Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Un peuple et son roi de Pierre Schoeller

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madame antoine

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Sam 29 Sep - 7:20

Cher Pepe 12547, que trouvez-vous étonnant ?

Bien à vous

madame antoine

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pepe12547

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Sam 29 Sep - 7:47

madame antoine a écrit:
Cher Pepe 12547, que trouvez-vous étonnant ?

Bien à vous

madame antoine

Bonjour madame antoine
Je suis désolé d'avoir été mal compris. J'ai lu cet article très critique et je me demande à quel point le film sera vraiment bon.
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Chakton

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Sam 29 Sep - 7:59

Hello !

Je ne peux pas vous aider, les amis, vu que je n'ai pas encore vu ce film et que je ne compte pas y aller. Enrico et Heffron avaient tout dit en 1989.
http://maria-antonia.forumactif.com/t255-les-annees-lumieres-enrico-et-les-annees-terribles-heffron-avec-jane-seymour


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de La Reinta

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Sam 29 Sep - 8:27

Risque pas non plus. Les costumes ne m'inspirent pas. Rolling Eyes Rolling Eyes

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Airin

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Sam 29 Sep - 11:23

Il est malaisé d'apporter encore une information révolutionnaire sur le film dont tout le monde parle, mais il me semble que ceci est inédit. Wink



La Maison d’éducation de la Légion d’honneur, institution scolaire réservée aux jeunes filles descendantes de décorés, a été en grande partie le décor du film de Pierre Schoeller Un peuple et son roi, qui retrace la révolution française de la prise de la Bastille à l’exécution de Louis XVI.



Le Parlement a été reconstitué dans le réfectoire de la Maison d'éducation.

(....)

Mais Schoeller n’en a pas fini avec la Révolution française. Il envisage de porter à l’écran la suite des événements. La crypte de la basilique de Saint-Denis pourrait être son nouveau terrain de jeu…

Accès libre à la totalité de l'article : http://www.lejsd.com/content/r%C3%A9volution-fran%C3%A7aise-chez-les-demoiselles
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globule
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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Dim 30 Sep - 14:22

Alors ? Faut vraiment se carapater jusqu'au cinoche ?

Grégoire Leménager, de "L'Obs", et Jean-Christophe Buisson, du "Figaro-Magazine", ne sont pas tout à fait d'accord.


https://www.nouvelobs.com/

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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Dim 30 Sep - 14:47

En effet, il n'est pas toujours facile de rendre compte des complexités de la Révolution Française au cinéma. Sad
https://www.books.fr/filmer-la-revolution/

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Avais-je atteint ici ce qu'on ne recommence point ?
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de Neubourg

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Dim 30 Sep - 15:20

Compagnons, nous devons à l'objectivité d'indiquer aussi les avis positifs. Wink
Je cite :

Le résultat est à la mesure de ces ambitions. Rien d’empesé ni d’académique dans ce film. On y chante on y danse, et quand le roi monte à l’échafaud, sous les yeux incrédules de la lingère Adèle Haenel et du sans-culottes Gaspard Ulliel, on a le souffle coupé, comme eux. Car le propre des grands films d'époque est de nous faire vivre l’Histoire au présent.
http://www.rfi.fr/culture/20180930-cinema-histoire-pierre-schoeller-revolution-fin-ancien-regime-peuple-son-roi
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madame antoine

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Mar 2 Oct - 11:34

Pour la petite histoire, le film a été partiellement tourné à Troyes, rue Larivey, l’une des plus emblématiques et les mieux conservées de cette époque. Voici effectivement un cliché retraçant le tournage.


Photo Jérôme BRULEY

L’équipe chargée des décors du film « Un peuple et son roi » redonne dont la sortie est prévue en 2018 embellie la rue bientôt dans la lumière.

madame antoine

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de La Reinta

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Mar 2 Oct - 19:39

Nouvelle évaluation moyenne

Les questions politique et du pouvoir semblent passionner Pierre Schoeller, déjà au cœur des intrigues de son précédent film, L’exercice de l’État. De fait, il paraît presque naturel de le voir s’attaquer à l’un des plus gros morceaux de l’Histoire française : la Révolution. De la prise de la Bastille en juillet 1789 à l’exécution de Louis XVI en janvier 1793, Schoeller retrace les destins de femmes et d’hommes du peuple croisant ceux de figures historiques (Marat, Robespierre, Danton, Marie-Antoinette, Louis XVI…) lors de ces temps troubles où résonnaient, des rues crasseuses de Saint-Antoine au Manège des Tuileries, les mots justice et liberté, révolte et patriotisme.

Schoeller, tout en axant son scénario sur une période déterminée et jalonné d’épisodes emblématiques (déclaration des droits de l’homme et du citoyen, fuite du Roi à Varennes, fusillade du Champ-de-Mars, naissance de la première République française…), évite un développement trop académique des faits en privilégiant davantage des instants, des suspensions, des ellipses et des visions parfois hallucinées. Mais alors que le film sait cultiver cette singularité dans la chronique des événements, il échoue à y apporter un souffle et une envergure, du romanesque aussi (on pense par exemple à La reine Margot de Patrice Chéreau qui, lui, avait su donner à l’Histoire un sentiment d’urgence et de frénésie).

