Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Idées Révolutionnaires

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globule
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globule

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MessageSujet: Idées Révolutionnaires   Idées Révolutionnaires Icon_minitimeJeu 7 Nov - 6:23

C'est à lire, même si je ne suis pas d'accord avec son analyse. Idées Révolutionnaires 244157

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La Révolution française fut aussi une révolution des idées. En sapant les bases de l’Ancien Régime, les Lumières ont fondé la vie politique moderne. De la Déclaration des droits de l’homme (1789) à la prise du pouvoir de Napoléon Bonaparte (1799), en passant par la journée du 10 août 1792, les événements dramatiques se succèdent à un rythme exténuant.

Faisant revivre les débats qui se déroulent dans les assemblées, au sein des clubs, des sociétés et dans une profusion de journaux ou de libelles, Jonathan Israel distingue trois courants de pensée : les Lumières radicales, les Lumières modérées et la mouvance populiste. La tendance « radicale » se bat pour une démocratie sans restriction, fondée sur l’universalisme et la laïcité. La deuxième – « modérée » – est plus conservatrice. Elle entend préserver la monarchie et s’inspire notamment de l’Angleterre. Le dernier courant, le populisme autoritaire, prend forme au cours de la Révolution et n’a pas d’antécédent. Incarné par Robespierre, ce mouvementse réclame du peuple et de Jean-Jacques Rousseau. Il impose la Terreur, corrompant les principes mêmes des Droits de l’homme.

Avec verve et un rare talent de polémiste, Jonathan Israel bouscule l’histoire de la démocratie. Il rappelle à quel point la Révolution française fut novatrice en la matière, malgré la violence qui l’accompagna – et sur laquelle il ouvre une réflexion originale. On entend ici les voix d’une foule d’acteurs, plongeant le lecteur au coeur des événements en France, en Europe, au Proche-Orient et dans le monde atlantique. L’onde de choc s’étend aujourd’hui encore…

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Chakton

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MessageSujet: Re: Idées Révolutionnaires   Idées Révolutionnaires Icon_minitimeVen 8 Nov - 8:08

J'ai un interview avec l'auteur tongue

«Sans l’histoire des idées on ne peut pas comprendre le sens de la Révolution française»


  • FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - L’analyse matérialiste des révolutions est trop réductrice estime l’historien américain Jonathan Israël. Selon lui, il est essentiel de connaître les soubassements intellectuels de ces soulèvements populaires pour les comprendre en profondeur.

    Par Eugénie Bastié


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La liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix. Bridgeman Images/RDA/Bridgeman Images

Jonathan Israël est professeur d’histoire à l’Institute for Advanced Study de Princeton. Il est l’auteur d’Idées révolutionnaires - une histoire intellectuelle de la Révolution française (Buchet-Chastel, 2019).

  • LE FIGARO.- Dans votre livre, vous critiquez la vision matérialiste de la Révolution française, en mettant en avant le rôle des idées dans le processus révolutionnaire. Diriez-vous que les causes économiques furent secondaires dans la révolution?

Jonathan ISRAËL. - Les révolutions doivent être étudiées à la fois au niveau du peuple et au niveau des avant-gardes intellectuelles qui les dirigent dans une direction particulière. Le grand périple de la Révolution française, de la prise de la Bastille aux démonstrations ayant accompagné la prise de pouvoir des Montagnards en mai 1793 doivent être compris en termes de sentiments et émotions populaires, et le contexte socio-économique est très important pour comprendre ce mouvement. La force révolutionnaire collective vient du peuple, mais la direction vient de l’élite. L’avant-garde révolutionnaire s’empare de la colère et lui donne une direction.

Une révolution échoue si elle ne peut pas fournir un programme et un encadrement idéologique.

En Belgique par exemple, il y a une révolution à la même époque en 1789, encore plus nationale que la française, car tous les artistes, étudiants, et même les prêtres l’ont rejointe pour attaquer le gouvernement de Joseph II. Mais l’élite se battait contre la sécularisation des universités et la politique de tolérance, fustigeant un gouvernement athée qui était en train de rendre la société et le pays moins catholique. Au même moment en France la révolution prend un tournant opposé, car elle a été captée par une élite totalement différente.

  • Est-ce spécialement le cas en France, ou bien toutes les révolutions sont d’abord des révolutions d’idées?


C’est le cas pour toutes les révolutions, l’américaine, la française, la russe. Les facteurs socio-économiques expliquent la force brute, mais l’histoire intellectuelle explique la direction idéologique vers laquelle tend la révolution. Je pense qu’une révolution échoue si elle ne peut pas fournir un programme et un encadrement idéologique.

  • Vous mettez en avant le rôle de la presse dans le processus révolutionnaire. Pourquoi?


