Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux

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Chakton

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MessageSujet: The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux   The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux Icon_minitimeSam 28 Avr - 13:35

Un spectacle intéressant à plus d'un titre. The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux 914132

Robert Carsen met en scène l’œuvre du XVIIIe siècle sous la baguette de William Christie et son ensemble les Arts florissants. Un brillant tour de force entre baroque et modernité.

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Photo Patrick Berger

Pour résumer The Beggar’s Opera («l’opéra du gueux»), il faut imaginer un élastique tendu qui ne se rompt pas. A une des extrémités, l’enchantement de l’interprétation baroque : son la 415, ses cordes en boyau, ses instruments d’époque… tout ce qui appartient au XVIIIe siècle, ici britannique, et met à l’honneur au plus près de son éclat d’origine cet enchaînement de songs de 1728. A l’autre bout de l’élastique, il y a la modernité. Elle est technologique avec ces tablettes sur lesquelles les musiciens lisent leurs partitions ou ces téléphones portables volés qui font partie de l’histoire. Mais elle est aussi vestimentaire, tous les protagonistes portant à qui mieux mieux survêtements cradasses, haillons, complets-vestons voire combinaisons en vinyle. Le spectacle ne passe pas d’un extrême à l’autre, il est l’un et l’autre simultanément, ce qui le fait vibrer.

  • Caïd magouilleur.


Considéré comme la première comédie musicale de l’histoire, The Beggar’s Opera s’apparente aussi au feuilleton populaire, qu’il soit criminel ou satirique. Nous sommes dans le monde du plus bas, entre les Mystères de Paris ou Sweeney Todd, au milieu de la foule grouillante londonienne des proxénètes, prostituées et voleurs, dominée par un caïd magouilleur, Peachum. Ce marquis de la truande a un souci. Non pas ses juteuses affaires de corruption, mais sa fille, Polly. De candides élans l’ont conduite à s’unir à une petite frappe non sans panache, Macheath (prononcez MacKiss). Il faut absolument que papa Peachum sorte sa fille des griffes du bellâtre, lequel se fout assez relativement de Polly et n’a que trois vraies passions : les filles, les filles, les filles, quelles qu’elles soient et si possible nombreuses. Très logiquement, c’est en se liant à elles que l’infidèle Macheath s’attache à la potence dont la corde au nœud coulant se balance de loin en loin dans le spectacle.

L’œuvre trouve sa source dans une phrase de Jonathan Swift (l’auteur des Voyages de Gulliver) adressée au satiriste John Pope : «Que diriez-vous d’une pastorale qui se déroulerait à Newgate parmi les voleurs et les putains qui s’y trouvent ?» John Gay, poète et ami des deux hommes, s’attaque au livret, dans un premier temps avec des airs chantés a cappella. Avant la première représentation, de la musique est ajoutée, composée par Johann Christoph Pepusch à partir de morceaux existants. Le genre ballad opera naît alors, résolument à l’opposé de l’opera seria italien, à mi-chemin entre le théâtre lyrique et l’opera buffa : ici, pas de récitatif mais des chansons (ballades, romances) entrecoupées de scènes parlées. Autant dire une pièce de Broadway jouée à l’archet baroque.

Les siècles passant, The Beggar’s Opera a été adapté pour le théâtre, transposé - conduisant à l’Opéra de Quat’sous du tandem Kurt Weill-Bertold Brecht - ou modifié - notamment par le compositeur Benjamin Britten. La version proposée aux Bouffes du Nord est juste dépoussiérée. Le propos est modernisé : on parle de selfie, de Brexit. La musique de Pepusch est réarrangée par William Christie. Le chef américain tient le clavecin (en alternance avec Florian Carré), entouré de neuf musiciens de son ensemble des Arts florissants, affublés eux aussi de guenilles et relégués dans un coin de la scène. Ils y interprètent une partition qui n’est pas toujours liée aux assauts d’un continuo baroque, et s’aventurent dans la tendresse de duo, notamment flûte et théorbe, par les formidables Anna Besson et Thomas Dunford, avant d’être rejoints par les chanteurs. Lesquels, comme à Broadway, cumulent les talents, notamment les quelques choristes-danseurs-acteurs-acrobates qui donnent de l’énergie et du liant à une histoire rebattue.

  • Roi des ficelles.