Le film est comme figé dans sa volonté et de bien faire (les costumes, les décors, les discours fidèlement retranscrits et d’une surprenante modernité), et de se démarquer. Le montage n’arrange pas les choses, passant trop méthodiquement des scènes «du peuple» à celles de la monarchie (les débats à l’Assemblée, les actions du Roi), comme si chaque «partie» se devait d’avoir un temps scrupuleusement imparti, à l’instar de chaque actrice et acteur d’un casting aux allures de parterre d’une cérémonie des César. Ambitieux mais inégal, Un peuple et son roi aurait presque gagné à se scinder en deux films distincts pour apporter plus d’ampleur au projet, et sans doute moins de frustration.

3 étoiles sur 5 tongue
https://www.benzinemag.net/


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Chakton

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Jeu 4 Oct - 8:20

Qui trop embrasse mal étreint ? tongue

Un Peuple et son roi, nouveau film de Pierre Schoeller, nous invite à la mort d’un monde et la naissance d’un autre, avec toutes les hésitations et maladresses que cela suppose. Avec toutes les énergies aussi, à commencer par celle, surprenante, de la lumière d’un soleil qui réchauffe, enfin. Quand les tours de la Bastille sont s’effondrent pierre par pierre – occasionnant la perplexité de l’Oncle (Olivier Gourmet) souffleur de verre dans le quartier de l’Arsenal – le soleil entre à plein poumon dans la rue où s’entasse « le peuple ». « J’ai vu le soleil, il m’a touché la main », admire Françoise (Adèle Haenel) à laquelle répond Basile (Gaspar Ulliel), vagabond proscrit : « J’ai vu le roi, il m’a touché la tête ». Ce roi, aussi gras que les côtes du peuple affamé sont saillantes, gauche et lâche fuyant vers Varennes mais rattrapé et traîné illico dans Paris, contraint d’assister aux débats d’une assemblée nationale où à la tribune voltigent Robespierre (Louis Garrel), Marat survolté (Denis Lavant, formidable), Saint-Just, Barnave, Danton, et d’autres figures plus méconnues de la Révolution française qui débattent elles autour du four du maître verrier.

L’on sait gré à Pierre Schoeller d’éviter une évocation supplémentaire de la Révolution tout droit sortie des images d’Épinal. Mais réussit-il son pari à 16 millions d’euros, lequel sera probablement suivi d’un tome 2 sur les balbutiements de ce peuple « libéré du tyran » en projetant son sang à la vue de tous ? Peut-être, pas si sûr, enfin il faut voir. Cette réponse le cul entre deux chaises (à porteur) ne peut être tranchée aussi facilement qu’avec un coup de lame de Monsieur Guillotin. Pierre Schoeller a beaucoup lu, visiblement, s’entourant d’historiens spécialistes de la période, de toutes les chapelles. Sur le fond, Un Peuple et son roi oscille donc entre une lecture intentionnaliste à la François Furet, cherchant le compromis entre une culture totalitaire appuyée par l’avènement de la Terreur, favorisant l’émergence d’un moment libéral ; et une historiographie sociale d’inspiration marxiste qui sera notamment développée par Albert Soboul, thèses d’une prise de pouvoir de la bourgeoisie qui ouvrira la voie au capitalisme.


© (c) Jérôme Presbois

Sur la forme, à l’écran, cela se traduit par une galerie de portraits où chacun, à son niveau, tente d’apporter du grain à moudre à cette révolution naissante et dont personne ne sait au début où cela va réellement mener, dans des débats qui peuvent aussi bien se dérouler à l’Assemblée nationale que dans des clubs où participent aussi des femmes, qu’elles soient lavandières ou nourrices. Ça n’est d’ailleurs pas la moindre des qualités du film de Pierre Schoeller que de leur rendre cet hommage historique mérité et souvent trop oublié, les figures de la Révolution française se cantonnant généralement dans les deux extrêmes que sont Marie-Antoinette et Charlotte Corday… On regarde cette Révolution du point de vue de ceux qui l’ont faite, en faisant attention aux détails, à l’enchaînement des circonstances, en prenant grand soin des discours des députés et des chansons populaires des révolutionnaires.

De tout cela, Pierre Schoeller, avec un casting ébouriffant, mène Un Peuple et son roi en le faisant passer de la lumière aux ombres plus subtiles et inquiétantes de l’insurrection qui vient, qui est venue, et qui viendra encore, accouchant d’une Terreur qui n’est autre que le fruit de ce surgissement auquel on assiste depuis juillet 1789. Cette ombre au tableau prend deux formes : celle d’un cheval noir aperçu une première fois, indomptable, au manège royal qui sera transformé en siège de l’Assemblée nationale. La seconde vision furtive du sombre équidé est aux Tuileries, après un affrontement contre les gardes suisses, où on le voit hébété et perdu au milieu des cadavres. À ce cheval noir qui d’abord se cabre puis se laisse caresser le museau après le massacre répond le silence glacial d’un matin de janvier 1793, place de la Révolution, où le roi Louis s’avance vers son terrifiant destin dans lequel – il ne le sait pas encore – son peuple va le suivre… Aveuglé et sourd, comme l’Oncle qui perd la vue les yeux brûlés par la poudre, et Basile plongé dans le silence après un coup de fusil trop près des tympans.
F.S. pour https://blogs.mediapart.fr/

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madame antoine

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Jeu 4 Oct - 10:43

Voici également un commentaire.

Un Peuple et son roi: un film complaisant sur la Révolution

On espère toujours beaucoup d’un film sur la Révolution. Mais, avec Un Peuple et son roi, le réalisateur Pierre Schoeller nous livre une fresque partielle et partiale. Le grand film sur le sujet reste à faire.

