Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 21 janvier 1793: Météo

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yann sinclair

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MessageSujet: 21 janvier 1793: Météo   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeDim 20 Jan - 19:28

21 janvier 1793: Météo Frise-11
21 janvier 1793: Météo 26814711
21 janvier 1793: Météo Moon910

Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)

Ste Agnès, vierge et martyre

21 janvier 1793: Météo Mzotzo15

Météo

En ce matin du 21 janvier, la température extérieure est faible:


Un brouillard épais a enveloppé Paris

Nuageux, sec
Temps humide toute la journée et brouassé un peu le soir

* * * * *
C'est aujourd'hui que le ci-devant Roy Louis XVI a été exécuté

C'est-à-dire qu'il a eu la tête tranchée à la place Louis XV à 10H 20 du matin et son corps transporté tout de suite au cimetière de La Madeleine où il a été enterré dans une fosse de 12 pieds de profondeur et 6 de largeur

C'est entre le piédestal où était la statue de Louis XV et les Champs-Élysées qu'était posée la guillotine

Il avait fait son testament dès le 25 décembre 1792

(Le vendredi 02 Août 1793, Marie-Antoinette, ci-devant Reine a été conduite à la Conciergerie
Le lundi 14 octobre, elle a subi son premier interrogatoire
Le mardi 15, elle a été condamnée à mort
Le mercredi 16 à midi, elle a eu la tête tranchée à la Place de la Révolution de ce côté par ici du piédestal de la statue et le Roy l'a eu de l'autre côté)

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 5 heures du matin   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:30

21 janvier 1793: Météo Frise-11
21 janvier 1793: Météo Moon910

Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)

Ste Agnès, vierge et martyre


5 heures du matin
21 janvier 1793: Météo Ob_9ca10

..."J’ai bien dormi. J’en avais besoin"...

A quelques heures de son exécution, le Roi n’a rien perdu de son calme.

Après une courte nuit, Louis XVI est réveillé à 5 heures par Cléry, son valet, qui avait passé la nuit sur une chaise non loin de lui.



Il fait encore nuit noire

21 janvier 1793: Météo Ob_e3910

Après une courte nuit, Louis XVI est réveillé à 5 heures par Cléry, son fidèle serviteur, comme celui-ci le lui a demandé la veille, qui avait passé la nuit sur une chaise non loin de lui.

Il allume le feu pour réchauffer les dernières heures de Louis XVI

En cette aube blafarde, le souverain déchu s'apprête à effectuer l'ultime voyage, qui le mènera de la prison du Temple à l'échafaud

Au peu de bruit qu'il fait, Louis XVI ouvre les yeux, tire son rideau

- Cinq heures sont-elles sonnées ?

- Sire, elles le sont à plusieurs horloges, mais pas encore à la pendule.

- J'ai bien dormi, soupire celui qui n'est plus désormais que Louis Capet. "J'en avais besoin, la journée d'hier m'avait fatigué"

Il s'exprime, comme d'habitude, avec calme.

Le tempérament de Louis XVI n'a jamais été sanguin ni volcanique.

Ce détachement, aujourd'hui le protège, il le sait.

Celui qui fut roi de France ne perdra pas la face, juste la vie: ainsi en a-t-il décidé.

A quelques heures de son exécution, le Roi n’a rien perdu de son calme.

Il fait sa toilette à l'ordinaire en repensant à la journée de la veille, celle de sa condamnation, des touchants adieux à sa famille.

Il avait demandé un délai de trois jours à ses juges pour se préparer à la mort, on ne lui a accordé que l'assistance d'un prêtre et une ultime rencontre avec les siens.

L'abbé Edgeworth de Firmont, le confesseur qu'il a choisi, s'est entretenu avec lui.

Puis Marie Antoinette, Madame Elisabeth, sa sœur, le petit dauphin et Madame Royale, ses deux enfants chéris, sont venus le voir.

La famille est restée réunie pendant près de deux heures.

Le roi parlait, tâchant d'expliquer sa condamnation, pendant que les siens pleuraient.

Ils se sont quittés sur la promesse de se revoir encore une fois, à l'aube du tout dernier jour.

Peu après, il envoie chercher l'abbé de Firmont pour s'entretenir près d'une heure dans le cabinet où il l'avait reçu la veille

Mais à présent, l'abbé de Firmont, qui l'a rejoint dans le cabinet de la Tourelle, déconseille cette entrevue, songeant que la douleur serait fatale à Marie Antoinette.

Pour l'amour de la reine, le roi se résout à se priver de cette ultime consolation.

Où est M. de Firmont.

- Sur mon lit.

- Et vous? Où avez-vous dormi?

- Sur cette chaise

- J'en suis fâché, murmure Louis XVI, soucieux toujours du bien-être de ses serviteurs.

- Ah, sire, dit Cléry en lui baisant la main, puis-je penser à moi dans ce moment?


Cléry habille et coiffe son maître devant plusieurs municipaux qui, sans respect, sont entrés dans la chambre

Il lui change sa chemise, lui mit le gilet blanc qu'il portait la veille et lui passa l'un de ses deux habits marron pâle, doublé de toile fine écrue et orné de boutons de métal doré

Sur le rebord de la cheminée Louis déposa sa montre et son anneau nuptial qu'il regarda longuement.

Sur cet anneau d'or était écrit: (MAAA (Marie Antonia Arciduscissa Austriae) et 19 aprilis 1770 (date du mariage par procuration)

Dans sa geôle du Temple, Louis XVI se rase, retire de ses poches de son habit, son porte-feuille, sa lorgnette, sa boîte à tabac et sa bourse et quelques menus objets, puis se vêt d'un habit marron pâle doublé d'une toile écrue, muni de boutons dorés.

Cléry coiffe son maître devant plusieurs municipaux qui, sans respect, sont entrés dans la chambre.


Peu après, il envoie chercher l'abbé de Firmont pour s'entretenir près d'une heure dans le cabinet où il l'avait reçu la veille

21 janvier 1793: Météo 00139

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 6 heures   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:31

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Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)

Ste Agnès, vierge et martyre


⚜ 6 heures du matin ⚜

Le matin de cette horrible jour après avoir été assoupis pendant la nuit d'un sommeil de douleur nous nous levâmes et 6 heures, on ouvrit notre porte, et on vint chercher le livre de prière de M. de Tison pour la messe de mon père

Nous crûmes que nous allions descendre et nous eûmes toujours cette espérance jusqu'à ce que les cris de joie, d'une populace égarée, vinrent nous avertir que le crime était consommé

* * * * * *
Au sortir du cabinet, je trouvai un autel tout dressé dans la chambre du Roi: les commissaires avaient exécuté à la lettre tout ce que j'avais exigé d'eux. Ils avaient même été au delà de mes désirs; car je n'avais demandé que le simple nécessaire
(Abbé de Firmont)


Le Roi, pour la première fois depuis le 09 août, assiste à la messe

L'abbé a obtenu de la Commune de faire venir dans la nuit de la paroisse Saint-François d'Assise tous les objets nécessaires à la célébration


Le Roy l’entend à genoux et reçoit la communion, il remercie ensuite le valet de chambre de ses soins et lui recommande son fils:
- Vous lui remettrez ce cachet, vous donnerez cet anneau à la Reine, dites-lui que je le quitte avec peine… Ce petit paquet contient des cheveux de toute ma famille, vous le lui remettrez aussi. Dites à la Reine, à mes chers enfants, à ma sœur, que je leur avais promis de les voir ce matin, mais que j’ai voulu leur épargner la douleur d’une séparation nouvelle…

Essuyant ses larmes, il murmure alors:
- Je vous charge de leur faire mes adieux.

Il s’est approché du feu, y réchauffe ses mains froides.

Il a demandé des ciseaux pour que Cléry lui coupe les cheveux au lieu du bourreau.

Les municipaux, défiants, les refusent.

Puis Cléry transporte une commode qu'il aménage en autel au milieu de la pièce (la chambre du Roi) pour servir d'autel de fortune et le recouvre d'une nappe


Le Roi lui demanda de servir la messe


Pendant ce temps, l'abbé Firmont revêtait la chasuble tissée d'or et d'argent et semée de bouquets multicolores et commence la dernière messe du Roi, servie par Cléry.

La messe commence à 6 H

Louis XVI entend sa dernière messe, concentré et recueilli.

21 janvier 1793: Météo 50481810
Louis XVI restera à genoux pendant toute la cérémonie et recevra le viatique (la communion du mourant)


Le Roi entendit la Messe à genoux par terre, sans prie-Dieu et sans coussin; il y communia

Je lui laissai ensuite quelque temps pour achever ses prière.

Bientôt il m'envoya chercher de nouveau et je le trouvai assis près de son poêle, et ayant peine à se chauffer

"Mon Dieu, dit-il, que je suis heureux d'avoir mes principes! Sans eux, où en serais-je maintenant ? Mais avec eux, que la mort doit me paraître douce ! Oui, il existe en haut un juge incorruptible qui saura bien me rendre justice que les hommes me refusent ici-bas"

21 janvier 1793: Météo 2163

21 janvier 1793: Météo 11210
Il est six heures quand M. de Firmont commence le Saint Sacrifice, revêtu de la chasuble qu'on lui a envoyée, une merveilleuse chasuble de drap d'or, brodée de bouquets multicolores, qu'on conserve toujours précieusement dans le trésor de Saint-Jean-Saint-François.

21 janvier 1793: Météo 21110

Les municipaux se sont retirés dans l'antichambre, dont un battant de porte restera ouvert: ils assisteront ainsi à la messe et certains, peut-être, sans en avoir l'air, s'uniront aux prières du prêtre: tous, au moins, garderont respectueusement le silence...

