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 Au XVIIIe siècle, les casernes royales

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putchi san

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MessageSujet: Au XVIIIe siècle, les casernes royales   Au XVIIIe siècle, les casernes royales Icon_minitimeVen 20 Juil - 17:38


L'actuelle caserne Laperrine a été édifiée au début du XVIIIe siècle. Elle a accueilli successivement des régiments de fantassins et de cavaliers, avant de devenir, en 1962, la place forte du 3e régiment parachutiste d'infanterie de marine.

Pour mettre fin aux désagréments dus au passage des troupes logées chez l'habitant, l'intendant de Languedoc autorise, en 1709, la construction d'une caserne et son financement : une taxe sera prélevée sur chaque Carcassonnais, proportionnellement aux impôts payés, à laquelle s'ajoutera une taxe sur les vins pénétrant en ville.

Comme l'ont montré les travaux de F. Jaupart et de J.-L. Bonnet, le coût de la construction atteignit 221 429 livres, soit 730 années d'un salaire ouvrier. L'architecte Louis Melair (1662-1739) réalisa un plan rectangulaire de 125 mètres sur 95, avec un bâtiment central séparant cavaliers au sud et fantassins au nord, puisqu'il était prévu d'héberger ces deux armes, soit au maximum 1 600 hommes et 576 chevaux. En septembre 1788, cette troupe comptait 480 cavaliers avec 390 chevaux. Chaque cour disposait d'un puits, et un aqueduc conduisait les eaux usées jusqu'au fleuve. La présence de chevaux obligeait à de fréquentes désinfections, tandis que l'actuel terrain d'exercice, acheté aux moines dominicains, fut aménagé progressivement en place d'armes.

Première pierre en 1721
En juillet 1721, la première pierre est posée par Mgr de Grignan, mais la réception aura lieu seulement à la fin de 1735, et les travaux reprennent jusqu'en 1746. On peut noter un certain soin de la décoration, avec quatre lions de pierre disposés aux angles, ainsi que le «Z» de caserne au-dessus de la porte principale, décorée de larges bossages surmontés d'un fronton triangulaire. On dénombrait alors 104 chambres, contenant 12 ou 15 lits, dans lesquels les militaires dormaient à deux pour les cavaliers et à trois pour les fantassins. Ces couchages disposaient de matelas en laine et de 21 centimètres de paille.

Le futur maréchal Murat y fera séjour
Entre 1721 et 1789, la caserne voit défiler 200 corps de troupe, qui séjournent seulement quelques mois. Parmi ces militaires, figura Joachim Murat, futur général et futur beau-frère de Napoléon, qui fit ses premières armes, de 1786 à 1787, dans le régiment des Ardennes. Les consuls regrettaient ces changements incessants, ils auraient préféré plus de stabilité, assurance d'un rétablissement de l'ordre en cas de troubles.

Au XVIIIe siècle, les casernes royales 20180710

Le chiffre : 480
cavaliers > À la veille de la Révolution. En septembre 1788, le régiment compte 390 chevaux. Entre 1721 et 1789, 200 corps de troupes s'installeront successivement dans la caserne carcassonnaise. Ce n'est qu'en 1962 que le 3e RPIMa y prendra ses quartiers, que l'on connaît actuellement.

Pourquoi une caserne au XVIIIe ?
Du XVIe au XVIIIe siècle, Carcassonne fut une ville d'étape, voyant défiler de nombreuses troupes auxquelles elle devait offrir nourriture et logement chez l'habitant. Le comportement des soldats n'étant pas toujours empreint de douceur, des bagarres éclataient parfois, à l'issue desquelles on dénombrait des blessés, d'un côté ou de l'autre.

Aussi, les consuls, dès le XVIIe siècle, réclament à l'intendant du Languedoc l'autorisation de construire une caserne qui, en hébergeant les soldats, mettrait fin à ces problèmes. De plus, les notables considéraient qu'une garnison permanente serait bénéfique pour l'économie de la ville par l'argent de la paie. En temps de guerre, en effet, un régiment comprenait 800 fantassins ou 100 à 200 cavaliers, ce qui constituait un effectif non négligeable.