Auteur en 2011 de
L’Exercice de l’État, un film beau et juste sur la question du pouvoir, Pierre Schoeller, après plusieurs années de recherche sur le sujet et de travail avec des historiens, nous livre un film décevant sur la Révolution française. Lui redonner sens, montrer l’importance de son aspect populaire d’un point de vue contemporain, telle est au fond l’entreprise d’Un peuple et son Roi. Le film suit la vie quotidienne et les amours d’un groupe d’artisans du faubourg Saint-Antoine dans la tourmente révolutionnaire. Un souffleur de verre et sa femme (Olivier Gourmet et Noémie Lvovsky), un pauvre hère, Basile (Gaspard Ulliel), et deux lavandières (Adèle Haenel et Izïa Higelin) parmi d’autres constituent le peuple. Louis XVI est interprété par l’excellent Laurent Lafitte, majestueux et grave.

Un peuple fantasmé

Il est bien entendu beaucoup question du peuple et au fond assez peu de son roi dans le film dont le but était pourtant de montrer les rapports qui les liaient, de nous éclairer sur leurs destins parallèles, de rendre compte du désamour progressif des Français à l’égard de son roi, Louis XVI.

Le film commence avec une très belle scène: le lavement des pieds des enfants misérables par le roi, le Jeudi saint de 1789. Puis nous nous retrouvons avec les artisans du faubourg Saint-Antoine. Bien malheureusement, la représentation à l’écran du peuple sonne faux. C’est un peuple de 1789 fantasmé par le cinéaste et perçu d’un point de vue de relecture de l’histoire très lié aux recherches contemporaines (celles de Patrick Boucheron et consorts entre autres). Dès lors ce parti-pris du film, voir la Révolution avec les yeux du peuple n’est pas juste. Nous assistons à une histoire partielle et partiale. De surcroît, certains personnages du peuple, Basile en particulier, ainsi que leurs histoires d’amour et de transmission du travail (celui de maître verrier) s’avèrent inutiles dans ce film qui, même si le cinéaste s’en défend, est une fresque historique et lyrique sur la Révolution.


Où est le roi ?

Le roi nous est très peu montré. Nous voyons son départ de Versailles pour les Tuileries à Paris, son voyage vers la capitale après son arrestation à Varennes. Rien de son procès ! Rien dans le film ne nous explique le désamour du peuple de France pour Louis XVI, ni la montée de son engouement pour la Révolution. Ni les raisons profondes, ni les tensions dramatiques qui lient les français à leur roi et les conduisent à accepter sa mort plus qu’à la souhaiter ou la décider ne sont explicités clairement. Nous ne revoyons le souverain qu’au moment de son exécution filmée avec recul et austérité. Fort heureusement, la superbe interprétation de Laurent Lafitte donne à Louis XVI toute sa majesté, sa grandeur et sa noblesse.

La partie le plus intéressante du film, de bien trop brèves et parcellaires scènes, nous montre les débats des députés de la Législative puis de la Convention. Robespierre, Marat, Danton, Saint-Just, Barnave… montent à la tribune et mènent les débats. Mais ceux-ci restent, malgré la fureur et la violence de certains propos, quelque peu pléthoriques car trop brefs. La durée du film, deux heures, est bien trop courte pour nous amener à comprendre la force du mouvement révolutionnaire, son idéologie, les rapports du peuple avec l’Histoire en marche.

La victoire en chantant

Indéniablement, le grand film ou une série de télévision sur la Révolution française reste à faire: une œuvre sobre et ascétique, qui ne saurait bien sûr oublier ni l’ampleur ni la fureur de l’époque insurrectionnelle, et dont les modèles filmiques pourraient être La Prise du pouvoir par Louis XIV de Roberto Rossellini et Le Procès de Jeanne d’Arc de Robert Bresson.

Lors des scènes de rues, de manifestations populaires, de révoltes et de toutes celles des débats se déroulant dans la salle du manège royal, le peuple montré est un peuple de pacotille totalement fantasmé dont les souffrances et les misères servent d’arguments d’autorité à une vision unilatérale de la Révolution. Les violences commises par les sans-culottes sont invisibles hormis celles de la prise des Tuileries, le 10 août 1792, dont la représentation est très édulcorée. Ainsi, le 6 octobre 1789, au lendemain de la marche des femmes du 5 octobre 1789, pour réclamer du pain, il n’est jamais question des têtes de gardes suisses fichées sur des piques lors du cortège royal revenant à Paris. Les massacres de septembre 1792 qui ont fait plus de 1300 morts ne sont pas évoqués… Peu de scènes d’émeutes ou de cruautés populaires à l’image. Jamais le film nous amène à comprendre les enjeux réels de la Révolution, les manipulations du peuple par une bourgeoisie avide de pouvoir, la malhonnêteté et la cruauté fondamentales des meneurs de l’insurrection qui va conduire, dans les mois qui suivent, à la Terreur sans pitié qui va ensanglanter la France.

https://www.causeur.fr/

Le moins que l'on puisse effectivement dire, c'est que les avis sur ce film sont partagés.

