Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Rendez-vous avec les artistes de la Révolution au musée Cognacq-Jay

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Airin

Airin

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Date d'inscription : 19/09/2015

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MessageSujet: Rendez-vous avec les artistes de la Révolution au musée Cognacq-Jay   Rendez-vous avec les artistes de la Révolution au musée Cognacq-Jay Icon_minitimeDim 17 Mar - 14:45

Nous avons rendez-vous avec les artistes de la Révolution au musée Cognacq-Jay. Wink

  • C’est un petit musée dans lequel on se sent un peu comme à la maison, à deux pas de la place des Vosges. Cognacq-Jay se niche dans le très joli hôtel particulier Donon (IIIe) construit à la fin du XVIe. Le bâtiment enveloppe une cour rectangulaire. Depuis 1990, il abrite près de 1 200 tableaux et objets du XVIIIe, achetés par le couple Ernest Cognacq et Marie-Louise Jay.


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La Galerie des meubles LP/ Jean-Baptiste Quentin

  • Sous les deux grands portraits austères des légataires, à l’entrée, on foule le tapis bleu de Christian Lacroix. Le couturier grand amateur du XVIIIe, a laissé sa patte lors d’une carte blanche en 2015. Tapis et tentures à rayures ou à fleurs, illuminent les différentes pièces.


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Objet de vertu serti de pierres./Cognacq-Jay @ Roger Viollet

  • Dans le premier couloir transformé en galerie, s’alignent de petits secrétaires, des écritoires. Des bijoux de meubles regorgeant de tiroirs cachés. Au centre d’un salon, un secrétaire en citronnier révèle de magnifiques motifs indiens. D’un second s’étire un tissu en soie, sorte de petit paravent.


Chefs-d’œuvre érotiques
  • La nouvelle directrice des lieux, Annick Lemoine, nous guide au fil de la dizaine de salles thématiques. Elle veut dépoussiérer l’image du XVIIIe, souvent réduite à sa porcelaine kitch. « Ce siècle est d’une inventivité inégalée dans le domaine des arts décoratifs. Siècle par excellence de la volupté et du libertinage, il est à l’origine de chefs-d’œuvre érotiques dont on ne mesure pas assez aujourd’hui l’audace et l’originalité. »

    Comme les peintures de François Boucher, grivoises, presque sulfureuses. Sur l’une d’elle, une cuisinière est attrapée par un prétendant oppressant, un œuf cassé à ses pieds, symbole de la perte de virginité. Sur une autre, Diane revient de chasse, seins nus. Plus loin, Boilly a peint une dame en nuisette à demi dénudée.

    Le musée aux pièces boisées chaleureuses présente presque exclusivement le legs des Cognacq-Jay (lire par ailleurs). « Le couple était séduit par l’art de vivre, l’excellence du XVIIIe et l’extraordinaire raffinement des intérieurs du siècle des Lumières », éclaire Annick Lemoine.


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Petit garçon au gilet rouge, de Jean-Baptiste Greuze (peint vers 1775-1780). Au musée Cognacq-Jay. @ Roger Viollet

  • Dans le salon de peintures vénitiennes, une quinzaine d’objets de vertu s’exposent sous vitrine. Des boîtes à mouches, un petit nécessaire de toilette, des tabatières et une magnifique boîte ronde sertie de pierres.

    La fascination pour la Chine et les voyages exotiques emplissent une autre salle. On tombe ici sur un… Rembrandt. L’une des premières toiles connues du génie néerlandais, « L’ânesse du prophète Balaam », peinte en 1626 alors qu’il n’avait que 20 ans.

    On (re)découvre combien le XVIIIe siècle était riche et varié. A travers les visages d’enfants si finement peints par Jean-Baptiste Greuze, les ruines fantasmées d’Hubert Robert, les toiles grivoises… Autant de styles différents, bien loin des inspirations religieuses.

    On n’échappe pas, bien sûr, aux personnages en céramique. Un chandelier mêle porcelaine de Sèvres et de Meissen (allemande). « Cette pièce a été créée par un marchand-mercier, c’est-à-dire qu’il mixait différents savoir-faire », commente la directrice. Sur une cheminée tinte le balancier d’une magnifique horloge en forme de lyre surmontée d’Apollon.

    Cognacq-Jay ? Une parenthèse de douceur et d’exotisme au cœur de Paris.


Musée Cognacq-Jay, 8, rue Elzévir (IIIe). Ouvert du mardi au dimanche de 10 heures à 18 heures Entrée gratuite en dehors des expositions temporaires (6 à 8 €). Tél. 01.40.27.07.21.

En avant-goût, sur ces dessins d’artistes de la Révolution :

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Dessin de François-Xavier FABRE (1766-1837), Personnage nu saisissant un cube de pierre. Musée Fabre Montpellier.