Qui était le général Henri Laperrine (1860-1920) ?
Bien que né à Castelnaudary, Henri Laperrine était issu d'une importante famille très connue à Carcassonne. Son ancêtre Jean-Dominique était, au XVIIIe siècle, l'un des plus importants marchands fabricants de la ville, ce qui lui avait permis d'acheter l'imposante demeure familiale du 47, rue A.-Ramond et, pendant la Révolution, les domaines de Baudrigues et de La Bastide Madame.

Le grand-père du général, Charles, député en 1827, ayant épousé Pauline d'Hautpoul, avait ajouté ce patronyme au sien, tandis que son oncle Armand, par son mariage avec Julie Carles, s'était retrouvé propriétaire de l'actuel commissariat de Carcassonne.

En 1880, à sa sortie de Saint-Cyr, il est volontaire pour servir en Afrique, où il organise les compagnies sahariennes à l'activité inlassable, ce qui lui vaut le surnom de «pacificateur du Sahara».

Typé cavalier colonial, il pouvait faire dix heures de méhari par des températures de 40° et arriver à l'étape, le col boutonné et le corps droit sur la selle.

Promu général en 1913, il combat en Europe, au début de la Grande Guerre, puis Lyautey lui confie le commandement des territoires sahariens, afin de rétablir l'autorité française, menacée par certaines tribus touaregs, responsables de l'assassinat du père de Foucauld, en 1916.

Participant, en 1920, à un raid Alger-Tombouctou, son avion, à court d'essence, doit se poser, le 8 février, en plein désert du Tanezrouft et il meurt d'épuisement, le 5 mars, après avoir dit à ses compagnons : «On croit que l'on connaît le Sahara. Je l'ai traversé onze fois, j'y reste la douzième».

Le général fut enterré à Tamanrasset, au pied de la tombe du père de Foucauld qu'il avait rencontré dès 1881, avant que sa dépouille ne soit ramenée au cimetière Saint-Michel, en 1863.

Des dragons de Noailles à nos jours : ville de garnison
La tradition qui faisait au XVIIIe siècle de Carcassonne une ville de garnison pour la cavalerie se maintient au siècle suivant. Aux dragons de Noailles en place avant la Révolution, succèdent au XIXe, plusieurs régiments de chasseurs et de hussards, puis de dragons. Les plus connus furent le 17e et le 19e régiment de cette dernière arme, qui séjournèrent au total près de quarante ans dans notre ville, de 1874 à 1913. Leur fière allure et leur équipement enthousiasmaient Carcassonnaises et Carcassonnais, si bien que leur départ, en 1913, fut marqué par une émouvante cérémonie, gratifiée d'une retraite aux flambeaux.

De 1879 à 1910, d'importants travaux avaient modifié la caserne : destruction de la partie médiane, remplacée à l'arrière par une construction dans laquelle furent installés cuisine, infirmerie et lavoirs ; surélévation du bâtiment principal et des pavillons d'angle, tandis que les toits étaient mansardés.

En 1928, le chanoine G. Sarraute avait fait aménager le foyer du soldat, place J.-Poux.

Grâce à l'abbé Bruno de Monts, nous savons qu'après la Grande Guerre, les cavaliers furent remplacés par des troupes coloniales ou ayant vocation à intervenir outre-mer : 5e régiment de mitrailleurs indochinois, puis 52e régiment d'infanterie coloniale, qui gagna l'Alsace en 1939. Cette tradition sera maintenue après 1945, avec des Annamites, remplacés par le 24e régiment de tirailleurs sénégalais, lequel, parti en Indochine en 1948, laissa la place au 24e régiment d'infanterie coloniale. Ce dernier, envoyé en Algérie, laissa seulement à Carcassonne la formation de jeunes recrues. En 1959, arrive le 24e RIMa, dissous en 1962 : il laisse la place au 3e RPIMa, tandis que sont rapatriées de Tombouctou les cendres du général H. Laperrine, dont le nom avait été donné au quartier en 1925.
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