Bien à vous

madame antoine

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epestein

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Ven 5 Oct - 11:59

"Un peuple et son roi", un film qui s'abuse
On regrette, à défaut de sérieux historique, le lyrisme raté du film et par suite son manque de souffle.
https://www.huffingtonpost.fr/claude-quetel/un-peuple-et-son-roi-un-film-qui-sabuse_a_23546834/




"Un peuple et son roi" appartient à cette catégorie de films annoncés à son de trompe dans les médias et encensés par avance (un esprit curieux se demanderait par quels ressorts une telle publicité). Une succession de tableaux historiques nous conduit du lendemain de la prise de la Bastille jusqu'à l'exécution du roi. Dès le premier tableau, on est édifié: l'arrachement de la pierre d'une des tours donne aussitôt de la lumière aux rues avoisinantes – on pense au cinéma soviétique de la grande période!

Tout au long de cette promenade quelque peu chaotique, le réalisateur Pierre Schoeller entend glorifier, sanctifier même, ad nauseam, le "Peuple", véritable acteur selon lui de la Révolution française. Non pas le peuple de France avec une minuscule et 26 millions d'habitants mais le "Peuple" de Paris avec une majuscule –en fait quelques milliers de petits artisans, d'ouvriers et de chômeurs des faubourgs de l'Est parisien sur les 600.000 habitants que compte alors la capitale. Certes, c'est avec les minorités qu'on fait les révolutions mais à l'instar des bolcheviks, elles ne prétendent pas être le peuple au sens ontologique mais parler et gouverner en son nom. Et c'est bien là que le bât blesse dans ce film qui s'emploie tout du long à vouloir nous faire croire que ce Peuple (un souffleur de verre, des lavandières, un voleur de poules repenti) sans cesse généreux, merveilleux, pétri d'humanité profonde, ait pu être un décideur, à tout le moins un déclencheur de la Révolution.

La marche des femmes sur Versailles les 5 et 6 octobre 1789? Une provocation orchestrée à partir d'une fake news (eh oui, déjà) selon laquelle des officiers du régiment de Flandres arrivé depuis peu à Versailles, auraient piétiné la cocarde tricolore (légende qui a encore la vie dure). On ajoutera, pour ce tableau, que le réalisateur aurait pu éviter de faire marcher lesdites femmes pieds nus pour mieux nous attendrir. Personne ne marchait pieds nus en 1789! En fait, ce "magnifique élan" du peuple des femmes a été mu par l'activisme des Jacobins -la gauche de l'époque (c'est même à ce moment que naît le terme), le terrorisme du Club des Jacobins, véritable contre-Assemblée subversive qu'on n'aperçoit évidemment pas dans ce film. On ne voit que l'Assemblée nationale, bien sage au demeurant, où chacun peut y aller de son discours, en dépit de quelques interventions, alors que le chahut et l'intimidation régnaient en permanence.

La fusillade du Champ-de-Mars, le 17 juillet 1790 ? Une autre provocation ourdie notamment par Danton au Club des Cordeliers, foyer de l'activisme sans-culotte. L'assaut des Tuileries le 10 août 1792 qui entraîne la chute de la royauté? Un véritable putsch monté de toutes pièces par la Commune insurrectionnelle. "Nous sommes arrivés au dénouement du drame constitutionnel", écrit Robespierre le 9 à Couthon, autre Jacobin. Quant à la section des Quinze-Vingts (celle justement du Faubourg Saint-Antoine que met si complaisamment le film en scène), elle a été mise en alerte dès le 4 août. Pas de "spontanéisme des masses" dans tout cela. Pas un peuple sujet qui dit "je" mais un peuple objet, masse de manœuvre sans cesse manipulée par la surenchère des meneurs successifs d'une révolution qui se dévore elle-même.

La figure du roi est tout aussi irréaliste. Ce Louis XVI est trop concentré, trop roi si l'on ose dire. Avec une pareille démarche, un pareil regard, il ne se serait pas laissé piétiner par les événements. Quant à la scène ridicule au cours de laquelle il rêve et voit se dresser devant lui Louis XIV, Henri IV et Louis XI qui lui reprochent sa faiblesse, elle a au moins le mérite de nous offrir cette proclamation proposée comme insane mais si vraie: "L'Histoire ne nous fait pas. Nous faisons l'Histoire". Et l'on comptera pour péché véniel Louis XVI faisant librement et fièrement le tour de l'échafaud!

Nous émeut-il au moins ce pseudo-peuple qui aurait fait l'Histoire? Pas même... On regrettera, à défaut de sérieux historique, le lyrisme raté du film et par suite son manque de souffle. Les quelques personnages du "Peuple" sont appliqués, démonstratifs mais on ne s'y attache pas, à l'exception peut-être du joli bébé qui sourit à la fin du film et qui veut à l'évidence nous suggérer un avenir meilleur, des lendemains qui chantent. C'est une petite fille. Née en 1792, mariée en 1810, on peut gager que son mari sera tué lors d'une guerre napoléonienne, lors de la campagne de Russie sûrement. Veuve parmi tant d'autres et chargée d'enfants, elle pourra méditer tout à loisir sur les victoires du "Peuple" et sur les droits de l'homme et du citoyen.
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Twiny

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Sam 6 Oct - 12:06

Carrément !