  • Le XVIIIe est le siècle des Lumières et de la Révolution. Mais comment vivait-on de son art à cette époque ? Le musée Cognacq-Jay expose à partir de ce samedi des dessins d’artistes du musée Fabre de Montpellier (Hérault), datés de 1770 à 1815.

    Alors que les commandes royales disparaissent, que les Académies sont supprimées et les grands chantiers annulés, les artistes repensent leurs pratiques, leurs débouchés et le traitement des sujets. L’exposition réunit 80 dessins exceptionnels, qui témoignent de l’accélération de l’Histoire, prélude à la modernité. Elle retrace l’importance de l’Académie Royale, passage obligé pour les candidats à une carrière officielle.

    Puis la peinture d’histoire va s’effacer au bénéfice du portrait et de la scène de genre, moins sensibles aux soubresauts politiques. Post Révolution, les sujets bibliques et d’Histoire antique présagent la naissance du néoclassicisme. Les artistes qui choisissent l’exil se tournent vers l’Italie, ceux qui restent en France, comme François Xavier-Fabre, s’aventurent dans les campagnes où la nature dominera l’humain. L’exposition s’arrêtera à la date anniversaire de… la Révolution.

    Le XVIIIe est le siècle des Lumières et de la Révolution. Mais comment vivait-on de son art à cette époque ? Le musée Cognacq-Jay expose à partir de ce samedi des dessins d’artistes du musée Fabre de Montpellier (Hérault), datés de 1770 à 1815.

    Alors que les commandes royales disparaissent, que les Académies sont supprimées et les grands chantiers annulés, les artistes repensent leurs pratiques, leurs débouchés et le traitement des sujets. L’exposition réunit 80 dessins exceptionnels, qui témoignent de l’accélération de l’Histoire, prélude à la modernité. Elle retrace l’importance de l’Académie Royale, passage obligé pour les candidats à une carrière officielle.

    Puis la peinture d’histoire va s’effacer au bénéfice du portrait et de la scène de genre, moins sensibles aux soubresauts politiques. Post Révolution, les sujets bibliques et d’Histoire antique présagent la naissance du néoclassicisme. Les artistes qui choisissent l’exil se tournent vers l’Italie, ceux qui restent en France, comme François Xavier-Fabre, s’aventurent dans les campagnes où la nature dominera l’humain. L’exposition s’arrêtera à la date anniversaire de… la Révolution.


Vous en lirez davantage ici : http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/sortir-region-parisienne/musee-a-paris-a-nous-cognacq-jay-15-03-2019-8032386.php Wink



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pimprenelle

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Date d'inscription : 23/05/2007

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MessageSujet: Re: Rendez-vous avec les artistes de la Révolution au musée Cognacq-Jay   Rendez-vous avec les artistes de la Révolution au musée Cognacq-Jay Icon_minitimeMar 9 Avr - 22:41

Cette expo a l'air géniale ! J'ajoute quelques infos et photos. Wink

Rendez-vous avec les artistes de la Révolution au musée Cognacq-Jay Zducre13
Jean-Joseph Taillasson, "Autolion, général des Crotoniates, blessé par l'ombre d'Ajax".



Pour qui ne connaît pas le musée Cognacq-Jay, cette exposition événementielle est une bonne excuse, d’autant qu’elle se poursuit dans les collections permanentes du lieu, ce qui permet de le visiter et de s’émerveiller de ses trésors. Génération en Révolution, c’est une mise en lumière de cette génération d’artistes français (une trentaine d’années en moyenne) qui ont vécu de plein fouet la Révolution Française. Le monde des arts est alors métamorphosé, bouleversé. Les artistes prennent parti pour ou contre la révolution, où l’on voit tour à tour l’annulation des Académies et des commandes royales et aristocratiques. C’est alors l’essor de la pratique du dessin (moins chère à produire et à acheter), introduisant une résurgence des sujets antiques. « Dans cette exposition, on découvre 80 dessins qui sont issus du musée Fabre de Montpellier et qui n’ont jamais été montrés à Paris. On y découvre les choix et les goûts de Fabre, l’élève préféré de David et lui-même un grand collectionneur », précise Annick Lemoine, la directrice du musée Cognacq-Jay. Cette exposition donne donc à voir les goûts de François-Xavier Fabre à son époque. Un artiste dont la carrière a été perturbée à cause des événements, alors que tout avait bien démarré pour lui, lui qui recevait des commandes importantes. Après la chute de la monarchie, comme nombre d’artistes français, il quitte Rome pour Florence, où il va rester près de trente ans, sans rentrer à Paris. Il devient portraitiste, paysagiste et collectionneur (de gravures, dessins, peintures… dont certains sont issus de sa génération de néo-classiques). Cette exposition invite à (re)découvrir cette génération qui a marqué son époque.

