements.

Molière le tenait en haute estime, le considérant comme le meilleur comédien de la troupe. Il en fit l’aveu public dans L'Impromptu de Versailles, où l’on voit Molière, metteur en scène, conseillant tour à tour chaque comédien. Arrivant à La Grange, il lui dit simplement et éloquemment : « Pour vous, je n’ai rien à vous dire » (scène II), lui donnant, dit Henry Lyonnet, « devant la postérité un brevet de maître en comédie ».

Dix ans avant sa mort, Molière lui confia la charge d’orateur de la troupe, qui consistait à haranguer le public et à faire le Compliment. Scrupuleusement, La Grange nota dans son registre : « Vendredy 14me novembre 1664 : j’ay commancé à annoncer pour Mons. de Molière » ; confiance absolue d’un côté, concours sans réserve de l’autre.

Chappuzeau écrivit dans son Théâtre français au sujet de La Grange : « Quoique sa taille ne passe guère la médiocre, c’est une taille bien prise, un air libre et dégagé, et sans l’ouïr parler, sa personne plaist beaucoup. Il passe avec justice pour très bon acteur, soit pour le sérieux, soit pour le comique, et il n’y a point de rôle qu’il n’exécute très bien. Comme il a beaucoup de feu, et de cette honneste hardiesse nécessaire à l'orateur, il y a du plaisir à l'écouter quand il vient faire le compliment »[1].

Lorsque sa pièce Tartuffe fut interdite dès la première représentation, c’est à La Grange et à La Thorillière que Molière confia le soin de présenter un placet au roi, qui faisait le siège de Lille. Ils prirent la malle-poste depuis Paris. « Nous fûmes très bien reçus » nota La Grange.

En 1672, il se maria avec Marie Ragueneau, piètre comédienne de la troupe, plutôt laide, qui prit alors comme nom de théâtre Mlle La Grange. La Grange, laconique ou peu enthousiaste, écrivit dans son registre : « Le dimanche de Quasimodo 24me avril 1672, je fus fiancé, et le lendemain lundi 25me je fus marié à St Germain de l'Auxerrois avec Mlle Marie Ragueneau de l'Estang, qui est entrée actrice dans la trouppe ». Ils eurent deux jumelles qui ne survécurent pas, et une fille, Manon, en 1675.

Il fut de toutes les pièces, et à la mort de Molière, toute la responsabilité de l’entreprise retomba sur ses épaules. La troupe perdit la salle du Palais-Royal, que Lully convoitait depuis longtemps. Des défections réduisirent la troupe. Mais, pour la mémoire de son maître, fidèle d’entre les fidèles, il se battit, trouva une autre salle, engagea d’autres comédiens et poursuivit les représentations.

Lorsque les troupes du Palais-Royal, du Marais et de l’Hôtel de Bourgogne se réunirent, fondant ce qui allait être la Comédie-Française, La Grange en fut l’orateur. C’est lui également qui s’attela à l’édition des œuvres complètes de Molière.

La Grange publia, avec un nommé Vinot qui avait été, disent les frères Parfait, un intime ami de l’auteur, la première édition complète des œuvres de Molière, en 1682. Les deux derniers volumes, tomes VII et VIII de cette édition, mirent au jour Don Garde de Navarre, L’Impromptu de Versailles, Le Festin de Pierre. Mélicerte, Les Amants magnifiques, La Comtesse d’Escarbagnas et Le Malade imaginaire, que Molière n’avait pas édités de son vivant.

Il mourut presque subitement le 1er mars 1692.

Quelques-unes de ses créations





  • Lélie, fils de Pandolfe, dans L'Étourdi en 1658 ;
  • La Grange, amant rebuté, dans Les Précieuses ridicules le 18 novembre 1659 ;
  • Lélie, amant de Célie, dans Sganarelle ou le Cocu imaginaire le 28 mai 1660 ;
  • Valère dans L'École des maris le 24 juin 1661 ;
  • Lisandre devant la Cour le 7 août et Éraste devant le public le 25 août dans Les Fâcheux ;
  • Horace, amant d'Agnès, dans L'École des femmes le 26 décembre 1662 ;
  • Le marquis dans La Critique de l'école des femmes le 1er juin 1663 ;
  • Un marquis ridicule dans L'Impromptu de Versailles le 14 octobre 1663 ;
  • Alcidas, frère de Dorimène, dans Le Mariage forcé le 29 janvier 1664 ;
  • Euryale, prince d'Ithaque, dans La Princesse d'Élide le 8 mai 1664 ;
  • Valère, amant de Mariane, dans Tartuffe le 12 mai 1664 ;
  • Dom Juan dans Dom Juan ou le Festin de pierre le 15 février 1665 ;
  • Philinte dans le Misanthrope le 4 juin 1666 ;
  • Léandre, amant de Lucinde, dans Le Médecin malgré lui le 6 août 1666 ;
  • Acanthe dans Mélicerte le 2 décembre 1666 ;
  • Corydon dans la Pastorale comique le 5 janvier 1667 ;
  • Adraste dans le Sicilien le 14 février 1667 ;
  • Amphitryon dans Amphitryon le 13 janvier 1668 ;
  • Clitandre, amoureux d'Angélique, dans George Dandin le 18 juillet 1668 ;
  • Cléante, fils d'Harpagon, dans l'Avare le 9 septembre 1668 ;
  • Éraste, amant de Julie, dans Monsieur de Pourceaugnac le 6 octobre 1669 ;
  • Iphicrate, amant magnifique, dans Les Amants magnifiques le 4 février 1670 ;
  • Cléonte dans Le Bourgeois gentilhomme le 14 octobre 1670 ;
  • Agénor dans Psyché le 17 janvier 1671 ;
  • Léandre dans Les Fourberies de Scapin le 24 mai 1671 ;
  • Le vicomte dans La Comtesse d'Escarbagnas le 2 décembre 1671 ;
  • Clitandre dans Les Femmes savantes le 11 mars 1672, rôle écrit spécialement pour lui par Molière ;
  • Cléante dans Le Malade imaginaire le 10 février 1673, où il fit un triomphe dans la leçon de chant avec Mlle Molière.


Notes





  • .↑ Le Théâtre françois, éd. P.L. Jacobs, Bruxelles, 1867, p. 135.