« Un peuple et son roi » : une histoire mélenchoniste de la Révolution
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Thainville

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MessageSujet: A mon avis un bon film   Dim 7 Oct - 11:14

Ce film innove par rapport à ce qui a été fait avant.
Sans parler des images et de la qualité des reconstitutions ; j'ai particulièrement apprécié et pu vérifie auprès de personnes n'ayant que de vagues souvenirs scolaires la qualité didactique. Cela est dû qu'il ne s'agit pas d'une fresque comme il a été dit, mais de successions de focus sur certains événements déterminants comme le retour de Varennes et le "massacre du Champ de Mars"
Il est vrai que l'auteur s'est placé résolument du côté du peuple, en montrant comment un groupe d'artisans a vécu ces trois années. Si le portrait du Roi peu sembler peu flatteur, il n'y a aucune antipathie, simplement on pourrait lui prêter cette phrase d'Aragon : " moi si j'y tenais mal mon rôle, c'était de n'y comprendre rien ".
J'ai par contre trouvé dommage le manque de ressemblance de certains comédiens avec les personnages en particulier un Robespierre latinos au nez aquilin. Marat en revanche était excellent.
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de Neubourg

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Dim 7 Oct - 22:05

Thainville a écrit:
Ce film innove par rapport à ce qui a été fait avant.
Sans parler des images et de la qualité des reconstitutions ; j'ai particulièrement apprécié et pu vérifie auprès de personnes n'ayant que de vagues souvenirs scolaires la qualité didactique. Cela est dû qu'il ne s'agit pas d'une fresque comme il a été dit, mais de successions de focus sur certains événements déterminants comme le retour de Varennes et le "massacre du Champ de Mars"
Il est vrai que l'auteur s'est placé résolument du côté du peuple, en montrant comment un groupe d'artisans a vécu ces trois années. Si le portrait du Roi peu sembler peu flatteur, il n'y a aucune antipathie, simplement on pourrait lui prêter cette phrase d'Aragon : " moi si j'y tenais mal mon rôle, c'était de n'y comprendre rien ".
J'ai par contre trouvé dommage le manque de ressemblance de certains comédiens avec les personnages en particulier un Robespierre latinos au nez aquilin. Marat en revanche était excellent.

Cher Thainville, merci pour cet avis tout en nuances. Very Happy

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pimprenelle

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Dim 7 Oct - 22:09

Oui, merci, mes amis.

Comme je ne suis toujours pas pressée de voir ce film, qui montre si peu de Marie Antoinette , je me réfère à vous, et aux avis que je glane sur le net.

Ici, au sujet du roi :

  • Enfin reste une ambiguïté autour du régicide. Laurent Lafitte campe un Louis XVI certes pas caricatural mais qui a fait son temps. On assiste à la désincarnation du monarque absolu, qui ne peut plus gouverner comme avant, ce qui ne peut se conclure que par sa mort. Son sang qui rejaillit sur les mains des enfants au pied de la guillotine induit un peu trop une faute, une culpabilité qui n’a pas lieu d’être.


Vous retrouverez toute la critique de Jean-Marc Bourquin ici : https://npa2009.org/idees/culture/un-peuple-et-son-roi

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Chakton

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Mar 9 Oct - 21:46

Un peuple et son roi, c'est l'histoire de deux entités irréconciliables, qui peu-à-peu vont divorcer. Il faut que l'un meure pour que l'autre vive : "Louis doit mourir pour que la patrie vive". C'est Robespierre, interprété par un sobre et excellent Louis Garrel, qui exprime, dans un discours qu'il a réellement prononcé en 1792, Les deux mondes sont inconciliables, l'ancien et le nouveau régime. C'est une passation de pouvoir, inéluctable, inexorable. De ce jeu de pouvoir, décisif, Pierre Schoeller fait le sujet de son film. La mise en scène suggère déjà les paradoxes, les difficultés d'un pouvoir royal à bout de souffle.

Bien entendu en 1789 quand tout commence, c’est un roi et son peuple, c’est cette hiérarchie immuable qui prédomine depuis des siècles. Mais en 1792 lorsque Louis XVI ( un remarquable Laurent Laffitte) monte sur l’échafaud, c’est un peuple et son roi, jusqu’à le tuer. En 3 ans, le rapport de force s’est inversé.

Aux scènes avec le roi s’opposent les scènes avec le peuple. On découvre ainsi le coeur de la Révolution parisienne avec le quartier du Faubourg Saint-Antoine aux pieds de la Bastille, historiquement c’est un des foyers de la Révolution avec les émeutes Réveillon, une manufacture du quartier en 1789.

Pierre Schoeller veut remettre le peuple au coeur de la révolution : un verrier (Olivier Gourmet, parfait comme à son habitude) qui travaille dans l’ombre de la forteresse de la Bastille, des lavandières (Adèle Haenel, Isia Higelin, Céline Sallette), des orphelines, des filles de rien, des garçons pauvres et sales, souvent illettrés. Eux aussi sont pris dans les soubresauts de la Révolution.

On trouve aussi de nombreux révolutionnaires que l’on prend plaisir à suivre dans leurs tractations à l’assemblée constituante : le terrible Marat - presque terrifiant (Denis Lavant), l’éloquent Danton, l’absolutiste Saint-Just, le flegmatique Robespierre. Les figures défilent à la barre, dans la confusion logique de l’époque, et se déchirent sur le sort de Louis XVI.

Les séances à l’Assemblée sont d’ailleurs assez passionnantes puisqu’on suit différentes visions de la République et de la Révolution sans que personne ne parvienne à la stopper ou à se modérer dans les faits. Il y a la théorie, les beaux discours, et la réalité.

Le film ne juge pas. C’est louable. La Révolution est une machine qui s’est emballée, dépassant ses partisans et ses créateurs.