Louis XVI, lui, suit dévotement l'office dans son livre, et, quand vient le moment de la communion, il reçoit son Dieu pour la dernière fois.

Les bruits venus du dehors annoncent le rassemblement des gardes nationaux qui vont l'escorter jusqu'à l'échafaud.

Cela ne perturbe en rien le recueillement de Louis, pas plus que les incessantes allées et venues des gardes municipaux

Le ministère que j'ai rempli auprès de ce prince ne me permet pas de citer quelques traits épars des différentes conversations qu'il eut avoir moi durant ses seize dernières heures, mais par le peu que j'en dis, on peut juger de tout ce que je pourrais ajouter, s'il m'était permis de tout dire

Entendant les hennissements des chevaux et les canons que l'on roule sur la chaussée, Louis XVI observe:
"C'est probablement la Garde nationale qu'on commence à rassembler."

Le dispositif de sécurité est important, d'autant plus que dans la nuit du 20 au 21 janvier a eu lieu l'assassinat de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, député de la Convention ayant voté la mort du roi.

Le jour commençait à paraître et déjà on battait la générale dans toutes les sections de Paris

Ce mouvement extraordinaire se faisait entendre très distinctement dans la tour, et j'avoue qu'il me glaçait le sang dans les veines, mais le Roi, plus calme que moi, après y avoir prêté un moment l'oreille, me dit, sans s'émouvoir:
"C'est probablement la garde nationale qu'on commence à rassembler"

peu après les détachements de cavalerie entrèrent dans la cour du Temple et on entendit parfaitement la voix des officiers et les pieds des chevaux; le Roi écouta encore, et m dit, avec le même sang-froid:
"Il y a apparence qu'ils approchent"


Sur les conseils de l'abbé, Louis XVI évite une dernière scène d'adieux avec sa famille.

Il avait promis à la Reine, en la congédiant la veille, qu'il la reverrait encore le lendemain et n'écoutant que son cœur, il voulait lui tenir parole

Mais je le suppliai instamment de ne pas la mettre à une épreuve qu'elle n'aurait pas la force de soutenir

il s'arrêta un moment et avec l'expression de la douleur la plus profonde:
"Vous avez raison" me dit-l "Monsieur, ce serait plus donner le coup de la mort, il vaut mieux me priver de cette triste consolation et la laisser vivre d'espérance quelques moments de plus"
21 janvier 1793: Météo Abby_e10
l'abbé Henri Essex Edgeworth de Firmont les rejoint.

Il aménage la commode en autel et célèbre la dernière messe du roi, servie par Cléry.

Louis XVI restera à genoux pendant toute la cérémonie et recevra le viatique (la communion du mourant)
Sur les conseils de l'abbé, Louis XVI évite une dernière scène d'adieux avec sa famille.

Entendant les hennissements des chevaux et les canons que l'on roule sur la chaussée, Louis XVI observe:
"C'est probablement la Garde nationale qu'on commence à rassembler."

Le dispositif de sécurité est important, d'autant plus que dans la nuit du 20 au 21 janvier a eu lieu l'assassinat de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, député de la Convention ayant voté la mort du roi.

21 janvier 1793: Météo 50481810

La messe commence à 6 H

Louis XVI entend sa dernière messe, concentré et recueilli.

21 janvier 1793: Météo 2163

21 janvier 1793: Météo 11210
Il est six heures quand M. de Firmont commence le Saint Sacrifice, revêtu de la chasuble qu'on lui a envoyée, — une merveilleuse chasuble de drap d'or, brodée de bouquets multicolores, qu'on conserve toujours précieusement dans le trésor de Saint-Jean-Saint-François.

21 janvier 1793: Météo 18813911

Ci-dessous la chasuble portée par l'abbé de Firmont, conservée à ND de Bonne Nouvelle à Paris.

21 janvier 1793: Météo 21110
Les municipaux se sont retirés dans l'antichambre, dont un battant de porte restera ouvert: ils assisteront ainsi à la messe et certains, peut-être, sans en avoir l'air, s'uniront aux prières du prêtre: tous, au moins, garderont respectueusement le silence...
Louis XVI, lui, suit dévotement l'office dans son livre, et, quand vient le moment de la communion, il reçoit son Dieu pour la dernière fois.

Les bruits venus du dehors annoncent le rassemblement des gardes nationaux qui vont l'escorter jusqu'à l'échafaud.

Cela ne perturbe en rien le recueillement de Louis, pas plus que les incessantes allées et venues des gardes municipaux

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 6H: La confession du Roi Louis XVI   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:32


21 janvier 1793: Météo 55312




21 janvier 1793: Météo Capt1413




L'Abbé Edgeworth

Henry Essex Edgeworth
également connu sous le nom d’abbé Edgeworth de Firmont

prêtre catholique et dernier confesseur du roi de France Louis XVI

  en 1745 à Edgeworthstown dans le comté de Longford en Irlande
Décédé le 22 mai 1807 à Mittau (actuellement en Lettonie) d'une fièvre contractée alors qu’il prêtait son ministère à des prisonniers français
Louis XVIII compose lui-même son épitaphe:
« Ici repose le Très Révérend Henry Essex Edgeworth de Firmont, prêtre de la sainte Église de Dieu, vicaire général du diocèse de Paris, qui suivant les pas du Rédempteur, fut l’œil de l’aveugle, le bâton du boiteux, le père des pauvres, le consolateur des affligés, lorsque Louis XVI fut condamné à mort par des sujets impies et rebelles.
 Il soutint le martyr résolu dans son dernier combat et lui montra les cieux ouverts, arraché au bras des régicides par la protection admirable de Dieu.
 Il s’attacha volontiers volontairement à Louis XVIII lorsque celui-ci désira ses services. A lui, à sa royale famille et à sa fidèle suite, il se montra en l’espace de dix ans un exemple de vertu et un réconfort dans l’infortune.
 Chassé de royaume en royaume par les calamités de l’époque, il passa en faisant le bien, toujours semblable à Celui qui possédait toute sa dévotion.
 Rayonnant du bien qu’il avait fait, il mourut le vingt-deuxième jour de mai de l’an de grâce 1807 à l’âge de 62 ans. Qu’il repose en paix !»
( Charles de Bouvens (1750-1830), Oraison funèbre de très-vénérable H. Essex Edgeworth de Firmont, prêtre de la sainte Église romaine, vicaire général du diocèse de Paris, et confesseur de Louis XVI, prononcée le 29 juillet 1807 dans la chapelle française de King-street, Portman square. https://books.google.fr/books?id=f3NxEMUlqZQC&printsec=frontcover&dq=edgeworth&hl=fr&sa=X&ei=I7ZpUZe6Ici7PZvagMgH&ved=0CDsQ6AEwAg#v=onepage&q=edgeworth&f=false)

 
 Séparé de sa famille depuis le 29 septembre précédent, Louis XVI occupe le second étage, en dessous de la Reine, enfermée au troisième avec ses enfants et Madame Élisabeth.

Du seuil, avant même de pénétrer dans l'appartement, le prêtre aperçoit un spectacle qui le bouleverse: les portes donnant sur le vestibule sont ouvertes; dans l'une des pièces, la chambre à coucher, qu'avoisinent celle de Cléry et la salle à manger, le Roi est debout, entouré de Garat et des municipaux, qui viennent de lui annoncer son exécution prochaine; alors que ceux-ci semblent fortement émus, lui, comme s'il s'agissait d'un autre, apparaît «calme, tranquille, gracieux même».
 
Il a tout de suite reconnu son confesseur; d'un signe de main, il commande aux autres de se retirer, et ils obéissent sans mot dire.

21 janvier 1793: Météo Capt1414
La confession de Louis XVI par l'abbé Edgeworth, le 21 janvier 1793

Il ferme alors sa porte sur eux, et M. de Firmont, resté seul avec lui, ne pouvant maîtriser son trouble, se jette à ses pieds en sanglotant.

Cette explosion d'attachement vainc l'impassibilité du prince qui ne peut, lui-même, retenir ses larmes; après quelques instants seulement, il reprend son courage et s'excuse:
Pardonnez, Monsieur, pardonnez à ce mouvement de faiblesse, si toutefois on peut le nommer ainsi. Depuis longtemps, je vis au milieu de mes ennemis et l'habitude m'a en quelque sorte familiarisé avec eux; mais la vue d'un sujet fidèle parle tout autrement à mon cœur; c'est un spectacle auquel mes yeux ne sont plus accoutumés, et il m'attendrit malgré moi...

Puis, relevant l'ecclésiastique, il l'entraîne dans son oratoire, qui occupe la tourelle contiguë à la chambre, une petite pièce ronde, sans tapisserie ni ornement, que chauffe un mauvais poêle de faïence, et où il n'y a pour tout mobilier qu'une table et trois chaises de cuir...

Là, du moins, les deux hommes pourront s'entretenir à leur aise, sans risquer d'être entendus.

C'est donc à présent, Monsieur, continue Louis XVI, en faisant asseoir près de lui M. de Firmont, la grande affaire qui doit m'occuper tout entier. Hélas ! la seule affaire importante, car que sont toutes les affaires auprès de celle-là ?... Cependant, je vous demande quelques moments de répit, car ma famille va descendre. Mais, en attendant, voilà un écrit que je suis bien aise de vous communiquer...

Et, disant ces mots, il tire de sa poche un papier cacheté, dont il brise le sceau...

C'est le testament qu'il a écrit quelques semaines plus tôt, et dont il tient à donner lui-même lecture à son confesseur, d'une voix ferme, où un peu d'émotion paraît seulement quand il prononce le nom de ceux qui lui sont chers.

Cette lecture finie, comme la famille royale n'est pas encore là, le Roi pose à M. de Firmont quelques questions sur la situation du clergé; bien qu'au secret, il connaît la triste existence des prêtres, sait que beaucoup ont dû s'expatrier, sont emprisonnés, pourchassés...