Sources


  • Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, Bibliothèque de la revue Universelle Internationale Illustrée, Paris et Genève, 1902-1908
  • Bert Edward et Grace Philputt Young, Le registre de La Grange (1659-1685) reproduit en fac-similé, Paris, E. Droz, 1947, 2 vol.
  • Pierre Larousse, Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle
  • Théâtre complet de Molière, Le Livre de poche.
  • Louis Moland, Vie de J.-B. Poquelin

    • Charles Varlet, dit La Grange, passe pour être né a Amiens. Son père, Hector Varlet, et sa mère Marie de La Grange, semblent en tout cas avoir été de Paris, où ils avaient été mariés le 5 mai 1634 à Saint-Germain l’Auxerrois. Le père de Charles Varlet est qualifie, dans l’acte de mariage de son fils, de capitaine du château de Nanteuil. En décembre 1636, il était avec sa femme à Montpellier où il faisait ondoyer un enfant nouveau-né, Achille Varlet plus tard comédien sous le nom de Verneuil ; il y était encore en 1638, où il faisait ondoyer une fille née le 14 mai. On croit qu’il partit de cette ville pour aller a Amiens, et que c’est là que Charles Varlet, le futur compagnon de Molière, aurait vu le jour en 1639, puisqu’il se donne trente-trois ans dans son contrat de mariage, en 1672.
      Devenu comédien, ainsi que son frère Achille, parce que leur tuteur les avait, dit-on, dépouillés de tout ce que leur avaient laissé leurs parents, Charles Varlet, qui portait le nom de sa mère, de La Grange, entra dans la troupe de Monsieur, c’est-à-dire dans la troupe de Molière, à Pâques de l’année 1659 ; il ne la quitta plus jusqu’à sa mort, au mois de mars 1692. Il remplit la plupart des premiers rôles dans les pièces de Molière ; c’était un excellent acteur ; la simple phrase de L’Impromptu de Versailles : « Pour vous, je n’ai rien à vous dire », vaut les plus grands éloges.
      Molière, six ans avant sa mort lui confia l’emploi d’orateur de la troupe. Cet emploi, dont on n’a plus d’idée aujourd’hui, était fort important à une époque où les comédiens parlaient tous les jours au public.




Liens externes



[*]3ème sociétaire de la Comédie française.

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Philibert Gassot
dit Du Croisy


Comédien de la troupe du Roy

né en 1626 
mort à Conflans-Sainte-Honorine le 03 mai 1695 à l'âge de 69 ans
Inhumé le 04 mai 1695

En 1652, il épouse à Poitiers l'actrice Marie Claveau.

Beau-frère de l'acteur Bellerose, il créa le rôle de Tartuffe.

En 1680, il devient le deuxième sociétaire de la Comédie Française


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MessageSujet: François Bedeau, L'Espy    18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeMer 6 Nov - 11:43

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François Bedeau

L'Espy Gorgibus



Comédien ordinaire du Roi
Comédien à l'Hôtel de Bourgogne
comédien au Théâtre du Marais
comédien français en 1659
Il finit sa carrière dans la troupe de Molière


  • Baptisé le 06 mai 1590

Parrain: Pierre Fleuriot

  • Décédé le 10 septembre 1663 à l'âge de 73 ans à Cuillé
  • Inhumé le 17 septembre 1663 dans l'église de Cuillé

(Son décès est relaté plus sommairement sur les registres de Cuillé:Honeste homme François Bediau, seigneur de Vigrais, a esté ensépulturé en l'église de Cuillé, le dixiesme septembre mil six cents souissante et trois)

Parents












Biographie




Il était le frère aîné de Julien Bedeau, dit Jodelet.


Il débuta avec lui comme pensionnaire ou apprenti dans la troupe de Fleury Jacob, puis à l'Hôtel de Bourgogne, passa au Théâtre du Marais dont il fut l'un des fondateurs et où il est monté sur scène pendant un quart de siècle.



Il entra le 13 avril 1659 dans la troupe de Molière.


Il demeurait à Paris, rue Fromenteau.
(Dans la paroisse de Saint-Germain-l'Auxerrois)



Comme il aimait parfois le faire, Molière créa pour lui, en utilisant son second surnom, le personnage de Gorgibus, bon bourgeois de Paris dans Les Précieuses ridicules et dans Sganarelle.


L'âge aidant sans doute (il avait 20 ans de plus que Molière, qui le lui fait remarquer dans L'École des maris), il tint plusieurs fois des rôles de raisonneur, notamment auprès d'Arnolphe de L'École des femmes.



Le 12 mars 1663, âgé de plus de 60 ans, il prit sa retraite et se retira à « Vigray, près d'Angers», qu'il avait acheté de son vivant à son frère (Ce n'est point à Vigré de Saint-Martin-du-Bois (Maine-et-Loire) (Vigré, commune de Cuillé dans la Mayenne), où il meurt après avoir abjuré le protestantisme.
(Une mention explicite de son décès est faite aux registres paroissiaux du Pertre, qui nous apprennent que ce comédien était protestant. Monsieur de l'Epy, vivant l'un des comédiens du roy et seigneur de Vigrés et autrefois de la Religion prétendue réformée, étant revenu de Paris et devenu malade fut inspiré par la grâce de Dieu à recognoistre la voie de son salut, dont il fit abnégation de la dite prétendue religion. Et après avoir receu la sainte communion et après l'extrême-onction, le tout avec emur jugement et contrition de ses pêchés, décéda à sa maison dudit Vigrès (1663)



La circonstance qui le fit chercher un lieu si retiré pour mourir, reste ignorée.


On sait pourtant qu'il possédait avec son frère d'autres biens dans la même contrée.


Il fait donation à Françoise Poisson (Il s'agit sans dote de Victoire-Françoise Poisson, fille de Raymond Poisson, dite Melle Dauvilliers) qu'il recognoist pour estre sa fille naturelle du lieu et closerie de la Fromagerie, située en la paroisse de Méral au pays d'Anjou, et dépendant de la terre de Vigrai qui lui appartient ainsi que des bestiaux et des semences qui se trouvent en ladit closerie.