Maintenir la bonne dynamique semble être l’objectif de la mise en scène. Le Canadien Robert Carsen, gourou des salles d’opéras à travers le monde, sortant en France d’une incursion dans le territoire du théâtre à la Comédie-Française cet hiver (avec la Tempête de Shakespeare), plonge ici ses personnages dans un univers de carton, une misère modulable qui peut devenir comptoir, échafaud, table… Techniquement, il éblouit quand, en roi des ficelles, il fait virevolter les changements de plateaux et transforme la boufonnerie baroque en comédie hollywoodienne des années 30, où les transitions sont rognées pour accélérer le propos. The Beggar’s… avance donc tambour battant, mené par une brochette de chanteurs très joueurs : ici, les scènes parlées sont plus complexes que celles chantées.

Carsen sort aussi au public sa «spéciale», l’intrusion d’un détail relevant du sensible (et non de l’émotionnel) qui touche en profondeur le spectateur. Dans la Petite Renarde rusée, c’était un monticule de neige, dans Singin’ in the Rain, des chutes d’eau… Ici, c’est la peur du vide. Polly et Macheath, lors d’une scène à plus de 3 mètres de hauteur, jouent autour d’un matelas posé sur le sol. Ils remuent beaucoup mais sont prudents : il n’y a pas de protection, au pied du matelas, c’est le vide. Intimement, le public ressent cette inquiétude sourde et craint le faux pas, la chute en direct. Elle n’a heureusement pas lieu mais, dès que les amoureux sortent de ce coin de scène, la scénographie bouge et un mur chasse le matelas, qui tombe. Le cœur de la salle bondit : la chute a quand même eu lieu. Mais sans gravité.

Une autre chute, amère, a lieu après ce brillant Beggar’s…, lorsque le spectateur heureux de cette bouffonnerie qui finit bien se retrouve face aux gueux de notre temps, les migrants dont les tentes et cartons s’alignent sur le boulevard de la Chapelle. Sans deus ex machina qui vient soudain tout résoudre.

Par Guillaume Tion
http://www.liberation.fr/

The Beggar’s Opera de John Gay et Johan Christoph Pepusch m.s. Robert Carsen, dir. mus. William Christie. Théâtre des Bouffes du Nord, 75010. Jusqu’au 3 mai, puis en tournée.

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madame antoine

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MessageSujet: Re: The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux   The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux Icon_minitimeLun 30 Avr - 12:07

Cher Chakton, voici un complément d'information sur cette production qui semble vous tenir à coeur.

"L'Opéra des mendiants" par William Christie et une formidable troupe britannique

C'est une oeuvre mythique, car si rarement donnée, que l'on peut voir encore pour quelques jours au Théâtre des Bouffes-du-Nord à Paris, "The beggar's opera" (l'Opéra des Mendiants). Oeuvre du XVIIIe siècle anglais qu'on considère comme la première comédie musicale de l'histoire et modèle, surtout, de l' "Opéra de quat' sous" du tandem Bertolt Brecht-Kurt Weill. "The beggar's opera", qui tournera longuement en province jusqu'en 2020, bénéficie de la patte experte de William Christie à la direction musicale et de celle de Robert Carsen à la mise en scène.

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Macheath (Benjamin Purkiss) et son groupe de jeunes femmes dont Jenny (Emma Kate Nelson) C) Patrick Berger

Des gueux hip-hopeurs en sweat et capuche

Le plateau est nu, le beau mur de fond de scène des Bouffes-du-Nord est transformé en mur de cartons, ces fameux cartons où se réfugient les S.D.F. à New-York (à New-York et dans toute l'Amérique) pour être le plus invisible possible. Tout à coup, sans crier gare, hurlements, sifflets, conversations gueulées (en anglais), déboule toute une bande en capuche et sweat, entre paumés et délinquants, qui vont et viennent sur la scène dans une circulation magnifiquement orchestrée. Les uns (là aussi notre oeil ne sait où aller voir) finissent en groupe, ce sont les musiciens (et par exemple Douglas Balliett, le contrebassiste, une fois installé, ne quittera pas de toute la représentation sadite capuche et ses lunettes noires de caillera), les autres, quand les musiciens se mettent à jouer, se lancent, garçons et filles, dans une éblouissante chorégraphie (remarquable travail de Rebecca Howell), entre mouvements baroques et influence du hip-hop, avec sauts acrobatiques, garçons et filles ensemble, d'un beau niveau.

