Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 La prison de La Force

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pimprenelle

pimprenelle

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Date d'inscription : 23/05/2007

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MessageSujet: La prison de La Force   La prison de La Force Icon_minitimeDim 2 Aoû - 10:27

De sinistre mémoire, puisqu'il fut le lieu de détention de la pauvre princesse de Lamballe. Sad

La prison de La Force est un hôtel particulier qui fut transformé en maison de détention et servit de prison pour la ville de Paris entre 1780 et 1845.

En 1780, Louis XVI racheta l'hôtel de Brienne. On construisit un bâtiment nouveau en pierre de taille et les deux parties de l'ancien hôtel furent transformées en une maison de détention divisée en deux prisons : la Grande-Force pour les hommes et la Petite-Force destinée aux femmes.



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Plan des prisons de la Grande Force (1782-1850) et de la Petite Force (1785-1850)© Musée Carnavalet

L’hôtel de La Force avait son entrée 2 rue du Roi de Sicile et bordait toute la rue Pavée actuelle. Embelli pendant tout les XVIIe et XVIIIe siècles par le duc de Caumont La Force et les financiers Pâris, il fut transformé en 1780 par l’architecte Giraud en une maison de détention destinée à remplacer le For l’Evêque. Cette prison prit le nom de "Grande Force". Trois ans plus tard, Louis XVI ordonna la fermeture de la prison Saint-Martin et prescrivit qu’ « elle soit remplacée par un établissement dépendant de l’hôtel Lamoignon et attenant à l’hôtel de la Force auquel cet établissement serait réuni. » On affecta la partie de l’hôtel Lamoignon touchant à la Force à une prison dont l’entrée était 22 rue Pavée. Ce fut la "Petite Force". Cette prison réservée aux femmes, distincte de la Grande Force, avait son concierge propre et ne communiquait avec sa voisine que par le chemin de ronde commun et par les égouts.


Selon Le Moniteur universel, dans la journée du 2 septembre, les prisonniers pour dettes furent évacués de la Grande-Force, ainsi que vingt-quatre femmes de la Petite-Force. Toujours selon le Moniteur, d'autres prisonniers, soupçonnés d'avoir fabriqué de faux assignats, furent assassinés. Le 3, un tribunal populaire se forma dans la prison, que vint inspecter Jacques-René Hébert. Une partie des détenus de la Force furent acquittés, notamment Weber, mais d'autres furent sommairement exécutés après une condamnation rapide, malgré les efforts de certains membres de la commune et le peu d'enthousiasme manifesté par la foule qui applaudissait au contraire quand un prisonnier était relâché. La princesse de Lamballe, proche amie de la reine Marie-Antoinette d'Autriche, se trouvait à la Petite-Force. Elle fut transférée à la Grande-Force, devant le tribunal d'Hébert, puis assassinée par les septembriseurs alors qu'elle était conduite hors de la prison. Ce fut la seule victime parmi les prisonnières.



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La Petite Force : façade
Source : gravure, imprimeur Beillet et Forestier, quai de la Tournelle 35. ©️ Musée Carnavalet - Histoire de Paris.

L'entrée de la Petite Force était située 22 rue Pavée. Le portail du bâtiment d’entrée à un niveau était dû à Pierre Desmaisons (1711-1795), architecte du roi.



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La Petite Force : cour intérieure
Source : gravure, imprimeur Beillet et Forestier, quai de la Tournelle 35. ©️ Musée Carnavalet - Histoire de Paris.

Ouvert en 1782, l'Hôtel de la Force garde dettiers, vagabonds et déserteurs, ainsi que des petits délinquants.
Son organisation suit les principes théoriques de la « bonne prison » :
elle possède plusieurs cours de promenade et des quartiers de détention permettant de séparer les détenus selon leur sexe et leur catégorie pénale.
Elle abrite en outre une chapelle et une infirmerie. La Petite Force se conforme aux mêmes principes mais dans un espace bien plus réduit, destiné à la seule réclusion des femmes.



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Prison de la Grande Force : entrée (1841)
Source : Rue saint-Antoine et rue des Ballets. Imprimeur Beillet et Forestier, quai de la Tournelle 35. ©️ Musée Carnavalet - Histoire de Paris.

Vue de la prison de la Grande Force, de la rue saint-Antoine. On distingue sur ce dessin le premier bâtiment de l'entrée de la prison et les étages supérieurs du bâtiment de détention,
séparé de l'entrée par un chemin de ronde ici invisible. La rue des Ballets (parfois orthographiée "des ballays") desservait l'entrée de la prison de la Grande Force.
Elle débutait à angle droit de la rue Saint-Antoine et ouvrait à gauche sur la rue perpendiculaire "du roi de Sicile".
Elle fut prolongée et renommée rue "du sous-lieutenant Malher" (actuelle rue Malher) en mémoire du militaire tué sur les barricades le 24 juin 1848,
"pour la défense des lois et de la République" (extrait de l'arrêté présidentiel du 27 mai 1849).



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Grande Force. Cour intérieure (1827)
Source : Rue du roi de Sicile. Imprimeur Beillet et Forestier, quai de la Tournelle 35. ©️ Musée Carnavalet - Histoire de Paris.

De 1817 à 1821, l’architecte des prisons du département L. P. Baltard reprit la distribution des bâtiments des deux prisons :
il aménagea des petites chapelles, des bains, des égouts et des fosses d’aisances.
Des devis de travaux furent signés en 1839 par le préfet Rambuteau mais la décision de destruction fut votée le 10 septembre 1840,
en même temps que le principe de la construction d'une nouvelle prison, boulevard Mazas.
La fermeture de la prison de la Grande Force fut effective le 26 mai 1850. La démolition se poursuivit pendant l’année 1851.
Des pans de murailles sont toujours visibles à l’arrière des bâtiments de la caserne de pompiers, rue de Sévigné et rue Pavée.
L’actuelle rue Mahler traverse l’emplacement des deux prisons.



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La Grande Force et la borne sur laquelle fut décapitée la princesse de Lamballe
Source : Dessin de M. Polémon père, greffier de la Force en 1808. Imprimeur Beillet et Forestier, quai de la Tournelle 35. ©️ Musée Carnavalet - Histoire de Paris.


La distinction entre la Grande et la Petite Force cessa d’être observée à partir de 1792. On distingue sur ce dessin des gardes dans la rue du roi de Sicile qui longe l'entrée et la façade sud de la Grande Force. Cette voie étroite portera le nom, de 1792 à 1799, de "rue des droits de l'Homme". Pendant les « massacres de septembre », la prison renfermait Mme de Tourzel et sa fille, trois femmes de chambre de la reine Marie-Antoinette, et la princesse de Lamballe qui avait été transférée du donjon du Temple à la Force le 19 août. Elle fut sauvagement assassinée le 3 septembre après un simulacre de procès au sein de la prison, son corps inhumé dans le cimetière de l’hospice des Enfants trouvés faubourg Saint-Antoine, et sa tête promenée au bout d’une pique jusqu’au donjon du Temple puis au Palais Royal. La prison de la Force continua à recevoir des détenus politiques relativement bien traités mais le régime de la Terreur s’instaura en mai 1794 et des dizaines de prisonniers furent guillotinés par ordre de Fouquier Tinville.

sources:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Prison_de_La_Force
https://criminocorpus.org/fr/musee/histoire-des-prisons-de-paris/detruites-au-19e-siecle/?start=16

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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: La prison de La Force   La prison de La Force Icon_minitimeDim 2 Aoû - 11:10

Merci Pim pour sur ce sujet si complet! La prison de La Force 914132

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