Quelques-uns de ses rôles















Sources





  • Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, Bibliothèque de la revue Universelle Internationale Illustrée, Paris et Genève, 1902-1908
  • Pierre Larousse Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle
  • Théâtre complet de Molière, Le Livre de poche.
  • « L'Espy », dans Alphonse-Victor Angot, Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Goupil, 1900-1910 [détail de l’édition]







Minutier Central des notaires de Paris

Le Théâtre professionnel à Paris (1600-1649)

MC/ET/C/7

337. - 1640, 15 septembre. Donation mutuelle (au survivant) entre Julien et François Bedeau, frères, comédiens ordinaires du roi, demeurant rue Beaurepaire, de tous leurs biens meubles et immeubles(834).

834 - Original devant Girault, non conservé ; transcription dans Arch. nat., Y//180, fol. 422
[*].






Il aurait été le frère aîné de Jodelet et les carrières des deux frères furent parallèles : en 1639, il était à l'hôtel de Bourgogne et, à partir de 1642, de retour au Marais [1]. Le 1er avril 1659, il entra dans la troupe de Molière [2]. Il y resta jusqu'à la fin de l'année théâtrale 1662-1663 [3]. Il se retira âgé de plus de 60 ans dans une terre située à Vigré [4] en Anjou, où il fut enterré le 10 septembre 1663 [5]. Il avait une fille naturelle, Françoise Poisson, à qui il fit donation de la clauserie de La Fromagerie, dépendant de la terre de Vigré. Cette donation fut acceptée par le neveu de L'Espy, Gervais Lancé, agent des affaires du comte de Serrant, habitant ordinairement Angers et logé chez son oncle à Paris [6]. François Bedeau était très accueillant et son sens de l'hospitalité lui valut une triste aventure qui se termina, le 14 novembre 1662, chez le commissaire du quartier à qui fut exposé ce qui suit : Gabriel Morteau, âgé de 17 ans, fils d'un autre Gabriel Morteau, notaire et sergent royal au bailliage de Saint-Laurent-des-Mortiers, près d'Angers, était arrivé à Paris avec l'intention de demeurer en l'étude de quelque procureur; il était quelque peu parent de L'Espy et du sieur Le Maure, marchand à Angers, cousin également de François Bedeau; celui-ci lui ouvrit son appartement de la rue Fromenteau dans la maison de la Déesse royale, mais au bout d'un mois le futur procureur se sauva emportant sur son dos l'habit de drap d'Angleterre de L'Espy et les économies de sa servante. Il n'alla pas loin, s'étant arrêté dans une auberge du faubourg Saint-Jacques, il y fut dépouillé de sa casaque et de son argent; parti avec des routiers, il fut rattrapé au pont d'Andresy et ramené au Châtelet de Paris [7]



1.↑ S. W. Deierkauf-Holsboer, op. cit., I, p. 35 et 80.
2.↑ Le Registre de La Grange, édit. Young, I, p. 3.
3.↑ Ibid., p. 55
4.↑ Vigré, Mayenne, arr. de Château-Gontier, cant. de Cossé-le-Vivien, comm. de Méral
5.↑ A. Angot, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, 1903.
6.↑ Min. centr., MC/ET/LXXXVI/393, donation du 5 avril 1662.
7.↑ Campardon, Nouvelles Pièces..., p. 175-176.


Source : Cent ans de recherches sur Molière, sa famille et les comédiens de sa troupe - Auteur : Madeleine Jurgens, Elizabeth Maxfield-Miller
D.Martin 18 iv 2016






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MessageSujet: Madeleine Béjart   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeMer 6 Nov - 12:04

18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" 2711015
Magdelaine ou Madeleine Béjart

baptisée le 08 janvier 1618 à Paris
morte le 17 février 1672 à Paris à l'âge de 54 ans

Parents


Joseph Béjart, sieur de Belleville 1585-/1641
Marie Hervé 1593-1670




Relation avec Esprit de Raymond, seigneur de Modène 1608-1672,


dont
Françoise Béjard 1638-




Filleul: Jean Baptiste Villequin 1652
Filleule: Marie Madeleine Esprit Pocquelin 1665-1723
1662: Témoin au mariage de Jean-Baptiste Poquelin 1622-1673 et de Armande Béjart 1642-1700

comédienne française du XVIIe siècle, célèbre pour sa beauté, la variété de son jeu et sa personnalité de femme indépendante.

Après avoir fondé, en 1643, l'Illustre théâtre avec Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, dont elle fut la compagne avant de devenir sa belle-mère (ou belle-sœur), elle appartint à toutes les troupes qu'il anima ou dirigea, et créa certains des principaux rôles féminins de ses comédies

Biographie

Madeleine est le deuxième enfant de Joseph Béjart, « huissier ordinaire du roi ès eaux et forêts de France au Palais », et de Marie Hervé, « maîtresse toilière-lingère », qui s'étaient mariés en 1615.

Certains historiens formulent l'hypothèse qu'à la fin des années 1630, elle aurait pu jouer avec son frère aîné Joseph II au Théâtre du Marais et en province.

Très jeune déjà elle fréquente les cercles mondains et littéraires. Pendant deux ans, elle entretient une liaison amoureuse avec Esprit de Rémond, chevalier de Modène et chambellan des affaires de Gaston d'Orléans, dont elle aura une fille illégitime en 1638 et, peut-être, une seconde enfant en 1641, qui pourrait être Armande Béjart.

En 1643, elle fonde avec Molière l'« Illustre Théâtre » dont elle assure, semble-t-il, la direction.

Après l'échec de cette entreprise, elle part avec les rescapés de la troupe rejoindre la troupe de Charles Dufresne, qui pendant treize ans sillonnera les provinces méridionales du royaume et la vallée du Rhône, avant de revenir à Paris en 1658.

Issue d’une famille férue de théâtre, actrice accomplie, elle sait faire montre d’un talent de gestionnaire et contribue à la bonne marche de la troupe recomposée.

Bien qu’ayant le libre choix de son rôle dans la distribution des pièces composées par Molière, elle s’oriente peu à peu vers des emplois de servante, telle Dorine dans Tartuffe, ou de femme d'intrigue, comme Frosine dans L'Avare, laissant les premiers rôles à la belle Marquise Du Parc ou à Armande, sa jeune sœur (ou sa fille selon d’autres sources), laquelle deviendra par la suite sa rivale dans sa liaison tourmentée avec Molière.