The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux 7_theb10
Les infâmes Lockit (Kraig Thornber) et Peachum (Robert Burt) C) Patrick Berger

L'opéra des Voleurs

On traduit traditionnellement "The beggar's opera" par l' "Opéra des Gueux" ou l' "Opéra des Mendiants". Il faudrait plutôt l'appeler "L'opéra des Escrocs" ou l' "Opéra des Voleurs"! John Gay, en cette année 1728 (où un Saxon, Georg Friedrich Haendel, connaissait déjà le succès dans la capitale anglaise), avait déjà la cinquantaine passée et une carrière de dramaturge satiriste, que son "Beggar's Opera", triomphant dès la première représentation, occulta quasi complètement. Il y eut une suite l'année suivante, "Polly", mais cette fois la lourde main de la censure fit son office, interdit l'oeuvre nouvelle...

"Tout le monde est corrompu ou fripouille"

Il faut donc ne pas voir "The beggar's opera" comme le modèle lointain du chef-d'oeuvre de Brecht et Weill mais comme un petit chef-d'oeuvre en soi, bourré d'énergie, de vitamines, d'émotions et de cruauté, assez incroyable tableau d'un monde (qui va bien au-delà de l' Angleterre de l'époque) où la trahison, le cynisme, les coups pendables, le vol et le mensonge, irriguent tout le corps social et où les femmes n'ont d'autre choix pour survivre à l'âpreté hâbleuse des hommes que d'user de la ruse en étouffant elles aussi tout sentiment. Ce qui différencie "The beggar's opera" de l' "Opéra de quat' sous", c'est que chez Gay il n'y a aucun tableau politique, aucune conscience qu'un monde de fripouilles comme l'état Nazi va prendre le contrôle d'un peuple... C'est à la fois plus immédiat et plus radical: quel que soit le lieu et le gouvernement, les truands remplacent les truands et "par définition tout le monde est corrompu, on ne peut rien y faire, si ce n'est y prendre part"

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Polly (Kate Batter), Mrs Peachum (Beverley Klein), Manuel (Sean Lopeman), Lucy (Olivia Brereton) C) Patrick Berger

Harry, Meghan, Teresa, Greensleeves...

C'est, du même coup, l'intelligence de Robert Carsen et de son dramaturge, Ian Burton, d'avoir adapté en l'actualisant très finement le climat de 1728: l'affreux Peachum, trafiquant irrécupérable devant l'Eternel, se prépare, avec son dangereux complice Lockit, le chef de la police plus voleur que ceux qu'il arrête, à organiser un trafic de "faux selfies d'Harry et Meghan", au moment, bien sûr, du "Royal wedding". Et la conclusion, qui est la même que chez Brecht et Weill, verra le départ de la Première ministre "aux chaussures en peau de tigre", remplacée par "une coalition Travaillistes-Verts-Anarchistes" apparemment aussi incompétente et aussi voleuse que ses prédécesseurs...

Evidemment il n'y a pas dans les chansons l'inventivité, voire le génie, de Kurt Weill, et rien qui ressemble à ce "tube" qu'est la "Ballade de Mackie Messer" Dans un ouvrage qui est d'un équilibre idéal entre texte et chant, la musique fait la part belle à des airs populaires de l'époque retranscrits ou harmonisés par Johann Christian Pepusch, autre compositeur allemand installé, comme Haendel, à Londres. A une première écoute on entend des chansons qui se ressemblent un peu, qui sont en général de deux ou trois strophes et d'un refrain, la plus belle, chantée par Macheath qui attend d'être pendu, étant assez proche de "Greensleeves"


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Macheath (Benjamin Purkiss) et cette fois sa bande de garçons C) Patrick Berger

L'amour, quelle erreur, quelle horreur!

L'histoire est très basique, plus, semble-t-il, que chez Brecht. Le trafiquant Peachum et sa femme, qui ont la même conception de la vie ("Mari et femme se disent voleur et pute, le prêtre traite le juge d'escroc et ma devise est "Où est donc le profit pour moi?"), s'alarment que leur fille, Polly, soit amoureuse du jeune truand Macheath. En interrogeant Polly, ils découvrent une vérité encore plus horrible: Polly est vraiment amoureuse, elle a même épousé Macheath: "Tu l'aimes? Je croyais qu'on t'avait donné une meilleure éducation" /  "Tu verras, tu seras aussi battue et négligée que si tu avais épousé un lord". La seule solution, pour les parents, c'est de faire pendre Macheath pour que Polly touche "la prime d'assurance-vie"

