Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Lettre de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (Révolution)

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Noche de Varennes

Noche de Varennes

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Date d'inscription : 25/09/2018

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MessageSujet: Lettre de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (Révolution)   Lettre de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (Révolution) Icon_minitimeVen 22 Mar - 18:54

Une lettre-relique, témoignage précieux de la Révolution :

Lettre de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (Révolution) 15531610

  • CONDÉ (Louis-Joseph de Bourbon, prince de). Lettre autographe signée [très probablement au comte de LaFare à Vienne]. Pilzno [dans l’actuelle Pologne, alors en territoire sous contrôle autrichien], 18juillet 1799. 5pp. i/4 in-4. IMPORTANTE LETTRE SUR SON CHOIX D’ÊTRE ALLÉ EN RUSSIE PLUTÔT QU’EN AUTRICHE. À la tête d’une armée d’émigrés engagée contre les armées révolutionnaires, le prince de Condé passa en 1796 à la solde de l’Angleterre, puis, après la paix de Campo-Formio, entra au service du tsar PaulIer et fut envoyé avec ses hommes en Volhynie. Lors de la formation de la deuxième coalition et la reprise de la guerre, il fut ramené sur le théâtre des opérations, alors que Souvorov menait une admirable campagne en Italie. Le prince de Condé, comme Korsakov, seraient vaincu par Masséna, et le tsar, déçu par la mauvaise volonté de l’Autriche, retirerait ses troupes. En 1800, le prince de Condé repasserait à la solde de l’Angleterre. PRINCIPAL AGENT ROYALISTE FRANÇAIS EN EUROPE, ANNE LOUIS HENRI DE LAFARE (1752- 1829) était évêque de Nancy avant la Révolution. Il fut élu aux États généraux et défendit alors les droits du Clergé, s’opposant farouchement aux principes révolutionnaires. Il fut des premiers à émigrer et, en 1792, se réfugia à Vienne, muni d’une lettre de recommandation de Marie-Antoinette. À partir de 1795, il fut le chargé d’aff aires de Louis XVIII dans cette capitale, le relai de correspondance des princes, et le principal agent des émigrés sur le continent. Revenu en France en 1814, il continua de servir les intérêts des anciens émigrés et participa à la réorganisation de l’Église de France. Il fut fait aumônier de la duchesse d’Angoulême, archevêque de Sens, cardinal, ministre d’État et pair de France. «...À la fi n, nous nous sommes mis en marche et nous allons bien, depuis 17jours que nous sommes partis, nous avons fait de 75à80lieues, et je ne puis trop me louer de toutes les facilités que nous donnent les commissaires autrichiens, ils y mettent même de la recherche, JE N’AI PAS MANQUÉ D’EN RENDRE COMPTE À L’EMPEREUR DE RUSSIE, le comte de Cavriani [Ludwig von Cavriani, gouverneur autrichien de la Bohème], surtout, est un homme parfaitement honnête et de bonne compagnie, à en juger par la conduite de ces commissaires, je me plais à espérer que les entraves à notre marche seront désormais écartées, je sais déjà que ceux de Moravie ne nous retarderont pas, nous avons eu ce matin notre marche-route, jusqu’à Leutmerschel [Leutomischel, actuelle Litomyšl en Tchéquie]... qui nous prouve qu’on nous fait passer par la Bohème, je ne le croyois pas, mais cela m’est fort égal, pourvu que ce ne soit pas le plus long, et que nous arrivions le plutôt possible le plus près de la France que faire se pourra... JE SEROIS FORT AISE D’ALLER À VIENNE, MAIS VOUS SENTEZ QUE DANS LA POSITION OÙ JE SUIS, JE NE LE PUIS, SANS UNE PERMISSION SPÉCIALE DE L’EMPEREUR DE RUSSIE... J’espère recevoir la réponse de Pétersbourg avant d’arriver à Olmutz où je serai le 8aoust... Si l’emp[ereur] de Russie me refuse ou ne me répond pas, vous sentez que malgré toute ma bonne volonté, il me sera impossible de suivre le désir que j’ai de marquer de vive voix mon respect et ma reconnoissance à S.M.I.etR.[l’empereur d’Autriche], je me fl atte que dans ce cas, vous voudriez bien faire sentir que ce ne seroit pas ma faute. Je viens aux griefs dont vous me parlez, il ne m’en est revenu que deux, dont on se plaint, le premier, que je ne me sois pas jetté dans les bras de l’emp[ereu]r d’Allemagne, plutôt que dans ceux de l’Emp[ereu]r de Russie, le second, que je n’aye pas été à Vienne, à la fi n de 1797, à l’égard du premier... a-t-on bien réfl échi aux circonstances, en voulant me donner un tort dans cette occasion? Licencié par l’Angleterre, n’ayant reçu aucune proposition de la part de l’Autriche qui faisoit sa paix [Campo-Formio] avec la République françoise, SÛR DES BONTÉS DE L’EMPEREUR DE RUSSIE, N’ÉTOITIL PAS SIMPLE, SI J’OSE DIRE, CONSÉQUENT À TOUTE MA CONDUITE PENDANT 8ANS, QUE JE ME JETTASSE DE PRÉFÉRENCE DANS LES BRAS DE LA SEULE GRANDE PUISSANCE QUI NE RECONNOISSOIT PAS ENCORE LA RÉPUBLIQUE que j’avois phisiquement combattu avec quelque constance, et que j’étois bien résolu à combattre moralement dans mon coeur jusqu’à mon dernier soupir?... Quant à n’avoir pas été à Vienne, en allant en Russie, je vous laisse à penser si le le pouvois... Quand l’emp[ereu]r me pressoit, quand j’étois fort pressé moi-même pour avoir le tems de prendre les ordres de S.M.I. [l’empereur de Russie] et que tout fût arrangé pour le corps, avant son arrivée en Volhynie, j’eusse été aussi coupable envers notre bienfaiteur que vis-à-vis du corps même, si je m’étois permis encore des retards. Comment n’a-t-on pas senti à Vienne l’impossibilité absolue qui m’empêchoit d’y passer? J’eus l’honneur d’en écrire dans le tems à S.M.I.etR. et de lui peindre tous mes regrets, de ce que je ne pouvois pas lui marquer moi-même ma respectueuse reconnoissance, je chargeai mon substitut le duc d’Enghien de ne pas manquer de la porter à ses pieds... JE VOUS PRÉVIENS QUE J’AI ORDRE DE L’EMPEREUR DE RUSSIE DE M’ADRESSER POUR TOUTES NOS AFFAIRES DU MOMENT À LA COUR DE VIENNE, À M.DE KOLICHEFF [Stepan Alexeïev Kolytchev, le très francophobe ambassadeur de Russie à Paris], ainsi ce seroit bien à tort si d’autres me savoient mauvais gré de ne pas m’adresser à eux.»


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MessageSujet: Re: Lettre de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (Révolution)   Lettre de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé (Révolution) Icon_minitimeVen 29 Mar - 9:48

Quelle belle plume !

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