Instigatrice de la carrière théâtrale de celui-ci, elle mourra un an jour pour jour avant la mort de son vieux compagnon.

Madeleine Béjart meurt le 17 février 1672.

Elle est inhumée sans difficulté sous les charniers de l'église Saint-Paul, à Paris.

Elle a en effet reçu les derniers sacrements, après avoir sans doute solennellement renoncé, de vive voix ou par écrit, à la profession de comédienne.

Un contemporain, Georges de Scudéry, fait d'elle ce portrait élogieux: « Elle était belle, elle était galante, elle avait beaucoup d'esprit, elle chantait bien; elle dansait bien; elle jouait de toute sorte d'instruments; elle écrivait fort joliment en vers et en prose et sa conversation était fort divertissante. Elle était de plus une des meilleures actrices de son siècle et son récit avait tant de charmes qu'elle inspirait véritablement toutes les feintes passions qu'on lui voyait représenter sur le Théâtre. Cette aimable comédienne s'appelait Iébar »
(Georges [Madeleine ?] de Scudéry, Almahide, Paris, 1661, p. 1536-1537. (En ligne [archive]). Le nom de Béjart est ici présenté sous l'anagramme Iébar)


Quelques-uns de ses rôles




    Bibliographie

    1. Gustave Larroumet, « Une comédienne au XVIIe siècle : Madeleine Béjart », dans Revue des Deux Mondes, 1er mai 1885, p. 123-157.
    2. Alfred Copin, Histoire des comédiens de la troupe de Molière, Paris, 1886, p. 1-30, consultable sur Gallica [archive].
    3. Henri Chardon, Nouveaux documents sur les comédiens de campagne et la vie de Molière. Tome premier. M. de Modène, ses deux femmes et Madeleine Béjart, Paris, Picard, 1886, consultable sur Gallica [archive].
    4. Léopold Lacour, Les Maîtresses et la femme de Molière, Paris, Éditions d'art et de littérature, 1914, volume I, « Les maîtresses», p.  1-154 et 231-311, consultable sur Internet Archive.
    5. Louis Casté, « Monsieur de Modène, Madeleine Béjart et Molière », Provincia, Marseille, 1934, t. XIV, pp. 145-199.
    6. René-Thomas Coèle, « Madeleine Béjart et Molière, modèles des peintres Nicolas Mignard et Pierre Mignard, Avignon 1657 », dans Revue d'histoire du théâtre, 1957, IV, p. 276-290.
    7. Madeleine Jurgens et Elizabeth Maxfield-Miller, Cent ans de recherches sur Molière, sur sa famille et sur les comédiens de sa troupe, Paris, SEVPEN, 1963, consultable en ligne [archive].
    8. Georges Mongrédien et Jean Robert, Les Comédiens français du XVIIe siècle. Dictionnaire biographique, Paris, Éditions du CNRS, 1981, p. 34-35.
    9. Nicole Aronson, Molière et Madeleine Béjart : le ballet des incompatibles, roman, Paris, Mercure de France, 1990.
    10. Georges Forestier et Claude Bourqui, Molière: Œuvres complètes, t. 1, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade » (no Cool, 2010, 1728 p. (ISBN 9782070117413, présentation en ligne [archive])


    1. Molière, film d'Ariane Mnouchkine (1978)
    2. Marquise, film de Véra Belmont (1997)



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MessageSujet: Catherine De Brie   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeMer 6 Nov - 12:09

18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" 2711016

Catherine Le Clerc

(Catherine Leclerc du Rosé)
Mademoiselle de Brie




Comédienne
Née en 1630
Décédée le 19 novembre 1706 à l'âge de 76 ans
Elle fut enterrée dans le jardin de Molière.



Parents


Claude Le Clerc
Nicole Ravanne


Mariée vers 1650 avec Edme Villequin 1607-1676


dont
Jean Baptiste 1652
Catherine Nicole 1659




Filleule : Jeanne Catherine Pitel 1670-
Filleule : Marie Catherine Varlet 1672-1672
1672 : Témoin au mariage de Jean Baraillon 1638 et de Jeanne Françoise Broüard 1649
1672 : Témoin au mariage de Charles Varlet 1639-1692 et de Marie Ragueneau 1639-1727



 femme d'Edme Villequin, dit de Brie,

actrice française.

Elle est la fille des comédiens Claude Leclerc et Nicole Ravanne.

Mademoiselle de Brie appartient à la Troupe de Molière dès 1650.

Elle entre ensuite à la Comédie-Française, lors de la formation de celle-ci et en est la première sociétaire.

Chassée de la Comédie-Française par la dauphine en juin 1684, elle ne semble avoir quitté la troupe qu'à Pâques 1685.

Spécialisée dans les rôles d'ingénue, elle occupa toujours l'un des deux premiers rôles féminins dans les comédies de Molière, aux côtés de Madeleine Béjart, puis d'Armande Béjart.

Créatrice du rôle d'Agnès dans L'École des femmes, elle le garda — à la demande du public — jusqu'à sa retraite.




Théâtre










Elle est connue à la scène comme Mademoiselle de Brie (1630-janvier 1706).Elle est dans la troupe de Molière dès 1650/ Elle est chassée de la Comédie-Française sur ordre de la Dauphine en 1684. Fille des comédiens Claude Leclerc du Rosé et Nicole Ravanne. Elle fut l'épouse de Edme Villequin (André Villequain dans l'acte de baptême), comédien de la troupe de Molière dès 1650, de Brie à la scène.
[Source: Dominique Druhen citant: Georges Mongrédien et Jean Robert. Les comédiens français du XVIIè siècle. Editions du CNRS, Paris, 1981, 3ème édition.]