Sexe, coke et petite vertu

Ils seront à deux doigts d'y réussir, avec l'aide de l'infâme Lockit (Kraig Thornber, très bien) et avec la complicité de... Macheath lui-même qui, "adore, encore plus que l'argent,... le sexe", ce qui l'a conduit à engrosser Lucy, la fille de Lockit. Polly et Lucy se crêpent le chignon, les deux papas tentent de pendre Macheath en s'envoyant de vastes lignes de coke, Macheath, heureusement, peut compter sur sa bande de filles de joie, de détrousseurs de tous ordre et de petite vertu, à l'instar de Filch qui, d'une part "engrosse pour du blé les filles condamnées à mort parce qu'enceintes, elles vont échapper à la  potence" et d'autre part "musarde dans les toilettes des bars cuir pour voler leur Rolex à de riches messieurs"

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Macheath (Benjamin Purkiss) attendant la corde fatale entre Polly (Kate Batter) et Lucy (Olivia Brereton) C) Patrick Berger

Trahi puis sauvé par les femmes

Macheath, trahi par les femmes (celles qu'il a mises sur le trottoir, dont la dangereuse et ravissante Jenny) et sauvé par les femmes (Lucy ouvrant sa cellule en profitant de ce que "Papa a bu et s'est camé avec les prisonniers") Il y a de jolis considérations philosophiques, comme celle de Diana, la serveuse vieillissante du bar que Macheath a draguée aussi ("Jeunes, on s'embrasse sur la bouche. Après, c'est sur le verre, au pub") Mais l'amour triomphera enfin, Macheath heureux dans sa bigamie assumée et naïve et faisant à Lucy la plus jolie déclaration d'amour dont il est capable: "Lucy, rassure-toi, tu seras toujours ma petite pute"

Des acteurs qui savent chanter

Tout cela est mené à un train d'enfer par une troupe qui, à l'anglo-saxonne, sait tout faire et que Robert Carsen, très intelligemment, se contente de diriger, mettre en espace (quelle mise en espace!), veillant au rythme avec une ravageuse intelligence. Dans le programme on ne donne guère de détails sur les chanteurs, il faut aller sur le Net pour voir leur biographie et découvrir que ce sont d'abord des acteurs qui savent chanter. Ils ne déméritent donc pas mais ce ne sont ni Kaufmann ni Bartoli. Le plus à l'aise est le rond Peachum (Robert Burt) au timbre de beau baryton. Beverley Klein, Mrs Peachum, a ce formidable abattage qui lui permet de se moquer de sa voix qu'elle commence à perdre (mais les aigus sont encore très beaux) en jouant en grande comédienne des changements de registre auxquels elle est obligée.

Des chanteurs qui savent danser

Joli timbre et touchante émotion chez la Polly de Kate Batter, plus joli timbre encore et plus de mordant chez la Lucy d'Olivia Brereton. Enfin le Macheath de Benjamin Purkiss, joli garçon à la Travolta (dans "Grease"), a aussi une charmante voix de ténor dans l'air façon "Greensleeves" mais ses aigus sont plus délicats dans des airs plus vifs. Il joue très bien l'insouciance du beau gosse couvert de femmes et qui a pour elles les yeux d'un enfant à Noël devant tant de jouets, mais on a un peu de mal à croire qu'il soit un si redoutable chef de bande...

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Macheath (Benjamin Purkiss) avec Diana (Beverley Klein), la serveuse (pas la princesse) C) Patrick Berger

Chanteurs sans doute, acteurs sûrement, et remarquables danseurs aussi: il faut citer la bande acrobatique de Macheath, Gavin Wilkinson, Taite-Elliot Drew, Wayne Fitzsimmons ou Dominic Owen, autour du Filch très bien de Sean Lopeman. De même les filles de Macheath, Natasha Leaver, Emily Dunn, Louise Dalton, Jocelyn Prah, forment un groupe épatant de séduction auprès de la Jenny d'Emma Kate Nelson, qui, outre son physique, a aussi la plus belle voix de tous, la mieux conduite.

William Christie, clavecin et queue de cheval

Au milieu de sa jeune troupe (où l'on a remarqué la flûte d' Anna Besson et le hautbois baroque de Neven Lesage), maître Christie, à son clavecin, tout en discrétion, tient la partie musicale d'une main de fer. Quand il vient saluer, il jubile avec sa queue de cheval, ses bottines et son apparence de loulou s'en allant chevaucher sa moto dans les rues crapoteuses de Londres. Et le public qui, ravi du moment qu'il a passé, fait fête à toute cette troupe, aura finalement trouvé ces "voleurs"-là d'une générosité (artistique) sans limite à son égard.