Il s'intéresse particulièrement à certains, au cardinal de La Rochefoucauld, à l'évêque de Clermont, à M. de Floirac, à l'archevêque de Paris... Pour celui-ci, qui est émigré à Constance, il charge son confesseur d'une commission spéciale:
— Marquez-lui que je meurs dans sa communion et que je n'ai jamais reconnu d'autre pasteur que lui. Hélas ! je crains qu'il ne m'en veuille un peu de ce que je n'ai pas fait réponse à sa dernière lettre. J'étais encore aux Tuileries, mais, en vérité, les événements se pressaient tellement autour de moi, à cette époque, que je n'en trouvai pas le temps. Au surplus, il me pardonnera, j'en suis sûr, car il est bon...

Puis, se poursuivant, la conversation tombe sur le duc d'Orléans, et Louis XVI parle de Philippe-Égalité, sans amertume et avec plus de pitié que de courroux:
— Qu'ai-je donc fait à mon cousin pour qu'il me poursuive ainsi ?... Mais pourquoi lui en vouloir ?... Ah ! il est plus à plaindre que moi !... ma position est triste, sans doute, mais le fût-elle davantage, non, je ne voudrais pas changer avec lui !

À cet instant, un commissaire pénètre dans l'oratoire et annonce au Roi que sa famille est descendue pour lui faire ses adieux.

D'un trait, le malheureux s'élance dans sa chambre, laissant là M. de Firmont, qui va rester seul, dans l'oratoire, sans voir la scène affreuse qu'ont vulgarisée les gravures; il en suivra, malgré lui, au bruit, toutes les péripéties: pendant près d'un quart d'heure, pas une parole n'est articulée; ce ne sont pas des larmes ni des sanglots, mais des cris perçants qu'on doit entendre même du dehors, le Roi, la Reine, le Dauphin, Madame Élisabeth, Madame Royale, tous à la fois confondent leurs voix. Ces transports un peu apaisés, l'entretien se poursuit avec plus de calme, à voix basse, et ce n'est qu'au bout d'une heure que Louis XVI a le courage de congédier les siens, en leur donnant l'espérance de les revoir le lendemain.
 
 
Encore bouleversé, il vient alors retrouver son confesseur et s'effondre sur une chaise en gémissant:
— Ah ! Monsieur,... quelle rencontre que celle que je viens d'avoir !... Faut-il donc que j'aime si tendrement, et que je sois si tendrement aimé !... Mais c'en est fait, oublions tout le reste pour ne penser qu'à l'unique affaire. Elle seule doit concentrer dans ce moment toutes mes affections et toutes mes pensées.

Les deux hommes commencent à peine leur entretien spirituel que Cléry se présente et propose au Roi de souper... Celui-ci hésite un moment, mais, réfléchissant aux heures qui lui restent à vivre et où il lui faudra ne pas faiblir, il accepte, passe dans la salle à manger voisine, avale en hâte, mais avec appétit, deux ailes de poulet, un peu de légumes, un biscuit trempé dans du Malaga.

Cinq minutes après, il revient, exige qu'à son tour M. de Firmont prenne quelque nourriture. Celui-ci, cependant, songe au moyen de donner à Louis XVI, qui en est privé depuis si longtemps, la suprême consolation de la sainte Communion... Craignant une profanation, il n'a pas osé apporter d'hostie consacrée; il n'y a qu'un moyen d'en ôbtenir une : dire la messe ici même.

À cette proposition, le Roi ne peut cacher son effroi, et son confesseur doit insister pour qu'il lui soit permis au moins de tenter des démarches, avec autant de prudence et de discrétion que possible... L'autorisation est, à la fin, donnée:
— Allez, Monsieur !... mais je crains bien que vous ne réussissiez pas, car je connais les hommes auxquels vous allez avoir affaire: ils n'accordent que ce qu'ils ne peuvent refuser.

Sortant de l'appartement, M. de Firmont demande à être conduit auprès du Conseil, et on le fait descendre dans la salle du bas, où sont réunis les commissaires de la Commune.

Nul d'entre eux ne s'attendait à une pareille requête, et on peut imaginer leur surprise, leur désarroi, en l'entendant formuler. Leurs exclamations en témoignent assez:
— Où trouver un prêtre à l'heure qu'il est ? s'écrie l'un d'eux.
— Et quand nous en trouverions un, ajoute un autre, comment se procurer des ornements ?

Sans se laisser troubler, M. de Firmont a réponse à tout.
— Le prêtre est tout trouvé, puisque me voici; quant aux ornements, l'église voisine en fournira: il ne s'agit que de les envoyer chercher. Du reste, ma demande est juste, et ce serait aller contre vos propres principes que de la refuser.
— L'histoire, objecte un municipal, nous fournit assez d'exemples pour nous engager à être circonspects...
C'est toujours la même crainte qui se manifeste de voir le condamné échapper au châtiment... D'un mot, l'abbé désarme son contradicteur:
— La fouille exacte à laquelle je me suis soumis en entrant ici a dû vous prouver que je ne porte pas de poison sur moi; si donc il s'en trouvait demain, c'est de vous que je l'aurais reçu, puisque tout ce que je demande pour dire la messe doit passer par vos mains...
Le jacobin veut répliquer, mais ses collègues lui imposent silence: finalement, on décide d'appeler les commissaires absents et de leur soumettre la requête; on fait sortir M. de Firmont, on le rappelle au bout d'un quart d'heure, et c'est avec un joie profonde qu'il entend ce discours que lui adresse le président:
— Citoyen ministre du culte, le Conseil a pris en considération la demande que vous lui avez faite au nom de Louis Capet, et il a été résolu que sa demande, étant conforme aux lois qui déclarent que tous les cultes sont libres, lui serait accordée. Nous y mettons cependant deux conditions: la première, que vous dresserez à l'instant même une requête constatant votre demande et signée de vous; la seconde, que l'exercice de votre culte sera achevé demain, à sept heures au plus tard, parce qu'à huit heures précises Louis Capet doit partir pour le lieu de son exécution.

Sans attendre, sur un bout de table, M. de Firmont formule sa demande, note ce qu'il lui faut pour le Saint Sacrifice et, laissant cela sur le bureau, il remonte auprès du Roi.

Celui-ci l'attend avec anxiété: son bonheur est immense en apprenant que satisfaction va être donnée à son pieux désir... L'esprit désormais en repos, il va pouvoir s'épancher avec le prêtre, en une intime causerie dont aucun détail ne sera connu. La confession durera plus de deux heures; à minuit seulement, M. de Firmont, voyant le prince épuisé de douleur et de fatigue, obtiendra de lui qu'il prenne un peu de repos... Lui-même s'étendra sur le lit de Cléry, tandis que le Roi se couchera, après avoir donné tranquillement ses ordres à son valet de chambre:
— Cléry, vous m'éveillerez à cinq heures...

Assis sur une chaise, le fidèle serviteur a passé la nuit au chevet de son maître, paisiblement endormi dans son lit à colonnes aux rideaux de damas vert.

À l'heure dite, Cléry vient allumer le feu, et ce léger bruit suffit à réveiller le Roi; de la chambre voisine, le prêtre l'entend faire sa toilette comme à l'ordinaire.

Le prince n'a pas oublié son confesseur et un de ses premiers mots a été:
— Où est M. de Firmont ?

Aussitôt prêt, il l'appelle, l'emmène, comme la veille, dans son oratoire, et l'intime entretien reprend entre les deux hommes.

Pendant ce temps, Cléry prépare, dans la chambre, tout ce qui est nécessaire pour la messe. Vers deux heures du matin, les «ustensiles» — l'expression est d'un journaliste contemporain, — ont été apportés. Comme les sanctuaires les plus proches, l'église du Temple et Sainte-Élisabeth, sont fermés depuis 1791, il a fallu tout aller chercher à la nouvelle paroisse Saint-François-d'Assise, — l'ancienne chapelle des Capucins du Marais qui deviendra Saint-Jean-Saint-François, rue Charlot. Bien qu'ardemment constitutionnel, — il restera après le Concordat un des derniers attachés au schisme, — le curé, M. Sibire, a veillé à ce que rien ne manquât, prêté même, pour cette cérémonie insigne, ses plus riches ornements.

La pièce, où Louis XVI vient de passer ses dernières semaines, se transforme ainsi en chapelle: la commode en acajou, à dessus de marbre, servira d'autel ; elle reçoit la pierre consacrée, que recouvrent deux nappes de toile blanche, et, au-dessus d'elle, le crucifix s'encadre de flambeaux argentés, dont les cires allumées vont éclairer la scène funèbre, tout en projetant de grandes ombres sur le papier jaune à fleurs blanches qui tend les murailles.
Quand tout est disposé, Cléry vient l'annoncer; pendant que M. de Firmont va s'habiller, le Roi demande à son valet de chambre:
— Pouvez-vous servir la messe ?

 Comme le serviteur avoue ne pas savoir par cœur les répons, Louis XVI lui prête son livre, après y avoir cherché et marqué les prières rituelles; lui-même se servira d'un autre missel, qu'on est allé demander à la Tison, — la femme du geôlier de la Reine, — puis, refusant le fauteuil préparé pour lui, il réclame le petit coussin de cuir dont il use généralement pour prier, et il s'agenouille devant l'autel improvisé... Il n'en bougera plus jusqu'à la fin de la cérémonie.