La mise en scène est somptueuse : éclairage à la bougie, costumes et décors très réalistes, très documentés. Tout regorge de détails qui rendent vivant l’ensemble.
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Biname

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Jeu 11 Oct - 9:45

Oyez Oyez bonne gens ! Nous annonçons une projection spéciale de ce film en présence du réalisateur !


  • Où, quand, comment ?
    Vendredi 12 octobre à 21 h, Les Lobis à Blois.
    Master class samedi 13 à 11 h 30, conseil départemental.


Entretien avec le réalisateur :
« Mon parti pris est assez simple, c’est celui du respect total des archives, explique Pierre Schœller. Nous avons tourné en lumières et décors naturels, nous avons utilisé les effets spéciaux uniquement en nous basant sur l’iconographie d’origine. » Quand l’équipe tourne sur les berges de la Seine dans un port ancien du côté de Fontainebleau, une partie de l’image est totalement réaliste ; mais le fond de l’image est travaillé numériquement pour refléter le Paris historique. Visuellement, le travail est scrupuleux et doit permettre de plonger en 1789. « Il faut passer par une phase d’oubli pour se laisser emmener dans le passé. Je suis en contrepoint de toute tentative de “ contemporainiser ” l’image. La ligne artistique est également de cet ordre, pas question d’oublier un gobelet dans le plan ! »

Après la projection vendredi soir, Pierre Schœller ne manquera pas d’expliquer son travail au public blésois. Encore plus le lendemain matin au cours d’une master class où il sera également beaucoup question d’histoire. « On ne peut pas faire un film sur trois ans et demi aussi denses sans avoir solidement travaillé la dimension historique. J’ai travaillé avec quatre historiens qui étaient mes conseillers, mais j’en remercie au générique une dizaine, jusqu’à Jules Michelet dont la lecture a été précieuse. J’ai lu les biographies de Louis XVI, Robespierre, Saint-Just, je me suis documenté sur beaucoup d’endroits et sur des thématiques comme le peuple à cette époque bien précise, les chansons, etc. J’ai veillé à ce que mon regard de cinéaste ne déforme pas trop les faits. Ensuite j’ai suivi des fils, fait des rapprochements qui me sont propres. » Pierre Schœller a par exemple fait le choix de très peu évoquer Marie-Antoinette, l’une des figures les plus emblématiques des représentations populaires sur la Révolution française. « J’ai voulu que les spectateurs soient avec la Révolution ! »

Pierre Schœller rêvait aussi de venir à Blois. Alors en tant que président du cycle cinéma… « J’en suis très ému. La puissance des images, j’y pense tous les jours ! »
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Chakton

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Jeu 11 Oct - 10:52

Nouveau son de cloche tongue

  • Ce drame est le quatrième film de Pierre Schoeller, réalisateur du déjà très politique « L’Exercice de l’État »(2011, avec Olivier Gourmet et Michel Blanc). Un peuple et son roi est un bon film historique et humaniste, mais avant tout, donc, très politique. Cet aspect, concernant le sujet, n’a été que peu abordé au cinéma jusque là. Et l’abord, ici, est passionnant. Un peuple de l’Arsenal conquiert sa souveraineté, dans une époque complexe durant laquelle il espère que le Roi soit déchu. Ce peuple s’arme de courage et d’insoumission au nom de la liberté, pour laquelle il est prêt à perdre la vie. Il est intéressant de ressentir combien l’idée de Révolution résonne à l’heure actuelle, et comment il nous est donné à apprendre dans le film (qui est très didactique). Pierre Schoeller défend la révolution française dans un film d’ambition, il est en quête de vérité historique. Son film est populaire et propose une vision originale à propos des aspirations du peuple français en lutte. Les reconstitutions décorative et historique nous placent au cœur de la rue, avec le peuple (terme que les révolutionnaires n’apprécient guère). Un peuple et son roi est aussi très esthétique et bien joué. La photographie et la lumière sont particulièrement travaillées, et tous les interprètes sont vifs, ils ont une justesse de jeu, une joute oratrice admirables. Par contre, la distribution accorde tant de présence à de nombreux acteurs prestigieux que cela perd en authenticité d’ensemble. A noter qu’Adèle Haenel est capable d’une charge émotionnelle fantastique, elle porte beaucoup le film. Ce dernier manque tout de même de peps et accorde parfois des longueurs inutiles. C’est dommage.

https://www.37degres-mag.fr/culture/regards-68/

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pimprenelle

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Mar 16 Oct - 9:45

Pierre Schoeller explique son travail avec les historien :

Le premier rôle des historiens lorsqu’ils interviennent dans la préparation d’un film est celui de l’expert. Qu’est-ce qui est exact ou pas ? « Cela nous oblige à nous poser des questions très précises, par exemple pour “ Un peuple et son roi ”, comment on s’agenouille, très précisément, devant un roi », explique Guillaume Mazeau. Historien spécialiste de la Révolution française, il a participé avec beaucoup d’autres au film de Pierre Schoeller, actuellement en salles. « Je conçois cet échange comme un don contre un don. Ils m’aident à l’écriture du scénario et je les invite à poursuivre l’aventure au tournage ou au montage. Quand Sophie Wahnich est arrivée sur la scène du Manège et a vu Denis Lavant pour la première fois, elle a failli s’évanouir. Elle m’a dit “ j’ai vu Marat arriver devant moi, je me suis dit qu’est-ce que je fais ? Et j’ai fait un selfie ! ” »

Pierre Schoeller conçoit la relation des historiens aux personnages qu’ils étudient empreinte d’empathie, de chair. « Tous se font leur visualisation à force de travail sur les images et surtout les textes. Avec les cinéastes, ils se font parfois violence ! » Comme face à Louis Garrel en Robespierre, qui peut surprendre. « J’ai pensé un temps à confier le rôle à Dany Boon, pour son accent ch’ti qui était celui de Robespierre. Cela en est resté là ! » Guillaume Mazeau et Antoine de Baecque, également spécialistes de la période, sont en revanche en parfaite adéquation avec le choix de Laurent Lafitte pour incarner Louis XVI.