"The Beggar's Opera" de John Gay (livret, revu par Ian Burton) et Johann Christoph Pepusch (musique), mise en scène Robert Carsen, direction musicale William Christie. Théâtre des Bouffes-du-Nord, Paris, jusqu'au 3 mai.

Mais, signalons-le, une longue tournée promènera le spectacle jusqu'en 2020 en France et en Europe. Voici les prochaines villes dans l'hexagone: en septembre Clermont-Ferrand. En novembre Angers, Saumur, St-Brieuc, Dinan, Vannes, St-Nazaire et Le Mans. En décembre La Roche-sur-Yon, Laval, Nantes et Caen. En janvier 2019 Versailles, Rennes, Quimper et Reims. En février Massy et La Rochelle, etc.

https://culturebox.francetvinfo.fr/voyageur-de-notes/2018/04/29/lopera-des-mendiants-par-william-christie-et-une-formidable-troupe-britannique.html

Bien à vous

madame antoine

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Chakton

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MessageSujet: Re: The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux   The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux Icon_minitimeMar 4 Déc - 11:38

Courez les voir, ils sont en France, les gueux. tongue

"L'Opéra des Gueux" de 1728 dans une mise en scène contemporaine

Jusqu'au 14 décembre l'Angers-Nantes-Opéra propose "The Beggar's Opéra", 'l'Opéra des Gueux", une oeuvre baroque de John Gay (1685-1732) et Johann Christoph Pepusch (1667-1752) transposée à notre époque avec des airs de comédie musicale. Robert Carsen à la mise en scène et le chef d'orchestre installé en Vendée William Christie donnent un nouvel élan à cette oeuvre qui date du XVIIIe siècle.

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Transposer un oeuvre vieille de plusieurs siècles à l'époque actuelle est toujours un défi difficile et nombre de metteurs en scène s'y sont cassés les dents. C'est pourtant celui que relèvent à l'Angers-Nantes-Opéra un duo prestigieux, le metteur en scène Robert Carsen et le chef d'orchestre franco-américain William Christie. Ils s('attaquent au Beggar's Opera, l'Opéra des Gueux, une oeuvre baroque datant de 1728. Il s'agit de ce que les Anglais appelaient alors une "ballad opera", un genre qui se voulait une réponse à l'omniprésence des oeuvres italiennes. Ces oeuvres étaient notamment appréciées de leurs contemporains car elles utilisaient souvent des airs connus de tous.

  • La musique n'a pas de grands airs de dix minutes comme chez Haendel, mais au contraire,ce ne sont que des petits airs populaires entre trente secondes et deux minutes et demie.
    Christophe Gayrard, collaborateur à la mise en scène

Il pouvait s'agir de musique religieuse,d'airs d'opéra ou de chansons populaire. L'Opéra des Gueux dénonce la corruption de son temps et ses dirigeants. Il est donc plutôt aisé de jouer avec l'actualité et de donner à la mise en scène un caractère d'actualité qui rend la pièce aussi efficace qu'à sa création. Robert Carsen et William Christie sont donc tout à fait dans l'esprit de l'oeuvre quand ils la transposent au 21e siècle.

Reportage : France 3 Pays de la Loire D. Leroy
https://culturebox.francetvinfo.fr/opera-classique/l-opera-des-gueux-de-1728-dans-une-mise-en-scene-contemporaine-282729

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MessageSujet: Re: The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux   The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux Icon_minitimeLun 17 Déc - 15:40

Je renchéris. tongue

Du 18 au 21 décembre 2018, le Théâtre de Caen (Calvados) programme The Beggar's Opera. Ce spectacle total, porté par des artistes de talent, a des airs de comédie musicale.

The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux Beggar10
© Patrick Berger

Pas de trêve des confiseurs pour l’équipe du Théâtre de Caen (Calvados), fidèle au poste pour vous divertir durant les fêtes de fin d’année. Du 18 au 21 décembre 2018, elle vous invite à découvrir The Beggar’s Opera, un spectacle grandiose « made in England ».

Le meilleur de l’école anglaise
  • Après Songs, superbe création de Sébastien Daucé présentée les 27 et 28 novembre, le Théâtre de Caen poursuit son exploration de la musique anglaise du XVIIIe siècle. Et de quelle manière, puisque du 18 au 21 décembre, on vous invite à découvrir The Beggar’s Opera de Johann-Christoph Pepusch (1667-1752). Mis en scène par Robert Carsen et en musique par les Arts Florissants de William Christie, ce spectacle vous promet un moment inoubliable.