⚜ 6h ⚜
21 janvier 1793: Météo Capt1415

Il est six heures quand M. de Firmont commence le Saint Sacrifice, revêtu de la chasuble qu'on lui a envoyée, — une merveilleuse chasuble de drap d'or, brodée de bouquets multicolores, qu'on conserve toujours précieusement dans le trésor de Saint-Jean-Saint-François.
21 janvier 1793: Météo Capt1416

Les municipaux se sont retirés dans l'antichambre, dont un battant de porte restera ouvert: ils assisteront ainsi à la messe et certains, peut-être, sans en avoir l'air, s'uniront aux prières du prêtre: tous, au moins, garderont respectueusement le silence... Louis XVI, lui, suit dévotement l'office dans son livre, et, quand vient le moment de la communion, il reçoit son Dieu pour la dernière fois.
21 janvier 1793: Météo Capt1418

21 janvier 1793: Météo Firmon10

Témoignage de l'abbé Edgeworth de Firmont, prêtre irlandais qui assista le Roi Louis XVI lors de son exécution:


"Les marches qui conduisaient à l'échafaud étaient extrêmement raides à monter. Le roi fut obligé de s'appuyer sur mon bras, et à la peine qu'il semblait prendre, je craignais un instant que son courage ne commençât à mollir. Mais quel ne fut pas mon étonnement lorsque, parvenu à la dernière marche, je le vis s'échapper pour ainsi dire de mes mains, traverser d'un pas ferme toute la largeur de l'échafaud, imposer silence, par son seul regard à quinze ou vingt tambours qui étaient vis-à-vis de lui, et d'une voix si forte qu'elle dut être entendue au pont tournant, prononcer ces paroles à jamais mémorables:



"Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France".

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 6 heures 15   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:33


21 janvier 1793: Météo Moon910

Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)

Ste Agnès, vierge et martyre


21 janvier 1793: Météo 0014021 janvier 1793: Météo 0025621 janvier 1793: Météo 0031921 janvier 1793: Météo 0041421 janvier 1793: Météo 00511
À six heures et demie

Tout est fini, et le prêtre va déposer ses habits sacerdotaux dans la chambre de Cléry.

L'aube commence à poindre; le froid est vif; quand, rappelé, M. de Firmont revient auprès du Roi, il le trouve grelottant auprès du poêle, ne pouvant se réchauffer...

Malgré tout, le prince n'a pas un mot de plainte, et il exprime seulement sa joie:
Mon Dieu ! que je suis heureux d'avoir mes principes. Sans eux, où en serais-je maintenant ? mais, avec eux, que la mort doit me paraître douce ! Oui, il existe en haut un Juge incorruptible, qui saura bien me rendre la justice que les hommes me refusent ici-bas.

 Déjà, on entend, autour du Temple, le mouvement des troupes qui se réunissent au son de la générale...

M. de Firmont, à ce bruit, frémit, mais le Roi, toujours calme, y prête un moment l'oreille et dit, sans s'émouvoir:
C'est probablement la Garde nationale qu'on commence à rassembler.

Puis, au bout d'un instant, comme la voix des officiers et le piaffement des chevaux se font plus distincts, Louis XVI écoute encore et reprend, avec le même sang-froid:
Il y a apparence qu'ils approchent...

Le moment serait venu de revoir la Reine, comme, la veille, cela a été convenu, mais M. de Firmont croit devoir insister pour épargner aux deux époux cette suprême épreuve...

Après réflexion, malgré sa douleur, le prince accepte ce sacrifice, dur entre tous.
Vous avez raison, dit-il, Monsieur; ce serait lui donner le coup de la mort; il vaut mieux me priver de cette triste consolation et la laisser vivre d'espérance quelques moments de plus.

Sans cesse, cependant, des commissaires viennent frapper à la porte de l'oratoire, sous un prétexte ou sous un autre, désireux, en réalité, de s'assurer que leur victime est toujours là et ne disparaîtra pas avant l'instant fatal.

Certains de ces jacobins sont même brutaux, malhonnêtes, moqueurs.

Pas un instant le Roi ne se départ de sa sérénité.

À peine exprime-t-il, d'un mot, le chagrin qu'il ressent:
Voyez comme ces gens-là me traitent !... mais il faut savoir tout souffrir.

Et, un peu plus tard, il ajoute, en souriant:
Ils voient partout des poignards et du poison; ils craignent que je me tue. Hélas ! ils me connaissent bien mal: me tuer serait une faiblesse. Non, puisqu'il le faut, je saurai bien mourir...

La demie de huit heures sonne enfin à la petite pendule dorée qui orne la cheminée de la chambre à coucher.

À nouveau, quelqu'un frappe et, cette fois, c'est le général Santerre qui vient chercher le condamné.
— Je suis en affaire, reprend le Roi avec autorité... Attendez-moi là; dans quelques minutes je serai à vous.

Ce disant, il referme la porte et se jette aux genoux de M. de Firmont:
Tout est consommé, Monsieur. Donnez-moi votre dernière bénédiction, et priez Dieu qu'Il me soutienne jusqu'au bout !

Dès que le prêtre a tracé sur lui le signe de la Croix, il se relève, sort du cabinet, s'avance vers la troupe qui emplit l'appartement; sans rien perdre de sa présence d'esprit, il remet encore son testament à un membre de la Commune, fait quelques recommandations en faveur de Cléry, qui sanglote à côté, en lui tendant le chapeau qu'il a demandé.
Marchons ! commande alors le Roi d'un ton ferme, et, encadré des miliciens, des commissaires, suivi par M. de Firmont, il s'engage dans l'escalier à vis...

À 7 heures
21 janvier 1793: Météo Index18

Louis XVI confie ses dernières volontés à l'abbé.

Il transmet à Cléry son cachet aux armes de France pour le Dauphin et son alliance pour la reine; à propos de l'anneau, il confie à son valet à l'intention de la reine: « Dites-lui bien que je le quitte avec peine »

Il conserve au doigt l'anneau du sacre.

Certains historiens évoquent une question que le roi, peu avant son départ pour l'échafaud, aurait posée à son valet à propos de l'expédition d'Entrecasteaux en ces termes: « A-t-on des nouvelles de La Pérouse ? »

Louis XVI s'entretient une ultime fois avec son confesseur.

Vers 8 heures

Il est interrompu par Antoine Joseph Santerre qui commande les gardes nationaux, mais lui rétorque « Je suis en affaire, attendez-moi là, je suis à vous »

Il reçoit une dernière bénédiction de l'abbé en lui confiant « Tout est consommé », remet son testament à l'un des officiers municipaux présents et se remet aux mains de Santerre.

Dans la seconde cour de la maison du temple, la voiture verte du maire de Paris Nicolas Chambon attend, ce dernier ayant obtenu que le roi ne soit pas conduit dans la charrette des condamnés.

Louis XVI y prend place avec l'abbé et deux personnes de la milice s'installent face à eux.

Avant de monter, le roi se tourne vers l'un des concierges de la prison et lui déclare « J'ai eu un peu de vivacité avec vous avant-hier soir, ne m'en veuillez pas ! »


Le guichet franchi, la traversée du jardin, plein d'un brouillard glacé, est vite faite; Louis XVI peut cependant, en se retournant, jeter un ultime regard sur la Tour, qui garde derrière ses murailles ceux qui lui sont chers.

Dans un fracas d'armes, la petite troupe passe par l'ancien hôtel du comte d'Artois; dans la cour d'honneur, un carrosse attend, au bas du perron: un officier de gendarmerie y monte le premier; le Roi le suit, prend place dans le fond, fait mettre M.de Firmont à côté de lui; un maréchal des logis saute le dernier.

9 heures du matin

Le maire de Paris, Nicolas Chambon, a eu une délicate attention: que le Roi - condamné à mort la veille par 387 voix contre 334 -, ne traverse pas Paris dans la vulgaire charrette des suppliciés.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Chambon
La berline s’ébranle à 9 heures au son des tambours, puis rejoint la rue du Temple noyée dans le brouillard.
21 janvier 1793: Météo Captur77

A bord, Louis XVI récite des psaumes et la prière des agonisants en compagnie de son confesseur, l’abbé de Firmont.

Résigné à mourir, il s’en remet à Dieu.

La voiture quitte le Temple vers 9 heures au son de tambours et de trompettes.

Elle tourne à droite dans la rue du Temple, pour rejoindre les grands boulevards, tandis que le roi continue de réciter les psaumes et la prière des agonisants.

Paris a alors 80 000 hommes en armes (Fédérés, Gardes nationaux, fusiliers) occupant les carrefours, les places et postés le long des rues.

Des canons sont postés à chaque endroit stratégique.

Le convoi est précédé d'environ 200 gendarmes à cheval.

Les Parisiens sont venus en nombre assister à l'exécution, tant sur le trajet qu'à l'emplacement de la guillotine.

Les volets sont clos et les boutiques fermées.

La plupart des personnes sont silencieuses.

Certains demandent grâce, d'autres au contraire fredonnent Ah ! ça ira.

Dans ses dernières volontés, Louis XVI avait souhaité se recueillir dans l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle dont la première pierre fut posée en avril 1628 par son aïeule Anne d'Autriche (1601-1666), épouse longtemps délaissée de Louis XIII.

Dans le quartier Bonne Nouvelle, aux environs de la rue de Cléry, le baron de Batz, soutien de la famille royale qui a financé la fuite de Varennes, a convoqué 300 royalistes pour tenter de faire évader le roi.

Le roi devait être caché dans une maison appartenant au comte de Marsan, rue de Cléry.

Le baron de Batz s'élance: « Avec moi, mes amis, pour sauver le roi ! »

À la suite de la dénonciation de ses compagnons, seuls quelques-uns ont pu venir.

Trois sont tués, mais le baron de Batz réussit à s'échapper.