La presse a eu un rôle déterminant dans la Révolution française. Les intellectuels ont écrit le script de la Révolution. Mais en 1789, la liberté d’expression ou d’opinion ne signifie rien pour la plupart des gens. Moins de 1 % d’entre eux étaient républicains en France. Ce sont peut-être 100 personnes qui ont fait la Révolution, la moitié de modérés, l’autre de radicaux.

La presse est le moyen par lequel un petit groupe va transformer le cours de la Révolution française.

Sans l’histoire des idées on ne peut pas comprendre le sens de la Révolution française. La presse est le moyen par lequel ce petit groupe va transformer le cours de la Révolution française. Après la chute de la Bastille, il y a tout à coup une totale liberté de la presse et du théâtre, des centaines de pamphlets sont publiés, des affiches sont publiées partout dans la rue. La presse était indispensable pour une petite avant-garde pour créer une culture révolutionnaire plus large.

  • Vous distinguez trois écoles de pensée à l’intérieur de la Révolution française. Quelles sont-elles?


Il y a deux tendances principales de la révolution qu’on retrouve d’ailleurs aux États-Unis: le républicanisme démocratique et le républicanisme aristocratique ou monarchisme constitutionnel. Ces tendances correspondent à des tensions qui existaient dans les Lumières occidentales avant 1789, entre Lumière modérées et Lumières radicales. Voltaire à la fin de sa vie était très inquiet au sujet de la division de plus en plus forte parmi les philosophes qu’il qualifiait de «guerre civile».

D’un côté, il y a les Lumières modérées (Montesquieu, Voltaire) qui attaquent la religion et veulent un clergé moins puissant et la modernisation des institutions, à travers une élite éclairée en alliance avec le roi et l’aristocratie. De l’autre, les Lumières radicales (Diderot, d’Holbach et plus tard Condorcet) qui eux mettent en avant une alliance consubstantielle entre les prêtres et les rois qu’il faut renverser en même temps. Enfin, il y a la tendance du populisme autoritaire de la Montagne, qui n’a jamais eu son équivalent aux États-Unis (à part peut-être aujourd’hui avec Trump).

La tradition de républicanisme autoritaire a été reprise aujourd’hui par ceux qu’on appelle « populistes ».

Robespierre est un rousseauiste passionné, et en particulier des aspects «anti-Lumières» de Rousseau. Rousseau n’a pas été l’inspirateur du républicanisme démocratique car il ne croyait pas à la représentation. Il croyait en la volonté générale indivisible, qui sera reprise par la terreur, même si lui-même était moins radical politiquement qu’on ne le pense. Je pense que cette tradition de républicanisme autoritaire a été reprise aujourd’hui par ceux qu’on appelle «populistes». Tous les populismes réclament davantage de démocratie directe inspirée du refus rousseauiste de la représentation.

  • Vous vous opposez à la fois à l’historiographie jacobine et à celle développée par François Furet. Pourquoi?


La tradition de François Furet, selon laquelle Terreur et Révolution sont intimement liées est moins puissante dans le débat historiographique aujourd’hui, où la tradition jacobine reprend du poil de la bête. Il pensait à juste titre que l’interprétation marxiste de la Révolution française était fausse, mais il a donné ensuite selon moi une interprétation qui était elle aussi erronée. Il pensait que les révolutions créent leur propre culture politique à partir de l’expérience , et que la Terreur fut son moment de vérité. Je crois que c’est complètement faux, car tous les intellectuels de l’époque ayant une vue positive de la Révolution française sans exceptions, en Allemagne, en Angleterre, en Suisse, aux États-Unis, pensent que Robespierre est un monstre qui est en train de saper et détruire la Révolution, un désastre qui permettra aux ennemis de la Révolution d’assimiler les Lumières à la Terreur. Je crois que les Jacobins comme les furetiens se trompent en prenant la Révolution comme un bloc. Je suis très critique dans mon livre quant à la tentative de réhabilitation de Robespierre par une certaine historiographie alors qu’il n’était qu’un tyran n’ayant rien à voir selon moi avec les grands principes des Lumières.

https://www.lefigaro.fr/vox

On en attrape le tournis pour finir, dans toutes les interprétations divergentes de la Révolution. tongue

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pilayrou

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MessageSujet: Re: Idées Révolutionnaires   Idées Révolutionnaires Icon_minitimeVen 8 Nov - 10:46

Les idées commencèrent à circuler quand le vieux roi de 77 ans mourut, et que son neveu d'Orléans, dont on a dit qu'il se méfiait (car intelligent) commença à laisser la France bouger.

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MessageSujet: Re: Idées Révolutionnaires   Idées Révolutionnaires Icon_minitime

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