Il a rencontré un immense succès aux Bouffes du Nord, à Paris, la saison dernière, précise Patrick Foll, le directeur du théâtre municipal. C’est une œuvre assez bizarre, qui est une sorte de comédie musicale avant l’heure, avec une alternance entre des moments de pure comédie et de la musique. C’est un spectacle très abordable, porté par ces magnifiques artistes de l’école anglaise qui, du chant à la danse, savent absolument tout faire.

The Beggar’s Opera mixe théâtre, chansons populaires et airs savants. John Gay, qui en signe le livret très satirique, voulait dénoncer la cupidité et la corruption. Bien qu’il ait été remanié avec beaucoup d’humour et transposé dans l’Angleterre d’aujourd’hui, le message est resté le même !

La bande-annonce de The Beggar’s Opera :



Une histoire de fripouilles
Il y a du Broadway dans cet opéra qui multiplie les airs enjoués et les scènes parlées. Avec son perfecto et son côté bad boy, le héros, Macheath, a ici des allures de James Dean.

  • C’est l’histoire éternelle du voleur qui prend aux riches pour donner aux pauvres, poursuit Patrick Foll. C’est surtout une histoire des fripouilles : les voleurs sont pourris, mais les flics aussi, sans oublier les magistrats ou les politiques. À l’époque, cette création avait rencontré un succès énorme, car cela faisait beaucoup rire les gens de se moquer ainsi des puissants
.

Dealer à la petite semaine, Macheath est aussi un coureur de jupons ! Toutes les deux éprises de lui, Polly et Lucy découvrent ses incartades. Leurs pères respectifs, truand notoire pour l’un, gardien de prison corrompu pour l’autre, s’en mêlent… Chorégraphies chorales, acrobaties, airs populaires et savants : rien ne résiste au talent de ce casting d’exception.
Mathieu Girard
https://actu.fr/



Infos pratiques :
Du 18 au 21 décembre 2018, à 20h,
au Théâtre de Caen, 135 boulevard Leclerc, à Caen (Calvados).
Tél : 02 31 30 48 00. Tarifs : 10 à 45 euros.

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Petite Fourmi

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MessageSujet: Re: The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux   The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux Icon_minitimeMer 17 Avr - 14:16

N'oublions pas qu'à l'origine, c'est un opéra de William Blake. « The Beggar's Opera »

The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux Nq67510

Par le spécialiste André Furlan :

Pouvez-vous présenter l'auteur de l'œuvre ?

William Blake, 1757-1827 est un artiste complet qui touche aussi bien à la peinture et à la gravure qu'à la poésie ou à la musique. Il reprend l'œuvre de John Gay écrite en 1728 «The Beggar's Opera», qui, au XVIIIe siècle, était plutôt l'apanage de l'Italie. La reprise par William Blake, en gravure, du dernier tableau peint par Hogarth, vers 1788, celui où tous les acteurs sont sur la scène avec les dignitaires britanniques qui occupent les espaces latéraux est la scène la plus emblématique. Elle est issue de l'Acte III de l'Opéra.

En quoi ce tableau est-il porteur de messages ?

Il s'agit d'une illustration des travers et de la corruption de la société anglaise à tous les niveaux. Un condamné qui sera gracié par équité car tous les autres personnages sur scène sont coupables et condamnables. Cet opéra est resté célèbre y compris dans le monde entier, il est présenté en France sous le nom de l'opéra des gueux ou l'opéra de quatre sous.

Quelle autre particularité présente ce tableau ?

C'est un travail de très haute précision fait à la loupe, au burin, sur une plaque de cuivre, qui fait apparaître plusieurs plans quand on l'examine de près. L'œuvre que j'ai présentée est la dernière. A l'intérieur, un tiroir secret contient un manuscrit écrit à l'encre de la main de William Blake, qui révèle le nom des protagonistes de la scène gravée et le plan de l'audience.

Quelles autres particularités avez-vous découvertes ?

J'ai consacré une bonne partie de ma carrière au travail d'approfondissement et d'analyse de cette œuvre, ce qui m'a conduit à émettre l'hypothèse que Blake maîtrisait la 3D. Les travaux que j'ai fait réaliser par Jacques Côté, spécialiste de la 3D, en attestent..

https://www.ladepeche.fr/
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MessageSujet: Re: The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux   The Beggar's Opera, Broadway chez les gueux Icon_minitime

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