Le cortège emmené par Santerre poursuit son trajet par les boulevards et la rue de la Révolution (actuelle rue Royale)

21 janvier 1793: Météo Ture14
La portière se referme et, entre une double haie de gardes nationaux, le véhicule sort dans la rue du Temple, où l'escorte l'encercle aussitôt, une escorte formidable, faite pour décourager toute tentative d'attaque, cent gendarmes en éclaireurs, douze tambours, douze cents gardes nationaux serrés autour de l'équipage, et, fermant la marche, cent cavaliers de l'École militaire.
21 janvier 1793: Météo Ture15
Lentement, le triste cortège a remonté la rue du Temple et gagné les boulevards, qu'il suivra jusqu'à la rue de la Révolution, la rue Royale actuelle, qui le mènera, tout droit, à la place ci-devant Louis XV, notre Concorde d'aujourd'hui, où l'échafaud attend sa victime, dressé entre les Champs-Élysées et le piédestal, dont a été déboulonnée la statue du «Bien Aimé»

Enfermé dans la voiture, ne pouvant plus rien dire à son confesseur qui ne fût entendu, le Roi a pris le parti de se taire, et tous respectent son silence.

Pas une parole ne sera échangée pendant la grande heure et demie que durera le trajet.

À un moment donné seulement, M. de Firmont a l'heureuse pensée de prêter son bréviaire au condamné, et celui-ci l'accepte avec plaisir; il indique même, d'un geste, son désir que le prêtre lui montre les psaumes convenant le mieux à sa situation: jusqu'à la fin, l'un et l'autre en réciteront alternativement les versets.

Ainsi absorbé dans ses prières, Louis XVI, semble-t-il, ne s'occupe nullement de ce qui se passe au dehors; les vitres relevées, couvertes de buée, doivent du reste aussi bien l'empêcher de voir que d'être vu.

Conformément aux ordres de la Commune, les boutiques, sur le parcours, sont closes, les fenêtres et portes fermées, les voies transversales barrées; tout le long de la chaussée, plus de quatre-vingt mille hommes armés font la haie, empêchant quiconque de traverser.

Il y aura pourtant, çà et là, quelques incidents: des cris de grâce seront poussés au sortir de la rue du Temple; plus loin, à l'angle de la rue de Cléry et du faubourg Saint-Denis, le baron de Batz et trois de ses amis feront une tentative désespérée, forceront les barrages et, ne se voyant pas suivis, pourront par miracle s'échapper; plus loin encore, un autre royaliste, Nicole-Joseph Beaugeard, ancien secrétaire des commandements de la Reine, sera massacré pour avoir voulu approcher du carrosse royal.

Le Roi ne s'est aperçu de rien, pas plus que M. de Firmont, au courant cependant, par ses amis Lézardière, des projets du baron de Batz, et qui n'a cessé d'attendre, avec un secret espoir, la tentative annoncée...

Tous deux, jusqu'au bout, garderont l'impression de s'avancer dans un absolu silence, que troublent seules les batteries des tambours.

10h10

La place de la Révolution est atteinte: vingt mille hommes au moins sont encore rangés là, et toutes les issues sont garnies de canons chargés à mitraille...

10H 15 du matin

Il débouche vers 10 h 15 sur la place de la Révolution et s'arrête au pied de l'échafaud installé entre les Champs-Élysées et le piédestal de la statue de Louis XV qui vient d'être déboulonnée et situé à 2 mètres de haut.

Peint en rouge, l'échafaud est placé au milieu d'un espace vide encadré de canons et d'une troupe de fédérés, le peuple étant tenu au loin.

20 000 hommes ont été déployés pour l'entourer.

Voyant l'échafaud, le roi lance: « Nous voilà arrivés, si je ne me trompe »

À l'instant où le carrosse décrit un cercle pour s'approcher de la guillotine, le Roi, pour la première fois, rompt le silence et, se penchant à l'oreille de M. de Firmont, lui murmure:
— Nous voilà arrivés, si je ne me trompe.

Le prêtre ne trouve rien à répondre...

Les chevaux du reste viennent de s'arrêter, la portière s'ouvre, les gendarmes s'apprêtent à descendre.

Louis XVI les arrête d'un geste et, appuyant sa main sur le genou de l'abbé, il dit à ses gardiens, «d'un ton de maître»:
Messieurs, je vous recommande Monsieur que voilà: ayez soin qu'après ma mort il ne lui soit fait aucune insulte. Je vous charge d'y veiller.

Et, comme les deux hommes semblent faire la sourde oreille, le Roi veut insister, élève la voix, mais l'un d'eux lui coupe la parole, ripostant d'un ton goguenard, bien peu rassurant:
Oui, oui, nous en aurons soin; laissez-nous faire !...

L'instant fatal est venu: dès que Louis XVI a mis pied à terre, les trois bourreaux, Sanson, son fils et un aide, l'entourent, veulent lui ôter ses vêtements, mais il ne se laisse pas faire, se déshabille lui-même, défait son col, ouvre sa chemise, l'arrange avec soin.

Un incident surgit quand on veut lui prendre les mains:
Que prétendez-vous ?... s'écrie-t-il.

Vous lier, répond Sanson.

Me lier !... riposte le prince avec indignation. Je n'y consentirai jamais !... Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas; renoncez à ce projet !

Les voix s'élèvent, le bourreau est sur le point d'appeler à l'aide; M. de Firmont estime qu'il faut, à tout prix, éviter une scène de violence; du regard, le Roi semble l'interroger; maîtrisant son émotion, le prêtre trouve les mots qui, seuls, sont susceptibles d'apaiser celui qui va mourir:
Sire, dans ce nouvel outrage, je ne vois qu'un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense.

À ces mots, Louis XVI lève les yeux au Ciel avec une intense expression de douleur.
Assurément, soupire-t-il, il ne me faudra rien moins que Son exemple pour que je me soumette à un pareil affront.

Et, se tournant vers Sanson, il ajoute:
Faites ce que vous voudrez, je boirai le calice jusqu'à la lie.
 
Dès que ses mains sont attachées, il gravit l'échafaud; les marches en sont raides, et il doit s'appuyer sur le bras de M. de Firmont, qui le soutient...

Celui-ci se demande une minute si le courage du Prince ne va pas fléchir, et c'est alors, peut-être, qu'il lui dit le mot qu'il ne niera pas avoir prononcé, mais dont il affirmera ne pas se souvenir:
Fils de saint Louis, montez au Ciel !

L'exécution

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Henri_Sanson

Accueilli par le bourreau Charles-Henri Samson à sa descente du carrosse, le monarque désigne son confesseur à l'un des bourreaux et lui dit: "Je vous recommande le prêtre que voici. Ayez soin qu'après sa mort il ne lui soit fait aucune insulte".

Calme, il ôte ensuite lui-même sa redingote brune et son foulard-cravate.

À la demande de Samson, il ouvre le col de sa chemise.

Voyant qu'on veut lui lier les mains, le roi refuse: « Me lier! Non, je n'y consentirai jamais. Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas, renoncez à ce projet »

Évoquant l'exemple du Christ, l'abbé de Firmont réussit à le convaincre.

Louis XVI déclare alors à ses bourreaux: « Faites ce que vous voulez, je boirai le calice jusqu'à la lie »

On lui lie alors les mains dans le dos par son propre mouchoir; un assistant de Samson découpe grossièrement son col puis le rabat et lui coupe les cheveux.

Accompagné par des roulements de tambour, le roi, assisté de l'abbé Edgeworth, monte sur l'escalier et rejoint les cinq bourreaux (Samson et ses quatre assistants) sur la plate-forme.

Contre toute attente, Louis XVI s'avance sur le bord gauche de l'estrade.

Il fait signe aux tambours de s'arrêter et déclare d'une voix forte: « Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France »

Il veut poursuivre mais Santerre donne l'ordre de faire battre à nouveau les tambours pour couvrir sa voix.

Certains auteurs mentionnent que l'ordre a été donné par d'autres protagonistes: parmi les noms cités, ceux de de Dugazon, Beaufranchet d'Ayat ou du tambour Pierrard.

La légende historique attribue généralement cet acte à Santerre, mais celui-ci n'aurait fait que transmettre l'ordre du général Berruyer, commandant en second de Paris L'abbé de Firmont lui crie alors:
« Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »
21 janvier 1793: Météo 382162

Bien loin de faiblir, Louis XVI, au contraire, arrivé sur la plate-forme qui supporte la guillotine, se redresse, s'avance, impose du regard silence aux quinze ou vingt tambours qui l'entourent et n'ont pas cessé de battre, puis, «d'une voix si forte qu'elle dut être entendue du Pont-Tournant», il prononce distinctement les paroles à jamais célèbres:
Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute! Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France...

Il s'apprête à continuer, mais des officiers, fonçant l'épée à la main, ordonnent en hurlant aux tambours de rouler, aux bourreaux d'en finir.

À 10h22


La planche bascule, la lunette de bois se referme sur sa tête et le bourreau Charles-Henri Sanson actionne le couperet.

Ceux-ci appréhendent le Roi, l'entraînent, le font basculer, appuient sur le déclic, et le couteau tombe dans un ruissellement de sang.

Tout cela n'a duré qu'une minute; M. de Firmont, agenouillé près de la guillotine, se rejette en arrière pour n'être pas éclaboussé...
21 janvier 1793: Météo 18813910
Gros, un assesseur du bourreau, saisit la tête sanguinolente et la présente au peuple.

Certains auteurs prétendent au contraire que la tête fut prise par Henri Samson, le fils du bourreau.