Le dessin en première ligne. La première salle de l’exposition : « Dessiner pour apprendre », revient sur la place importante du dessin à cette époque, dans l’enseignement de la peinture. Il faut savoir dessiner pour pouvoir intégrer L’Académie royale de peinture. Le grand maître d’alors se nomme Jacques-Louis David et cette salle revient sur ceux qui lui succéderont et auront marqué à leur tour leur époque, dont François-Xavier Fabre et Anne-Louis Girodet. On retrouve donc ici trois études magistrales de nu masculin, dont une de Fabre, Personnage nu saisissant un cube de pierre. « Comme l’Histoire est en mouvement, on se replie à dessiner des choses plus intimes. Fabre est tout de même resté fidèle aux principes de l’enseignement de David, qui tenait également à lui, car il s’agissait, pour lui, de son élève le plus brillant et le plus instruit », explique Florence Hudowicz, commissaire scientifique de l’exposition. « Les dessins de Fabre étaient nerveux, dynamiques et libres ». La salle cristallise sa rivalité avec son contemporain Girodet. Ils ont tous deux concouru pour le Grand Prix de l’Académie de Rome de peinture. Mais Girodet, qui a été accusé de tricher (et probablement dénoncé par Fabre) a été recalé cette année-là pour Fabre. Il l’aura l’année suivante. A Rome, les deux peintres finissent par devenir amis et Girodet a d’ailleurs dessiné Fabre de manière flatteuse, un portrait que l’on retrouve dans cette salle également, comme si la boucle devait être bouclée.

La deuxième salle, plus petite et intitulée « Eloge de l’individu », met en lumière d’autres contemporains de Fabre et qui ont également marqué leur temps. Ici, on fait la part belle aux portraits. « On ne fait plus de la peinture liée à l’histoire. On se concentre sur des portraits ou des petits formats », précise Florence Hudowicz. Tel cet Autoportrait de Proudhon, un tableau inédit et acquis par le musée il y a moins de deux ans, d’une force extraordinaire et où l’on voit tout le trait de caractère du peintre, lui qui n’a pas voulu suivre l’enseignement de David et qui a eu une vie personnelle difficile. On le retrouve en 1805 dans le dessin suivant, L’Amour et une fillette jouant avec un chat, où il aura cette fois connu le succès et la fortune, grâce à l’art de la gravure. Parmi les autres portraits de la salle, un Fragonard, La Gifle, où on peut voir l’incarnation de son talent, des œuvres de Girodet qui préfigurent son élan romantique ou du miniaturiste Jean-Baptiste Matet.



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Pierre-Paul Prud’hon, « L’Amour et une fillette jouant avec un chat ».


Détournements de l’Histoire. Dans la troisième salle, « Les vertus de l’Histoire », on retrouve les autres sujets utilisés par les dessinateurs de cette génération en pleine tourmente. « Les sujets historiques étaient jugés les plus ambitieux sous la Révolution, mais il y en a finalement peu sur ce qui se passait » souligne Benjamin Couilleaux, l’autre commissaire scientifique de l’exposition.


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Anne-Louis Girodet, « Enée et ses compagnons abordant le Latium ».


A partir de 1793, les artistes français à Rome, dont Fabre, doivent quitter la ville et s’établissent à Florence. Là, ils redécouvrent des sujets antiques (tels ceux de Philippe-Auguste Hennequin présentés ici, lui qui a été marqué par l’enseignement de David et dont les sujets antiques ont une résonnance avec sa vie privée et ses engagements politiques) ou des sujets religieux (Fabre reprenait notamment des grands moments tragiques de l’Ancien Testament). A chaque fois, ces dessinateurs innovent, tout en prenant pour cadre des sujets anciens et certains de ces dessins vont servir à illustrer des textes littéraires.


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Pierre-Auguste Hennequin, « Les Remords d’Oreste ».


Le retour du paysage. Autre sujet de prédilection de ces peintres, ceux que l’on retrouve dans la dernière salle, « Voyages et nature ». « Le paysage connaît un renouveau dans la peinture et les dessins du 18e siècle. Cela provient notamment de la fascination pour les peintes, des artistes du 17e siècle, comme Poussin », précise Benjamin Couilleaux. Il y a désormais un regard porté sur des paysages qui étaient peu représentés auparavant, voire jamais ou pour des scènes de la vie quotidienne. Sans oublier un intérêt renouvelé pour l’urbanisme et une mise en avant de sites qui méritent, selon leurs peintres, un attrait pittoresque ou touristique. On admire ici leur intérêt pour le charme de villes italiennes, comme Rome et Venise (ou Constantinople, où s’est rendu Antoine-Laurent Castellan), avec une vision pré-romantique des ruines antiques. Le 12 mai, de nombreux dessins de cette exposition seront remplacés par d’autres. Courez vite admirez les premiers et retentez ce voyage dans le passé avec les prochains !


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François-Xavier Fabre, « Vue de la vallée des Bains de Lucques ».
https://www.art-critique.com/










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