Regards croisés sur la Révolution entre Antoine de Baecque, Pierre Schoeller et Guillaume Mazeau.
© (Photo NR, Jérôme Dutac)


“ Ce film n’est pas une leçon d’histoire ”

« Ce fut le roi le plus réformateur, l’image qu’on en donne communément est fausse. Il n’était pas non plus ventripotent, c’est une image des Révolutionnaires. Lui donner de l’épaisseur et une dimension politique est choix judicieux », explique Guillaume Mazeau. Pierre Schoeller a choisi Laurent Lafitte car il était grand et qu’il voulait composer un personnage au plus juste. Le cinéaste rend aussi hommage au rôle prédominant des femmes, notamment à travers la Marche d’octobre, qui est souvent passée sous silence. « Ce sont les points forts du film, avec cette vision des événements par le peuple. Mais nous avons des points de divergence. Par exemple, ce peuple aurait dû, pour une question d’équilibre, être montré également sous son aspect sanguinaire. » Mais là, le cinéaste assume son point de vue artistique : « Nous sommes tous d’accord, ce film n’est pas une leçon d’histoire. C’est un récit, un point de vue, mais je pense que la mise en scène est en lien avec la connaissance. » Pierre Schoeller, avec humilité, à l’heure de se poser la question de la puissance des images, a convenu que ce ne seront certainement pas les siennes qui façonneront à long terme notre imaginaire commun de la Révolution. Mais bien celles des historiens.
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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Mar 16 Oct - 21:14

Rare : la Marie-Antoinette du film



Joli brin de fille !

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Mer 17 Oct - 6:50

globule a écrit:
Rare : la Marie-Antoinette du film



Joli brin de fille !

Oui
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globule
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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Mer 31 Oct - 10:44

Avis dans France Culture
https://www.franceculture.fr/emissions/la-conclusion/la-revolution-francaise

J’avais neuf ans l’année du bicentenaire de la révolution française. J’étais trop jeune pour participer au spectacle municipal mais je revois distinctement le costume de ma sœur, en tulle synthétique, et le petit atelier de fabrication de cocardes tricolores qu’on avait installé à la maison pour fournir toute l’école.

Si une nouvelle révolution éclatait je saurais facilement reconstituer ce petit outil industriel.

Le spectacle en tant que tel était plutôt ridicule et je serais beaucoup plus marqué par la projection de l’immense tête bleutée de Robespierre sur le mur du château de Lassay, au cœur du pays chouans. Je me souviens ainsi du noir total qui se faisait au moment où la guillotine libérait sa lame chuintante, et je n’étais pas certain que le figurant qui jouait l’incorruptible avait pu se retirer à temps.

Aucun souvenir, sinon, du grand défilé parisien, ou bien je le confond avec la cérémonie d’ouverture des jeux d’Albertville.

Ce qui m’avait marqué, enfin, en 1989, c’était le téléfilm à peu près officiel qui avait été diffusé dans les écoles. Il avait dû faire l’objet de plusieurs séances puisque je revois distinctement notre maîtresse chercher où nous en étions en repassant tout le film à l’envers.

C’est ainsi qu’on a vu, soudain, vision d’abondance digne des noces de Cana ou du lac de Tibériade, le blé fraîchement coupé repousser en abondance, comme si les faucilles des paysans avaient des pouvoirs thaumaturges. Je me souviens que tout la classe avait été éclaté de rire devant ce miracle du magnétoscope et ces blés infinis.

Je suis allé voir la suite de ce film, son reboot, 30 ans plus tard, et la scène était encore là : des paysans avec des faucilles courbés au milieu d’un champ.

La scène avait été remontée dans le bon sens et la récolte n’avait plus rien de miraculeux.

Le film, d’ailleurs, ne serait pas miraculeux non plus : on était samedi soir, à Opéra, et j’étais seul dans la salle.

Un peuple et son roi avait clairement échoué à trouver son public.

Le film, qui n’est pas sans maladresses, est sans doute le seul responsable de cette bouderie du public. Mais il n’est pas sans génie, aussi — maladresse et génie s’équilibrant dangereusement jusqu’à ma décision finale, subjective et largement irrationnelle, de le considérer comme un chef-d’œuvre.

J’ai dû m’ennuyer un peu, sans doute, pour avoir été un spectateur si réflexif.

Mais j’affirme, oui, qu’il y a du génie dans ce film, et ce dès sa première maladresse, quand un bébé meurt, sous un toit du faubourg Saint-Antoine, et que sa mère, en larmes, sort dans la rue pour recevoir le soleil en plein face, parce qu’on vient d’arracher une pierre à la Bastille.