Notice in Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux - 1896


Sa mère s'appelait Nicolle Ravanne... M. Jal a constaté que Mlle Debrie donna le jour à deux enfants... La date du mariage de Catherine Leclerc est inconnue, ainsi que celle de sa naissance (-)... Elle prit une grande part à toutes les créations du poète comique; ainsi elle fut l'Isabelle de l'École des Maris, l'Agnès de l'École des Femmes, l'Éliante du Misanthrope.
Elle remplit le rôle d'Agnès avec une rare perfection, et cela dans l'âge le plus avancé.
«Quelques années avant sa retraite du théâtre, dit une note de M. de Tralage (-), ses camarades l'engagèrent à céder son role d'Agnès à Melle Du Croisy; et cette dernière s'étant présentée pour le jouer, tout le parterre demanda si hautement Melle Debrie qu'on fut forcé de l'aller chercher chez elle, et on l'obligea de jouer dans son habit de ville. On peut juger des acclamations qu'elle reçut; et ainsi elle garda le rôle d'Agnès jusqu'à ce qu'elle quittât le théâtre.
Il semble constant que Melle Debrie était bien faite et jolie, et conserva longtemps un air de jeunesse. Si elle n'eût été qu'un squelette, comme Grimarest le prétend, on n'eût pas osé lui adresser dans sa vieillesse des vers comme ceux-ci:


Il faut qu'elle ait été charmante
Puisqu'aujourd'hui, malgré ses ans,
A peine des charmes naissants
Égalent sa beauté mourante.


Elle était d'un caractère doux, conciliant, paisible, comme on en peut juger par Ies rôles mêmes que Molière lui attribua... Melle Debrie prit sa retraite et fut mise à la pension le 14 avril 1685...
Louis MOLAND, Molière-Garnier, t. I", p. 445-446.


« Sa carrière fut longue et brillante. On dit qu'elle fit pour l'Agnès de l'École des Femmes ce que nous avons vu faire par mademoiselle Mars, à l'âge de soixante ans, pour l'Henriette des Femmes Savantes, avec plus de charme, de grâce et de talent, que toutes les jeunes filles de son temps. Selon Le Mazurier, Melle de Brie mourut le 19 novembre 1706; il y a apparence que ce ne fut pas à Paris, car aucun des registres des soixante-huit anciennes paroisses de cette ville ne contient, vers cette date, l'acte d'inhumation de Catherine Leclerc ou de Catherine de Brie. Je dis : Catherine de Brie, car ce fut sous le nom de de Brie qu'Edme Villequin fut enterré. »
A. JAL, -Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, p. 282.


Mlle de Brie et Magdeleine Béjart furent certainement les deux femmes qui aimèrent le plus Molière...


Sa relation avec Molière


Mademoiselle De Brie, dont la tendre amitié essaya de consoler Molière, d'un échec amoureux avec Melle Du Parc. Nous disons l' amitié car ce n'était peut être d'abord que ce sentiment, mais il fit bientôt place à une affection plus vive et qui chez mademoiselle De Brie était presque aussi durable. Une femme jeune, aimable et jolie, qui cherche à calmer les chagrins amoureux d' un homme de trente ans, ne peut être long temps reléguée au rôle de confidente: aussi en prit elle bientôt un plus actif qu'elle n'interrompit qu'au mariage de Molière.
Peu de temps après, captivée par la gloire qu'il acquérait chaque jour, mademoiselle Du Parc se repentit des froideurs qu'elle lui avait fait essuyer; mais soit dépit, soit crainte de ne pas trouver près d'elle la paix que lui faisaient goûter ses rapports avec mademoiselle De Brie, il sut résister aux moyens de séduction qu'elle mit en œuvre avec lui. Plus tard, il fit allusion à sa position entre ces deux femmes par les rôles de Clitandre, de Henriette et d'Armande des Femmes savantes et principalement par la scène II du premier acte de ce chef d'œuvre ...
in Histoire de la vie et des ouvrages de Molière, par Jules Antoine Taschereau.


Rôles


1662.12.26 L' Ecole des femmes (Poquelin), acteur(trice)
1662.12.29 L' Ecole des femmes (Poquelin), acteur(trice)
1663.10.20 L' Impromptu de Versailles (Poquelin), acteur(trice)
1664.02.15 Le Mariage forcé (Poquelin, Charpentier, Lully), acteur(trice)
1664.05.08 La Princesse d'Elide (Poquelin, Lully), acteur(trice)
1664.06.20 La Thébaïde ou les frères ennemis (Racine), acteur(trice)
1666.06.04 Le Misanthrope (Poquelin), acteur(trice)
1667.06.10 Le Sicilien ou l' Amour peintre (Poquelin), acteur(trice)
1667.08.05 Tartuffe (Poquelin), acteur(trice)






Mlle Debrie dans Molière, 'L'Ecole des femmes'


1ère sociétaire de la Comédie française.

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MessageSujet: Marie Du Croisy   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeMer 6 Nov - 12:15

18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" 2711017
Marie Du Croisy

Marie Claveau

surnommée « Mademoiselle du Croisy »

née à Sainte-Hermine vers 1619
morte à Roinville en septembre 1703
([url=http://portailweb.cg91.mnesys.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_cg91%2Fdatas%2Fir%2Freprise%2F06 - Etat civil%2ffrad91_6.xml&page_ref=131057&lot_num=1&img_num=1&index_in_visu=]« Acte d'inhumation de Marie Claveau (vue 59/204, acte en bas de la page de gauche) du registre des baptêmes, mariages et sépultures comprenant les années de 1696 à 1721 de la commune de Roinville-sous-Dourdan »[/url] [archive], sur Archives départementales de l'Essonne, 30 septembre 1703 (consulté le 26 juillet 2019) - Note. Inhumée le 30 septembre 1703 dans le chœur de l'église de Roinville et elle décéda au château de Roinville à l'âge de 84 ans et quelques mois)


Biographie

Veuve d'un premier mariage en 1635 avec un certain Nicolas de Lécole, sieur de Saint-Maurice, elle se remaria avec Philibert Gassot, dit Du Croisy, le 29 juillet 1652 à Poitiers.

Ils ont au moins deux filles, Angélique, qui meurt à neuf ans, et  Marie-Angélique Gassot qui deviendra à son tour actrice.
(Œuvres de Molière, Lefèvre, 1er janvier 1845 (lire en ligne [archive])

Elle entre avec lui dans la troupe de Molière en 1659, où elle est surnommée « Mademoiselle du Croisy » (sa fille sera surnommée ainsi également)

Ses piètres qualités d'actrice et son caractère épouvantable provoquent son exclusion de la troupe en 1665.


