Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 10 novembre 1716

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yann sinclair

yann sinclair


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MessageSujet: 10 novembre 1716   10 novembre 1716 Icon_minitimeSam 10 Nov - 15:41



Quand mon fils a reproché tout doucement à la Maintenon qu'elle le décriait, et l'a engagée à rentrer dans sa conscience, puisqu'elle savait que ce qu'elle disait était des méchancetés, elle a répliqué :
« J'ai répandu ce bruit parce que l'ai cru »

Mon fils lui a répondu:
« Non, vous ne pouviez pas le croire, sachant le contraire »

Là-dessus elle a répondu avec insolence, et j'admirais la patience de mon fils:
« Est-ce que la Dauphine n'est pas morte?  Ne pouvait-elle pas mourir sans moi? repartit mon fils; était-elle donc immortelle? »

Elle répliqua:
« J'ai été si au désespoir de cette perte, que je m'en suis prise à celui qu'on me disait en être la cause »
Mon fils lui dit:
« Mais, Madame, vous savez le compte qu'on a rendu au roi; que ce n'est pas moi, et que Mme la Dauphine n'a point été empoisonnée du tout  II est vrai, répliqua-t-elle, je n'en dirai plus rien »



Le feu roi me raconta une histoire au sujet de la reine de Suède, Christine; elle ne mettait jamais de coiffe de nuit, mais elle s'entourait la tête avec une serviette.

Une fois qu'elle ne pouvait dormir, elle fit faire de la musique auprès de son lit.

Comme le concert était de son goût, elle avança soudain la tête horsde ses rideaux et s'écria:
« Mort diable ! qu'ils chantent bien »

Les castrats et les Italiens, qui ne sont pas des plus braves, furent tellement épouvantés à l'aspect de cette étrange figure qu'ils demeurèrent muets, et il fallut que la musique cessât.

On voit encore à Fontainebleau, dans la grande salle, le sang de l'homme qu'elle a fait massacrer.

Elle ne voulait pas que tout ce qu'il savait sur son compte vînt à être connu, et elle pensait que les choses se divulgueraient si elle ne lui faisait pas ôter la vie.

Il avait déjà commencé à jaser par jalousie, car un autre était venu le supplanter dans ses bonnes grâces.

Elle était très-vindicative et livrée à toutes sortes de débauches, même avec les femmes.

Si elle n'avait pas eu autant d'esprit, personne n'aurait pu la souffrir.

Elle était redevable de ses vices à des Français, et surtout au vieux Bourdelot, qui avait été médecin du grand Condé, et qui l'a fortifiée dans tous ses dérèglements.

Elle pouvait parler de choses que les plus grands débauchés seuls peuvent imaginer.

Elle a forcé Mme de Brégy à des turpitudes, et celle-ci n'a pu se défendre. On a regardé cette reine comme une hermaphrodite.

Les Français qui étaient avec elle à Stockholm étaient des gens fort dépravés; ce sont eux qui l'ont amenée à tous ces désordres.

Le duc Frédéric-Auguste de Brunswick était charmé de Christine; il disait que de sa vie il n'avait trouvé aucune femme qui eût autant d'esprit et qui fût aussi agréable et aussi divertissante; il ne trouvait jamais le temps long auprès d'elle.

Je lui dis que j'avais entendu dire qu'elle parlait de la façon la plus licencieuse; il répondit que c'était vrai, mais qu'elle savait si bien arranger les choses qu'elles n'inspiraient pas de dégoût.

Cette reine ne pouvait plaire aux femmes, car elle les méprisait toutes en général.

1 Fagon, premier médecin du roi par le crédit de Mme de Maintenon, avait dit au roi que la cause de la mort de la Dauphine était le poison (Mémoires de Saint-Simon )

10 novembre 1116.
Notre reine était de la plus grande niaiserie2, mais la meilleure femme et la plus vertueuse du monde, qui avait de la grandeur el savait bien tenir une cour.

Elle croyait tout ce que le roi lui disait, le bon et le mauvais.


Elle avait de vilaines dents noires et gâtées.

On prétend que cela venait de ce qu'elle prenait tou
1 Les Mémoires de Mme je Motteville représentent Christine comme elle fut toujours, ridicule dans son accoutrement, indécente dans son maintien, libre dans ses manières, dans ses gestes, dans ses discours. Cependant Mme de Motteville ne raconte rien d'aussi fort que ce qu'a rapporté Brienne (Mémoires, 1828, t. II, p. 242), On ne sait ce qui doit surprendre le plus, ou de l'effronterie de Christine qui tenait un pareil langage à la reine devant les dames de la cour, ou de l'indulgence extrême de la duchesse de Longueville qui, dévote et janséniste, souffre
-cependant que Brienne lui redise ces étranges paroles, et qui en rit aux éclats.
Amelot de la Houssaye s'exprime ainsi dans ses Mémoires (t. II, p. 351):
« Bourdelot et le chirurgien Soreau ont fait leur fortune avec la reine Christine en sauvant les apparences de sa virginité par des remèdes abortifs. » On peut consulter, mais avec précaution, deux écrits publiés en Hollande : Histoire de la Vie de la reyne Christine, 1667, et Recueil de quelques pièces curieuses servant à l'esclaircissement de l'Histoire de la reyne Christine, 1668.
2 Marie-Thérèse ne mettait pas l'orthographe, comme le montre un billet inséré dans l'Histoire de Colbert, par M. Clément, p. 130. Du reste, celte ignorance ou cette négligence était alors chose générale. Saint-Simon mentionne « la bêtise et l'étrange langage de la reine. »jours du chocolat; souvent elle mangeait aussi beaucoup d'ail. Elle était grosse et petite, et avait une belle peau blanche. Quand elle ne marchait ni ne dansait, elle paraissait assez grande. Elle mangeait fréquemment et longtemps, mais c'étaient de petits morceaux, comme si c'eût été pour un petit serin. Elle ne pouvait renier son pays; elle avait beaucoup de manières espagnoles. Elle aimait le jeu outre mesure; elle jouait la bassette, le reversi et l'ombre, et quelquefois la petite prime; mais jamais elle ne gagnait, parce qu'elle n'avait pu apprendre à bien jouer.

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