(Lors de sa carrière, il eut jusqu'à six assistants pour accomplir sa tâche.
Au total, Charles-Henri exécuta 2918 condamnés entre le 14 juillet 1789 et le 21 octobre 1796 (y compris Louis XVI). Bien qu'il ne fût jamais un sympathisant de la monarchie, il hésita avant d'exécuter le roi, étant même persuadé jusqu'au dernier instant que des partisans de la royauté tenteraient de libérer le souverain déchu. Il dit même au roi-citoyen « Savez-vous que derrière vous se trouvent près de 800 ans d'histoire dont je vais mettre un terme ? », ce à quoi le roi répondit « Taisez-vous et faites votre travail »)

En un éblouissement, il voit le fils de Sanson, un jeune homme d'une vingtaine d'années, ramasser dans le panier la tête décapitée, la saisir par les cheveux et la présenter au peuple, en gambadant et hurlant:
Vive la Nation !
Quelques parisiens crient « Vive la Nation ! Vive la République ! Vive la liberté ! »

Quelques salves d'artillerie sont tirées et certains dansent la farandole.

Quelques cris de «Vive la République !» lui répondent, et ces cris, peu à peu, s'amplifient, mille fois répétés par la multitude qui se presse autour de la place et force les barrages.

Profitant du désordre qui s'en suit, le prêtre descend de l'échafaud et se perd dans la foule.

Jacques Roux commissaire de la Commune de Paris, rédige le procès-verbal de l'exécution; il précise que des citoyens recueillent sur l'échafaud ensanglanté le sang du roi avec leurs mouchoirs, leurs piques ou leurs sabres.

Certains veulent acheter au bourreau des mèches de cheveux du roi, les bourreaux plongent leurs doigts dans le sang et se barbouillent mutuellement le visage.

Le biographe Éric Le Nabour note même que l'on peut voir « un ci-devant grimper sur l'estrade, se frotter les bras avec le sang de Louis XVI, puis en asperger le public par trois fois en un sinistre et ultime rituel »

Cet homme, un révolutionnaire brestois, lance alors à la foule: « Républicains, le sang d'un roi porte bonheur! »

Le canon tonne et prévient la famille du roi restée à la Tour du Temple que l'exécution a eu lieu.

Vers 10h25

Un homme se trouvant près de l'échafaud, Christophe Potter, parvient à duper le groupe de sans-culottes présents autour de la guillotine: il réussit à obtenir contre un louis d'or, les cheveux du roi et un mouchoir maculé de sang.

Potter disparait en se fondant dans la foule et dès que possible, il va faire passer ces compromettantes reliques en Angleterre, chez son frère George Potter, prospère marchand londonien.

Ce dernier fera confectionner une bague contenant quelques cheveux de Louis XVI et l'offrira au roi, George III.



(Aucun des dialogues et propos rapportés n'a été inventé ni arrangé. Tous ont été pris textuellement dans les dossiers des Archives ou les mémoires du temps)
JACQUES HÉRISSAY -LES AUMÔNIERS DE LA GUILLOTINE- PARIS, LIBRAIRE ARTHÈME FAYARD, 1935

Après l’exécution du roi, il juge prudent de quitter la France et va rejoindre le comte d’Artois, futur Charles X, réfugié à Édimbourg, emportant avec lui le dernier message d'Élisabeth à son frère.

Edgeworth de Firmont devient chapelain de Louis XVIII et il bénit le mariage entre Marie-Thérèse de France et le duc d’Angoulême le 9 juin 1799 au château de Mittau

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 7 heures   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:34

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21 janvier 1793: Météo 0014121 janvier 1793: Météo 00257
À 7 heures

21 janvier 1793: Météo Index18
Louis XVI s'entretient une ultime fois avec son confesseur et lui confie ses dernières volontés

  Le roi appelle Cléry, le remercie pour la fidélité qu'il a témoignée tout au long des jours sombres.

Il lui transmet son cachet aux armes de France pour le Dauphin 

Pour sa femme, il lui remet son anneau de mariage.

à propos de l'anneau, il confie à son valet à l'intention de la reine:
"Je vous charge de leur faire mes adieux" murmure-t-il, éclatant en sanglots "Dites-lui bien que je le quitte avec peine."

Il conserve au doigt l'anneau du sacre

Certains historiens évoquent une question que le roi, peu avant son départ pour l'échafaud, aurait posée à son valet à propos de l'expédition d'Entrecasteaux en ces termes:
"A-t-on des nouvelles de La Pérouse ?"

Il lui confie un sachet contenant des mèches de cheveux de ceux qu'il aime et son cachet, destiné au dauphin, le futur Louis XVII.



Louis XVI voudrait aussi que Cléry lui coupe aussi les cheveux.

Mais on lui refuse les ciseaux par crainte qu'il ne se donne la mort.
Puis Louis XVI veut de nouveau s'entretenir avec son confesseur.


Après s'être entretenu une dernière fois avec l'abbé dans la tourelle, le Roi rentre dans sa chambre et attirant Cléry dans l'embrasure de la fenêtre, lui confia, à destination du Dauphin, un petit cachet portant l'écusson de France

- Vous lui remettrez ce cachet, vous donnerez cet anneau à la reine, dites-lui que je le quitte avec peine...

Ce petit paquet contient des cheveux de toute ma famille, vous le lui remettrez aussi.

"Dites à la reine, à mes chers enfants, à ma sœur, que je leur avais promis de les voir ce matin, mais que j'ai voulu leur épargner la douleur d'une séparation si cruelle. Combien il m'en coûte de partir sans recevoir les derniers embrassements! "

Et, essuyant une larme, il ajouta:
"Je vous charge de leur faire mes adieux"

Les municipaux s'étaient approchés, et voyant les objets dans les mains du serviteur, se concertèrent et décidèrent de les lui laisser provisoirement

(Ses reliques remises ensuite au conseil du Temple, furent audacieusement dérobées par le municipal Toulan, de garde dans la nuit du 26 au 27 janvier, qui força le tiroir de la commode où elles se trouvaient. Toulan les remit secrètement à la reine. Lorsque le même Toulan parvint à introduire au Temple le général de Jarjayes, dans le but de faire évader la famille royale, la reine les confia à ce dernier, avec un court billet signé d'elle, du dauphin, devenu louis XVII, de Madame Royale et de Madame Elisabeth. c'est par ce canal que le dépôt parvint aux mains du comte de Provence)

Le Roi a demandé des ciseaux pour que Cléry lui coupe les cheveux au lieu du bourreau.

Nouvelle concertation d'une demie-heure

Le conseil finalement refusa de remettre les ciseaux demandés



"Ces gens-là voient partout des poignards et du poison, dit en souriant ; ils craignent que je me tue. Héla ! Ils me connaissent bien mal: me tuer serait une faiblesse. Non, puisqu'il le faut, je saurai mourir"

Le jour commençait à poindre

Paris était sous les armes depuis les premières heures de la nuit

Des affiches placardées la veille avaient annoncé l'exécution publique pour le lendemain

Dans l'aube triste de ce dimanche d'hiver, un grand bruit environne la Tour.

Alertées par la Commune, toutes les troupes de Paris sont sous les armes.

L'assassinat, la veille au soir, de Lepeletier de Saint-Fargeau, l'exalté Montagnard, tué d'un coup de sabre par l'ancien garde du corps De Paris, a fait redoubler les précautions militaires.

Partout les tambours battent la générale.

Les sections armées défilent dans les rues, les vitres résonnent du passage des canons sur les pavés.

Louis XVI remet son testament au municipal Jacques Roux.

Puis il demande instamment que son cher Cléry soit bien traité après sa mort, que nul ne lui tienne rigueur de sa fidélité.
"Allons!"

Le mot du roi sonne comme un ordre.

Louis Capet sort dans le brouillard glacé qui s'est abattu sur Paris.

Il traverse la cour du Temple, se retournant vers le donjon où sa famille est emprisonnée.

Il prend place dans une voiture fermée, en compagnie de son confesseur et de deux gendarmes.

Tandis que le véhicule s'ébranle, Louis prend le bréviaire de l'abbé et se met à réciter les psaumes des agonisants.

Lorsqu'il se tait, le roi "entend" le lourd silence de la foule contenue par deux haies de gardes nationaux.
Les Parisiens se sont massés tout au long du chemin qui mène du Temple à la Place de la Révolution, qui deviendra la Place de la Concorde.

Parfois, un "grâce" s'élève timidement.

Soudain, la voiture s'immobilise.

"Nous voilà arrivés", constate le roi.

La portière est ouverte par le bourreau.

Calmement, Louis descend.

D'un pas tranquille, il s'avance, regardant l'échafaud dressé au début des Champs Élysées et faisant face aux Tuileries

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 8 heures   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:35

21 janvier 1793: Météo Frise-11
21 janvier 1793: Météo Moon910

Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)

Ste Agnès, vierge et martyre


Vers 8 heures

Ce lundi 21 janvier, le brouillard des mauvais jours s'appesantissait sur Paris


Il faisait froid et une neige triste se mêlait à la boue


il avait plu une partie de la nuit


L'épaisseur des murs du Temple, loin d'isoler la prison, faisait résonner jusqu'au fond des pièces les bruits insolites en provenance de la capitale

"C'est probablement la garde nationale qu'on commence à rassembler", fit le Roi


Rien ne lui échappait du cliquetis des armes, du hennissement des chevaux, du roulement des canons


Sur tout le parcours une armée de 80 000 gardes nationaux avait été mobilisée, baïonnette au canon, auxquels s'ajournaient les gendarmes et la cavalerie


Trois mille six cent hommes, des légions occupaient les points stratégiques, de l'Hôtel de Ville aux Champs-Élysées et, près de 1 500 gardes nationaux protégeaient les prisons


D'ordinaire, le bourreau officiait place du Carrousel


On avait jugé celle-ci trop étroite pour un tel spectacle


pour la mort d'un roi il fallait une mise en scène grandiose et effrayante à la fois, un rituel collectif, en présence d'un impressionnant déploiement de troupes


Sur l'ordre du Conseil exécutif, la guillotine fut donc installée place Louis XV, devenue place de la Révolution

21 janvier 1793: Météo Capure63
Jacques-René Hébert a fait désigner pour accompagner le Roi deux prêtres jureurs, membres de la Convention et farouches patriotes, Jacques Roux et Jean-Claude Bernard


On entendit la cavalcade d'un détachement entrant dans la cour du Temple et la voix forte des officiers, criant leurs ordres


puis la grosse porte de chêne du bas, chargée de verrous et de barres de fer, s'ouvrit dans un fracas:

21 janvier 1793: Météo Images17

C'est Antoine Joseph Santerre qui arrive au Temple avec des commissaires de la Commune et des gendarmes.