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MessageSujet: De Brie, de son vrai nom Edme Villequin   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeMer 6 Nov - 12:23

18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" 2711018
De Brie
de son vrai nom Edme Villequin

comédien français

Né le 24 octobre 1607 à Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne)
Baptisé le 24 octobre 1607 à Ferrières-en-Brie (Seine-et-Marne)
18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" 2711019
Décédé le 9 mars 1676, dans sa maison rue Guénégaud (Paris) à l'âge de 68 ans
Inhumé le 10 mars 1676 à Saint-André (Paris)


Parents


Jean Villequin
Philiberte Vernet †/1619




Marié vers 1650 avec Catherine Le Clerc 1630-1706,


dont
Jean Baptiste 1652
Catherine Nicole 1659




1672 : Témoin au mariage de Charles Varlet 1639-1692 et de Marie Ragueneau 1639-1727


Il fit partie de la Troupe de Molière depuis au moins 1650, et il y resta jusqu'à sa mort

Biographie

Edme Villequin est le fils de Jean Villequin, peintre du roi, et de Philiberte Vernet. Son lieu de naissance, Ferrières-en-Brie, explique le choix de son nom de théâtre.

Il était, par ailleurs, le frère d’Étienne Villequin, peintre qui fut reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture le 7 avril 1663.

On ignore la date exacte de son arrivée dans la troupe de Molière, mais on peut l’estimer aux environs de 1650 pour deux raisons:

  • il s’est marié vers cette date-là avec Catherine Leclerc du Rosé, qui appartenait déjà à la troupe en janvier 1650

  • il a participé à la création de la farce La Jalousie du barbouillé, datée de 1650, car le personnage de Villebrequin a été créé par plaisanterie par Molière à partir de son nom de famille Villequin. On retrouve ce Villebrequin dans Sganarelle, rôle tenu encore par de Brie.


Comme il a été dit plus haut, il se maria avec Catherine Leclerc du Rosé, qui prit alors comme nom de théâtre celui de son mari, précédé de Mlle, usage très courant à cette époque, comme le firent Mademoiselle Molière, Mademoiselle La Grange, Mademoiselle Du Parc, etc. Au moment du mariage, elle était une jeune et ravissante comédienne de 20 ans, talentueuse de surcroît, tandis que lui avait alors 43 ans et se révéla par la suite être un comédien très médiocre.

On ignore quel était son métier précédent, on sait juste qu’il était grand, puisque Nicole dans Le Bourgeois gentilhomme le traite de « grand escogriffe de maître d’armes ». Molière lui confia souvent des rôles de bretteur, de spadassin, de maître d’armes, de sergent, peut-être parce qu’il était précédemment familier avec ces choses, comme ancien soldat par exemple. Le portrait qu’en fit Hillemacher nous montre un mâle profil portant fièrement le bicorne et la moustache.

En tant que comédien il resta confiné dans des rôles accessoires. On peut remarquer, par exemple, que Villebrequin dans La Jalousie du barbouillé est un personnage surnuméraire: on pourrait attribuer les quelques rares répliques qu’il dit à Gorgibus, et même à en supprimer quelques-unes sans que l’intrigue en souffre le moins du monde. Dans Les Précieuses ridicules, il ne prononce que quelques mots et apporte des chaises. Dans Sganarelle, il n’apparaît que dans la toute dernière scène pour préparer le dénouement.

À côté de sa brillante comédienne de femme, il fut « le mari de la reine », comme le décrit Henry Lyonnet. Mais il suivit la troupe sans faillir. Après la mort de Molière, il resta parmi les fidèles qui continuèrent à jouer à l’Hôtel Guénégaud.


Quelques-uns de ses rôles





  • Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, Bibliothèque de la revue Universelle Internationale Illustrée, Paris et Genève, 1902-1908.
  • Pierre Larousse, Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle.
  • Théâtre complet de Molière, Le Livre de poche.


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MessageSujet: Molière   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeMer 6 Nov - 15:05


18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Domini11
Jean-Baptiste Poquelin
(Jean Poquelin)
Molière




Tapissier
valet de chambre du roi
auteur de théâtre, et comédien et dramaturge
Né le 15 janvier 1622 Rue Saint-Honoré, Paris
Baptisé le 15 janvier 1622

Parrain et marraine:
Jean-Louis Poquelin
Denise Lecacheux †1622/
Décédé le 17 février 1673 à l'âge de 51 ans Rue de Richelieu, Paris
Inhumé le 21 février 1673


Parents


Jean Poquelin 1595-1669
Marie Cressé 1601-1632


Mariages et enfants


Marié le 20 février 1662 avec Armande Béjart 1642-1700
(témoins : Louis L'Eguisé Béjart 1630-1678, Madeleine Béjart 1618-1672, André Boudet) (& p. c. du 23 janvier),



dont
Louis Pocquelin 1664-1664
Marie Madeleine Esprit Pocquelin 1665-1723
Pierre Pocquelin 1672-1672





Filleul : Jean Baptiste Villequin 1652
Filleule : Thérèse Le Noir de La Thorillière 1663-1725
Filleule : Jeanne Catherine Pitel 1670-
Filleul : Jean Baptiste Claude Jannequin 1671
Filleule : Marie Catherine Varlet 1672-1672

1653 : Témoin au mariage de René Berthelot 1630-1664 et de Marquise-Thérèse de Gorla 1633-1668
1664 : Témoin au mariage de Léonard de Loménie, sieur de la Villaubrun †/1672 et de Geneviève Béjart 1624-1675
1672 : Témoin au mariage de Jean Baptiste Aubry, sieur des Carrières 1636-1692 et de Geneviève Béjart 1624-1675



Son acte de baptême


« Du Samedy 15e janvier 1622, fut baptisé Jean, fils de Jean Pouquelin, marchant tapissier, et de Marie Cresé sa femme, demeurant rue Saint-Honoré, le parin Jean-Louis Pouquelin, porteur de grains, la marine Denise Lescacheux, veuve de Sébastien Asselin, vivant maistre tapissier » 1





Issu d'une famille de marchands parisiens, il s'associe à 21 ans avec une dizaine de camarades, dont la comédienne Madeleine Béjart, pour former la troupe de l’Illustre Théâtre qui, malgré la collaboration de dramaturges de renom, ne parvient pas à s'imposer à Paris. Pendant treize ans, Molière et ses amis Béjart parcourent les provinces méridionales du royaume au sein d'une troupe itinérante entretenue par plusieurs protecteurs successifs. Au cours de cette période, Molière compose quelques farces ou petites comédies et ses deux premières grandes comédies. De retour à Paris en 1658, il devient vite, à la tête de sa troupe, le comédien et auteur favori du jeune Louis XIV et de sa cour, pour lesquels il conçoit de nombreux spectacles, en collaboration avec les meilleurs architectes scéniques, chorégraphes et musiciens du temps. Il meurt à l’âge de 51 ans, quelques heures après avoir tenu pour la quatrième fois le rôle-titre du Malade imaginaire.