Pierre Schoeller, son réalisateur, s’en tient, sinon, à son sujet avec une rigueur rare en réalisant vraiment un film sur la Révolution — sans doute la période de l’histoire dont nous connaissons le plus grand nombre de protagonistes : qui se souvient des ministres de Hollande, mais qui a oublié Danton ? Le réalisateur a plutôt bien réussi ces scènes imposées : voir fabriquer les tribunes de l’assemblée nationale, voir Marat s’y agiter — Denis Lavant signe là l’une des meilleures compositions qu’il m’ait été données de voir —, voir le roi s’y réfugier en famille, puis y être, enfin, condamné à mort : c’est exactement pour cela que j’avais eu envie de venir.

Mais ce que le réalisateur d’Un peuple et son roi a le mieux réussi, c’est le peuple et son roi.

Laurent Lafitte est magistral d’embarras, de petitesse et de grandeur — c’est un gros fruit confit dans une histoire que les autres ont faite et qui lui échappera toujours.

Le peuple, à côté de l'excellente, mais peut-être trop individuée Adèle Haenel, c’est Olivier Gourmet — figure d’un contentement inquiet, d’une plénitude un peu désabusée. Autant le roi était une figure de la transcendance, autant Olivier Gourmet est pure immanence.

Et la façon dont il accueille la mort du roi, avec satisfaction mais comme une sorte de sacre un peu triste, en fait l’une des plus jolies figure de modernes que j’ai vues au cinéma.

J’ai beaucoup aimé, enfin, la dernière maladresse du film : maître-verrier devenu aveugle, il apprend à Gaspard Ulliel à fabriquer une sphère transparente. L’allégorie est aussi lourde que l’objet est fragile, mais elle fonctionne : voilà soudain le monde, maintenant que le souffle ancien a été coupé net par la pince de la Révolution. Voilà le monde, il est fragile, saurez-vous, vous, peuples du futur, aveugles et démocrates, mieux en prendre soin que nous ?

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Airin

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MessageSujet: Re: Un peuple et son roi de Pierre Schoeller    Dim 4 Nov - 12:18

Il n'est pas trop tard pour aller voir ce film qui vaut ne fût-ce que par la magnificence de ses images. Wink

Le film s’ouvre par une scène magnifique : chaque jeudi saint, le roi lave les pieds d’enfants pauvres. Une dizaine d’entre eux, en robe rouge (pieds pas trop sales), sont présentés au roi qui les asperge d’eau tout en répétant qu’il n’est pas là pour « être servi mais pour servir ». Un des enfants dira « un jour j’aurai des sabots », laissant le roi totalement incrédule. L’histoire commence.

Elle se situe principalement au cœur d’une famille du faubourg Saint-Antoine, au pied de la Bastille. La communauté est organisée autour de l’oncle, artisan souffleur de verre. Tous vont prendre part à la Révolution. Dans la suite haletante d’événements et de combats, une conscience va naitre. C’est elle que le réalisateur Pierre Schoeller - qui a également réalisé "L’Exercice de l’Etat" - va saisir. On voit les femmes aller chercher la protection du roi à Versailles, puis vouloir le préserver de cette cour ignoble et le ramener à Paris. On ne croit pas à sa trahison jusqu’à sa fuite. On se demande s’il ne faudrait pas alors se choisir un autre roi. Françoise a beau être parmi les plus radicales en faveur de la liberté et de la Révolution, elle cache précieusement un mouchoir abandonné par la Reine. Son Basil aussi est courageux dans le combat mais il est bouleversé que le roi ait apposé sa main sur sa tête. La famille pétitionnera pour la République et la mort du roi… sauf une femme qui posera cette question angoissée « qui lavera les pieds des pauvres le jeudi saint ? ». Ensemble ils vont inventer, pas à pas, un monde sans roi.

L’ouvrier souffleur et sa famille vont assister avec passion aux débats de l’Assemblée constituante. Comment ne pas reproduire un pouvoir de tyran ? Les arguments échangés sont de haute volée, aujourd’hui encore. Le citoyen Marat (magnifiquement interprété par Denis Lavant) tient ici une place de premier plan. Il plaide pour le despote républicain qui maitrisera la foule et sa violence. « Il est fou mais sans lui, la révolution manquerait de sel » dira l’oncle. L’autre figure qui émerge progressivement de cette assemblée est celle de Robespierre. A l’inverse de Marat, il est posé et n’enflamme pas les foules. Sa raison est contre le vote censitaire et contre la peine de mort. Il votera la mort du roi.

Pour qui aime la politique ce film est un puit de réflexion. Pour qui aime l’histoire aussi. On y voit enfin les femmes actives, jouant le premiers rôles… mais privées de paroles dans l’assemblée. Si elles sont accueillies dans le club des cordeliers c’est surtout parce qu’elles sont de « jolies femmes ». On y voit une vie de promiscuité, un Paris avant les berges empierrées de la Seine. On y voit la dureté des métiers, celui des lavandières, des souffleurs de verre, des faucheurs de blé. On y voit l’accouchement debout et la mort des nourrissons. Le film raconte la grande histoire mais ne se moque pas de l’histoire quotidienne.

Enfin, ce film vaut pour ses acteurs, vraiment tous formidables. Olivier Gourmet plante un superbe souffleur de verre, aristocratie populaire de ce temps. Adèle Haenel est une Françoise obstinée et intelligente. Louis XVI est remarquablement interprétée par Laurent Lafitte. Le film parvient à tous les faire vivre dans le tumulte, derrière une caméra qui reste posée sauf quand elle ose de courtes mais frappantes scènes oniriques.

Il reste encore des salles qui projette Un peuple et son roi. Allez-y.
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