Nul ne se découvre.

il est interrompu par Antoine Joseph Santerre qui commande les gardes nationaux, mais lui rétorque
- Vous venez me chercher? interroge le roi.

- Oui

- Je vous demande une minute

"Je suis en affaire, dit le Roi; attendez-moi là, je serai à vous" et refermant la porte de la tourelle, il se jeta aux genoux du prêtre

Il reçoit une dernière bénédiction de l'abbé en lui confiant:
"Tout est consommé, Monsieur; donnez-moi votre dernière bénédiction et priez Dieu qu'il me soutienne jusqu'à la fin"

Le Roi se releva et rentra dans sa chambre, s'y munit de son testament s'approcha d'un municipal et le lui tend et se remet aux mains de Santerre.

C'était le farouche vicaire assermenté qui se trouve être le défroqué Jacques Roux, qui se faisait appeler le "prédicateur des sans-culottes"

il le pria de remettre son testament à sa femme après en avoir fait lecture à la Commune

Louis recommanda à la Commune Cléry dont il n'avait eu qu'à se louer, désirant qu'il restât au Temple pour être au service de la Reine
- Je vous prie de remettre ce papier à la reine...

Il se reprend, dit: « à ma femme »


- Cela ne me regarde point, répond Roux.


Je ne suis pas ici pour faire vos commissions, mais pour vous conduire à l'échafaud.


- C'est juste, dit Louis...

(Attention, il faut préciser que Jacques Roux est bien plus qu'un prêtre jureur, c'est un prêtre défroqué (et je crois même qu'il n'était pas prêtre mais moine), et l'un des sans-culottes les plus enragés. Ses idées ont même inspiré Hébert, même si aujourd'hui le nom de Jacques Roux est oublié. Donc Jacques Roux n'est pas le plus représentatif de l'état d'esprit des prêtres jureurs -qui finirent à leur tour par être persécutés sous la Terreur.
Si Roux avait été choisi pour faire partie de l'escorte conduisant Louis XVI à l'échafaud, c'est précisément parce qu'il avait fait partie du clergé. Le faire escorter par un ancien prêtre -ou moine- devenu sans-culotte était une façon particulièrement cruelle de blesser Louis XVI dans sa foi catholique, et faisait pleinement partie du plan mis en œuvre par la Commune pour humilier et harceler sans relâche le Roi.)

Un autre commissaire Godeau accepte de s'en charger et s'empare du testament qu'il remettra non à la reine, mais à la Commune.(*)

Louis est vêtu d'un habit brun, avec gilet blanc, culotte grise, bas de soie blancs.

Cléry lui présente sa redingote.

- Je n'en ai pas besoin, donnez-moi seulement mon chapeau.

Comme les soldats avaient tous leur chapeau sur la tête, le Roi demanda le sien, le tricorne avec lequel il était sorti des Tuileries le 10 août, mais orné d'une cocarde nationale toute neuve

Il lui serre fortement la main, puis, regardant Santerre, dit d'un ton ferme:
- Partons.


D’un pas égal, il descend l’escalier de la prison.


Dans la seconde cour de la maison du temple, la voiture verte du maire de Paris Nicolas Chambon attend, ce dernier ayant obtenu que le roi ne soit pas conduit dans la charrette des condamnés.

Louis XVI y prend place avec l'abbé et deux personnes de la milice s'installent face à eux.

Avant de monter, le roi se tourne vers l'un des concierges de la prison et lui déclare « J'ai eu un peu de vivacité avec vous avant-hier soir, ne m'en veuillez pas ! »


Dans la première cour, il se retourne et regarde à deux reprises l’étage où sont les siens: au double roulement qui a retenti lorsqu’il a franchi la porte de la Tour, ils se sont précipités vainement vers les fenêtres, obstruées par des abat-jour.

- C’en est fait, s’écrie la Reine, nous ne le verrons plus !

Le Roy monte dans sa voiture, un coupé vert, suivi de l’abbé Edgeworth de Firmont.

Un lieutenant de gendarmerie et un maréchal des logis s’assoient en face d’eux sur la banquette de devant.

Précédés de grenadiers en colonnes denses, de pièces d’artillerie, d’une centaine de tambours, les chevaux partent au pas…


Les fenêtres, comme les boutiques, par ordre restent closes.


Dans la voiture aux vitres embuées, Louis XVI la tête baissée, lit sur le bréviaire du prêtre les prières des agonisants dans le chemin

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 8H 30: du matin   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:36

21 janvier 1793: Météo Frise-11

21 janvier 1793: Météo Moon910

Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)


Ste Agnès, vierge et martyre

8 H 30



La demie de huit heures sonne enfin à la petite pendule dorée qui orne la cheminée de la chambre à coucher.


À nouveau, quelqu'un frappe et, cette fois, c'est le général Santerre qui vient chercher le condamné.
— Je suis en affaire, reprend le Roi avec autorité... Attendez-moi là; dans quelques minutes je serai à vous.


Ce disant, il referme la porte et se jette aux genoux de M. de Firmont:
Tout est consommé, Monsieur. Donnez-moi votre dernière bénédiction, et priez Dieu qu'Il me soutienne jusqu'au bout !


Dès que le prêtre a tracé sur lui le signe de la Croix, il se relève, sort du cabinet, s'avance vers la troupe qui emplit l'appartement; sans rien perdre de sa présence d'esprit, il remet encore son testament à un membre de la Commune, fait quelques recommandations en faveur de Cléry, qui sanglote à côté, en lui tendant le chapeau qu'il a demandé.


— Marchons ! commande alors le Roi d'un ton ferme, et, encadré des miliciens, des commissaires, suivi par M. de Firmont, il s'engage dans l'escalier à vis...


Le guichet franchi, la traversée du jardin, plein d'un brouillard glacé, est vite faite; Louis XVI peut cependant, en se retournant, jeter un ultime regard sur la Tour, qui garde derrière ses murailles ceux qui lui sont chers.


Dans un fracas d'armes, la petite troupe passe par l'ancien hôtel du comte d'Artois; dans la cour d'honneur, un carrosse attend, au bas du perron: un officier de gendarmerie y monte le premier; le Roi le suit, prend place dans le fond, fait mettre M.de Firmont à côté de lui; un maréchal des logis saute le dernier.


La portière se referme et, entre une double haie de gardes nationaux, le véhicule sort dans la rue du Temple, où l'escorte l'encercle aussitôt, une escorte formidable, faite pour décourager toute tentative d'attaque, cent gendarmes en éclaireurs, douze tambours, douze cents gardes nationaux serrés autour de l'équipage, et, fermant la marche, cent cavaliers de l'École militaire


D'un pas égal, il descend l'escalier de la prison.

A l'entrée de l'escalier, il croisa Mathey, le concierge de la tour, avec son éternel trousseau de clés:
"J'ai eu un peu de vivacité avant-hier envers vous, s'excuse-t-il; ne m'en veuillez pas"

Au milieu des gendarmes rangés en haies, le Roi traversa en silence la première cour, il se retourne et regarde à deux reprises dans le ciel grisâtre la masse sombre avec ses revêches bonnets pointus et particulièrement l'étage où sont les siens: au double roulement qui a retenti lorsqu'il a franchi la porte de la Tour, ils se sont précipités vainement vers les fenêtres, obstruées par des abat-jour.

21 janvier 1793: Météo 11110


"Au mouvement qu'il fit, écrit l'abbé de Firmont, on voyait qu'il rappelait sa force et son courage"

- C'en est fait, s'écrie la reine, nous ne le verrons plus !...

Après avoir franchi le corps de garde, le cortège traversa les salons du palais

Dans la cour d'honneur du Temple attendait une voiture de couleur vert bouteille

Un lieutenant  et un maréchal des logis de la gendarmerie, armés de fusils, se tenaient à la portière

C'était la voiture que le maire Nicolas Chambon, par soucis d'humanité, avait obtenue du Conseil exécutif, à la place de la charrette du bourreau

21 janvier 1793: Météo 83468710
(1) Nicolas Chambon était un médecin connu par un ouvrage estimé sur les maladies des femmes
il ne convenait pas aux meneurs du temps, dont il contrariait avec fermeté les mesures.
peu de temps après la mort du Roi, il donna sa démission et fut remplacé comme maire de Paris par Jean-Nicolas Pache, qui venait d'être ministre de la guerre
21 janvier 1793: Météo 83468711
Jean-Nicolas Pache

Le roi et l'abbé montent dans cette voiture et se placèrent sur la banquette d'honneur, les deux gendarmes sur celle du devant

Un lieutenant de gendarmerie et un maréchal des logis s'assoient en face d'eux sur la banquette de devant.

Précédés de grenadiers en colonnes denses, de pièces d'artillerie, d'une centaine de tambours, les chevaux partent au pas...

Les fenêtres, comme les boutiques, par ordre restent closes.

Dans la voiture aux vitres embuées, Louis, la tête baissée, lit sur le bréviaire du prêtre les prières des agonisants.