Grand créateur de formes dramatiques, interprète du rôle principal de la plupart de ses pièces, Molière a exploité les diverses ressources du comique — verbal, gestuel et visuel, de situation — et pratiqué tous les genres de comédie, de la farce à la comédie de caractère. Il a créé des personnages individualisés, à la psychologie complexe, qui sont rapidement devenus des archétypes. Observateur lucide et pénétrant, il peint les mœurs et les comportements de ses contemporains, n'épargnant guère que les ecclésiastiques et les hauts dignitaires de la monarchie, pour le plus grand plaisir de son public, tant à la cour qu'à la ville. Loin de se limiter à des divertissements anodins, ses grandes comédies remettent en cause des principes d'organisation sociale bien établis, suscitant de retentissantes polémiques et l'hostilité durable des milieux dévots.

L'œuvre de Molière, une trentaine de comédies en vers ou en prose, accompagnées ou non d'entrées de ballet et de musique, constitue un des piliers de l'enseignement littéraire en France. Elle continue de remporter un vif succès en France et dans le monde entier, et reste l'une des références de la littérature universelle3,4.

Sa vie mouvementée et sa forte personnalité ont inspiré dramaturges et cinéastes. Signe de la place emblématique qu’il occupe dans la culture française et francophone, le français est couramment désigné par la périphrase « langue de Molière », au même titre que, par exemple, l’allemand est « langue de Goethe », l’anglais « langue de Shakespeare », l’espagnol « langue de Cervantès » et l’italien « langue de Dante »

Biographie

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Maisons 94 et 96 rue Saint-Honoré construites sur l'emplacement où naquit Molière, photographie d'Eugène Atget en 1907.
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Claude-Emmanuel Luillier, dit Chapelle.


La jeunesse de Molière


Famille

Fils de Jean Poquelin (1595-1669) et de Marie Cressé (1601-1632), Jean-Baptiste Poquelinn 2 est né dans les premiers jours de 1622, ce qui fait de lui, à quelques années près, le contemporain de Cyrano de Bergerac, de Furetière, de Tallemant des Réaux, de Colbert, de D'Artagnan, de Ninon de Lenclos, de La Fontaine, du Grand Condé et de Pascal. Le 15 janvier, il est tenu sur les fonts baptismauxn 3 de l'église Saint-Eustache par son grand-père Jean Poquelin († 1626) et Denise Lecacheux, son arrière-grand-mère maternellen 4.

Les Poquelin de Paris, nombreux à l'époque, sont originaires de Beauvais et du Beauvaisis5,6. Les parents du futur Molière habitent, dans le quartier très populeux des Halles, la maison dite du « Pavillon des singesn 5 », à l'angle oriental de la rue des Vieilles-Étuves (actuelle rue Sauval) et de la rue Saint-Honorén 6, où son père, Jean, marchand tapissier, a installé son fonds de commerce deux ans plus tôt, avant d’épouser Marie Cressé7. Les fenêtres donnent sur la placette dite carrefour de la Croix-du-Trahoir, qui depuis le haut Moyen Âge est l'un des principaux lieux patibulaires de la capitalen 7.

Les deux grands-pères de Jean-Baptiste tiennent eux aussi commerce de meubles et de tapisseries, à quelques pas de là, dans la rue de la Lingerie. Poquelin et Cressé sont des bourgeois cossus, comme en témoignent les inventaires après décèsn 8. Du côté maternel, un de ses oncles, Michel Mazuel, collabore à la musique des ballets de cour et est nommé en 1654 compositeur de la musique des Vingt-Quatre Violons du Roi. Il jouera d'ailleurs les comédies ballets de son neveu8.

En 1631, Jean Poquelin père rachète à son frère cadet, Nicolasn 9, un office de « tapissier ordinaire de la maison du roin 10 », dont cinq ans plus tard il obtiendra la survivance pour son fils aîné. La même année, il perd sa femme, sans doute épuisée par six grossesses survenues entre janvier 1622 et mai 16289, et se remarie avec Catherine Fleurette, qui meurt à son tour en 1636, après lui avoir donné trois autres enfants10.

Études

Sur les études du futur Molière, il n’existe aucun document fiable. Les témoignages sont tardifs et contradictoires. Selon les auteurs de la préface des Œuvres de Monsieur de Molière (1682)n 11, le jeune Poquelin aurait fait ses humanités et sa philosophie au prestigieux collège jésuite de Clermont (l'actuel lycée Louis-le-Grand), où il aurait eu « l'avantage de suivre feu M. le prince de Conti dans toutes ses classesn 12 ». Dans sa Vie de M. de Molière publiée en 1705, Grimarest lui donne pour condisciples deux personnages qui seront plus tard ses amis avérés, le philosophe, médecin et voyageur François Bernier et le poète libertin Chapellen 13. Ce dernier avait pour précepteur occasionnel Pierre Gassendi, redécouvreur d'Épicure et du matérialisme antique, lequel, écrit Grimarest, « ayant remarqué dans Molière toute la docilité et toute la pénétration nécessaires pour prendre les connaissances de la philosophie », l'aurait admis à ses leçons avec Chapelle, Bernier et Cyrano de Bergeracn 14. Toutefois, la présence même de Jean-Baptiste Poquelin au collège de Clermont est sujette à caution. Ainsi François Rey fait-il remarquer que « ni l'un ni l'autre des deux jésuites, René Rapin et Dominique Bouhours, qui ont fait l'éloge de Molière après sa mort, n'a suggéré qu'il aurait eu la même formation qu'eux. Le premier, en particulier, qui était son exact contemporain et se disait son ami11, avait été pendant plusieurs années professeur au collège de Clermont12 ». Certains, notant que « son théâtre est le fruit d'une lente maturation, non de l'application respectueuse de règles apprises au collège par l'étude des modèles classiques », en viennent à douter même que Molière ait fait des études régulières, sans toutefois exclure la possibilité qu'il ait été l'élève de Gassendi entre 1641 et 164313.

À sa sortie du collège, s'il faut en croire un contemporainn 15, le jeune homme serait devenu avocat. Les avis sur ce point sont partagés, mais, quoi qu'il en soit, Molière ne s’est jamais paré du titre d'avocat et son nom ne figure ni dans les registres de l'université d'Orléans où il était possible d'étudier mais aussi d'acheter sa licence de droit, ni dans ceux du barreau de Paris14. Toujours est-il que « de nombreux passages de ses comédies supposent de sa part une connaissance précise des règlements et des procédures de justice15 ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Moli%C3%A8re

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MessageSujet: Jodelet   18 novembre 1659: Première des "Précieuses ridicules" Icon_minitimeMer 6 Nov - 15:14

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Julien Bedeau, dit Jodelet

Comédien du Théâtre du Marais en 1620
comédien français en 1659

né le 11 septembre 1586 à Angers
 baptisé le 11 septembre 1586
mort le 26 mars 1660 à Paris à l'âge de 73 ans
Inhumé le 27 mars 1660
(François Rémond, Le Personnage de farce et son interprète: Pratiques des farceurs professionnels parisiens (1610-1686), Thèse de doctorat, Université Paris III, 2014 p.753)



Parents


François Bedeau
Françoise Varlet

Il finit sa carrière dans la troupe de Molière

Biographie

En 1620, Jodelet faisait déjà partie de la troupe du théâtre du Marais.

Par ordre du roi, il passa en 1634 à l’hôtel de Bourgogne, mais il retourna à son premier théâtre en 1642.

Il était devenu alors une gloire des scènes parisiennes. Henry Lyonnet le décrit ainsi: « Grand, maigre, laid, les yeux petits et vifs, les sourcils épais, la bouche grande, le nez long et concave, il n’avait qu’à se montrer pour exciter le rire »

De plus sa voix était très nasillarde, ce qui rendait son jeu encore plus burlesque.

Il s’était spécialisé dès ses débuts dans les rôles de valet, et il avait fini par en créer un type original.

C’était une sorte de valet trivial, goulu, poltron, lubrique, rusé, ignoble dans ses plaisanteries, avec un visage barbu, moustachu et enfariné, riant de tout, entassant bévues sur bévues, faisant des bêtises énormes qui, naturellement, retombaient sur le nez de son maître.

Cet acteur-personnage devint si fameux, que les auteurs écrivirent des pièces pour lui. Scarron s'avisa le premier qu'on pourrait faire paraître Jodelet en scène sous son propre nom, suffisamment répandu pour attirer le public.

Il fit Jodelet ou le Maître valet (1645), et Jodelet duelliste (1646).

D’Ouville écrivit Jodelet astrologue (1646), et Thomas Corneille Jodelet prince (1655), que Jodelet joua.

À Pâques 1659, Molière, qui venait de se fixer à Paris, désira s’attacher ce comique exceptionnel.

Il y réussit, parvenant également à débaucher son frère, L'Espy, du théâtre du Marais, où ils jouaient tous les deux.

Molière utilisa de suite son nouveau compagnon et reprit dès le 16 juin, Jodelet Maître, et le 25 juillet, Jodelet Prince.

Molière essayait ainsi d'amener au Petit-Bourbon l'ancienne clientèle de la rue Vieille-du-Temple.

Ils débutèrent ensemble dans Les Précieuses ridicules, Jodelet dans le personnage du vicomte de Jodelet, que Molière créa tout spécialement pour lui.

Soit ce fut Jodelet qui tint à conserver le même maquillage enfariné qu’au Marais, soit ce fut Molière qui le désira, afin que le public retrouvât son fameux comique; toujours est-il que Jodelet joua le rôle du Vicomte le visage blanchi.

Cela demanda une explication que fournit Mascarille (Molière) à la scène XI:
Mascarille: « Ne vous étonnez pas de voir le Vicomte de la sorte: il ne fait que sortir d’une maladie qui lui a rendu le visage pâle comme vous le voyez »Jodelet répond crânement: « Ce sont fruits des veilles de la Cour et des fatigues de la guerre »

L’effet de ce clin d’œil aux spectateurs fit beaucoup rire à l’époque, car le public savait que Jodelet pâlissait à la vue d'une épée.
Il ne joua pas d’autre pièce avec la troupe de Molière.

Sa carrière de comique allait s’arrêter là.

Il mourut à environ 60 ans, le Vendredi Saint de 1660, rue des Poulies à Paris, et fut enterré le lendemain à Saint-Germain-l'Auxerrois.

Pendant la Fronde, des pamphlétaires utilisaient le nom de Jodelet dans leurs mazarinades pour attirer les lecteurs, sans se soucier du parti véritable de l'intéressé, et qui demeurera toujours inconnu.

Dans le Dialogue de Jodelet et de Lorviatan sur les affaires de ce temps (1649), nous le voyons menacer, comme dans les comédies où il fanfaronnait sans cesse, de « réduire en cendres » Mazarin.

Au contraire, lorsqu'en janvier 1650, l'emprisonnement de Condé à Vincennes souleva la Fronde des Princes, un autre libelle, intitulé Jodelet sur l'emprisonnement des Princes est une violente attaque contre Condé, son frère, le Prince de Conti, et son beau-frère, le duc de Longueville.

Jodelet apparaît également dans Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand.

Quelques-uns de ses rôles



Sources


  • Henry Lyonnet, Dictionnaire des comédiens français, Bibliothèque de la revue Universelle Internationale Illustrée, Paris et Genève, 1902-1908
  • Pierre Larousse, Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle
  • Théâtre complet de Molière, Le Livre de poche.


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