Toutes glaces fermées,  la voiture s'ébranla au bruit d'une fanfare de tambours et de trompettes

Elles était précédée de cent gendarmes à cheval, de quatre canons, suivie d'autant, en entourée de douze cents hommes des sections

A l'arrière-garde venait un détachement à cheval de l’École militaire

Les boulevards traversés (Boulevard du Temple, Saint-Martin et Saint-Honoré), où la circulation avait été interdite, étaient frangés d'une double, voire d'une triple rangée de gardes nationaux et de sectionnaires munis de piques (deux cents hommes par section)

Le brouillard ne parvenait pas à se dissiper

il faisait sombre et les réverbères étaient restés allumés

Il n'y avait ni badauds ni curieux aux fenêtres, les autorités ayant enjoint à la population de les tenir fermées

Comme un carrosse un jour de liesse, la voiture roulait au pas

Mais c'était un cortège lugubre, accompagné d'un roulement de ininterrompu de tambours

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 9 heures du matin   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:37

21 janvier 1793: Météo Frise-11
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Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)

Ste Agnès, vierge et martyre
21 janvier 1793: Météo 0014221 janvier 1793: Météo 0025821 janvier 1793: Météo 00320
21 janvier 1793: Météo 0041521 janvier 1793: Météo 00512
21 janvier 1793: Météo 00143
21 janvier 1793: Météo 0061121 janvier 1793: Météo 00711
21 janvier 1793: Météo 00144
21 janvier 1793: Météo 0081121 janvier 1793: Météo 0091121 janvier 1793: Météo 01011
21 janvier 1793: Météo 01110221 janvier 1793: Météo 0122921 janvier 1793: Météo 01312
9 heures du matin


En ce matin du 21 janvier, la température extérieure est faible: il fait 3 °C.

Un brouillard épais a enveloppé Paris

Dans la seconde cour de la maison du temple, la voiture verte du maire de Paris Nicolas Chambon attend, ce dernier ayant obtenu que le roi ne soit pas conduit dans la charrette des condamnés.

Louis XVI y prend place avec l'abbé et deux personnes de la milice qui s'installent face à eux.

Avant de monter, le roi se tourne vers l'un des concierges de la prison et lui déclare
"J'ai eu un peu de vivacité avec vous avant-hier soir, ne m'en veuillez pas !"

La voiture quitte le Temple vers 9 heures au son de tambours et de trompettes.

Elle tourne à droite dans la rue du Temple, pour rejoindre les grands boulevards, tandis que le roi continue de réciter les psaumes et la prière des agonisants.

Paris a alors 80 000 hommes en armes (Fédérés, Gardes nationaux, fusiliers) occupant les carrefours, les places et postés le long des rues.

Des canons sont postés à chaque endroit stratégique.

Le convoi est précédé d'environ 200 gendarmes à cheval.

Les Parisiens sont venus en nombre assister à l'exécution, tant sur le trajet qu'à l'emplacement de la guillotine

Les volets sont clos et les boutiques fermées.

La plupart des personnes sont silencieuses.

Certains demandent grâce, d'autres au contraire fredonnent Ah ! ça ira


Dans ses dernières volontés, Louis XVI avait souhaité se recueillir dans l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle dont la première pierre fut posée en avril 1628 par son aïeule Anne d'Autriche (1601-1666), épouse longtemps délaissée de Louis XIII.

Dans le quartier Bonne Nouvelle, aux environs de la rue de Cléry, le baron de Batz, soutien de la famille royale qui a financé la fuite à Varennes, a convoqué 300 royalistes pour tenter de faire évader le roi.

Le roi devait être caché dans une maison appartenant au comte de Marsan, rue de Cléry.

Le baron de Batz s'élance: « Avec moi, mes amis, pour sauver le roi ! »

À la suite de la dénonciation de ses compagnons, seuls quelques-uns ont pu venir.

Trois sont tués, mais le baron de Batz réussit à s'échapper

Le cortège emmené par Santerre poursuit son trajet par les boulevards et la rue de la Révolution (actuelle rue Royale)

Le maire de Paris, Nicolas Chambon, a eu une délicate attention: que le Roi, condamné à mort la veille par 387 voix contre 334, ne traverse pas Paris dans la vulgaire charrette des suppliciés.

Santerre, commandant de la Garde Nationale, ouvre brutalement la porte.

La berline s’ébranle à 9 heures au son des tambours, puis rejoint la rue du Temple noyée dans le brouillard.

21 janvier 1793: Météo Captur77

A bord, Louis XVI récite des psaumes et la prière des agonisants en compagnie de son confesseur, l’abbé de Firmont.

Résigné à mourir, il s’en remet à Dieu.

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 10H du matin   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:39

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Lundi 21 janvier 1793
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Ste Agnès, vierge et martyre
Le jour est humide, triste brumeux et froid

Selon le journal de Nicolas Guittard de Floriban (Le Journal d'un bourgeois de Paris", le thermomètre marque trois degrés au dessus de zéro

Le trajet du Temple à la place de la Révolution (anciennement Louis XV, aujourd'hui Place de la Concorde) dure une heure

Les autorités ont pris d'extraordinaires précautions

plusieurs milliers d'hommes sont sur pied

72 canons sont placés aux endroits stratégiques

100 gendarmes à cheval précèdent la voiture et 100 autres la suivent

On redoute un coup de main

on craint aussi des manifestations populaires de sympathie pour le Roi

La veille, selon Mme Elliott, les poissardes avaient voulu se rendre à la Convention et demander aux députés la grâce du Roi

on les en avait dissuadées, mais avec beaucoup de difficulté

Santerre avait alors donné l'ordre que le lendemain, jour de l'exécution, il n'y ait dans la rue que des hommes et des hommes armés

(Ordre du jour du 20 janvier 1793, cité par Beauchesne)

Ce cortège sortait du Palais de Justice et entamait le long parcours de la rue St Honoré, étroite et perpétuellement encombrée.

Équivalent actuel de la photo ci-dessus

Les parisiens étaient témoins d'un quotidien défilé macabre.

Elle tourne à droite dans la rue du Temple, pour rejoindre les grands boulevards, Poissonnière, Bonne Nouvelle, la rue de la Révolution (actuelle Rue Royale)

Il a emporté son bréviaire

Le Roi lisait avec calme la prière des agonisants et récitait alternativement avec l'abbé des psaumes

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 10H10   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:40


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Lundi 21 janvier 1793
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10H 10

Au bout d'une heure et demie, la voiture débouche enfin de la rue de la Révolution (Rue Royale)  sur la place de la Révolution.

La place était noire d'une multitude en armes:
Au centre, les bataillons de la section des Gravilliers, des Arcis et des lombards: à l'entrée des Champs Élysées, les fédérés d'Aix et de Marseille.

Des gand étaient grimpés sur les grilles des Tuileries

Il y avait sur place au moins 20 000 hommes

A droite en regardant la Seine, au milieu d'un espace encadré de canons et de cavaliers, non loin du piédestal vide, édifié par Chalgrin qui supportait naguère la statue équestre de Louis XV le Bien-Aimé due à Boucahrdon qui fut déboulonnée (on l'avait envoyé à la fonte après le 11 août) et situé à 2 mètres de haut et le début des allées des Champs-Élysées, se dresse la guillotine peinte en rouge

Répliques de guillotines à l'échelle 1:6

La guillotine fut dressée à 6 toises (une douzaine de mètres environ) du piédestal de la statue de Louis XV (emplacement occupé aujourd'hui par l'obélisque en direction des Champs-Élysées, légèrement à droite

Pour être les premiers au pied de l'échafaud et avoir la satisfaction de voir tomber "la tête infâme", les Vainqueurs de la Bastille, les bataillons fédérés des Provinciaux et les Brestois avaient pris les armes à une heure du matin, en accord avec le commandant de la garde nationale

La place entière est garnie de troupes.

Les spectateurs ont été refoulés très loin.

Il ne sort de leur multitude qu'un faible bruit, fait de milliers de halètements, de milliers de soupirs.

La voiture s’immobilisa au milieu d'un espace vide bordé de canons et d'une rangée de dragons à cheval, avec leur casque à chenille

Tout de suite, sur un ordre 21 janvier 1793: Météo 235px-AntoineJosephSanterrede Antoine Joseph Santerre, l'éclat assourdissant des tambours l'étouffe...


21 janvier 1793: Météo Capt2583
Louis XVI au pied de l'échafaud - par Benezech - Musée de Versailles


Il est de ces hommes qui toute leur vie ont paru médiocres et qui savent noblement mourir.


Leur âme vraie perce au moment suprême.


Louis XVI est de ces caractères seconds que la catastrophe resserre, épure et grandit.


Sans aptitude pour le trône, il a mal régné.


A présent que le sort le fait échapper à sa faiblesse, à sa misère, il va finir en roi.


 21 janvier 1793: Météo 451px-BalzacEpisodeTerror
L'exécuteur Sanson et deux de ses aides, venus à la voiture, ouvrent la portière


Louis ne descend pas tout de suite; il achève sa prière.


Le Roi mettant une main sur le genou de l'abbé, leur dit d'un ton de maître:
"Messieurs, je vous recommande monsieur que voilà: ayez soin qu'après ma mort il ne lui soit fait aucune insulte; je vous charge d'y veiller"



Comme ils ne répondaient pas, il insista:
"Oui, oui, lui fit-on d'un ton bourru, nous en aurons soin; laissez nous faire"



Puis le Roi descend de voiture, trois acolytes se précipitèrent sur lui et voulurent lui ôter sa redingote


Mais il les repoussa et l'ôta lui-même


Il dégrafa sa chemise, défit les boutons jusqu'à la poitrine et dégagea son cou


Il ne garda que son gilet de molleton blanc, une culotte de drap gris et des bas de soie de même couleur


Comme un des bourreaux s'approchait avec une paire de gros ciseaux, il refusa de sa faire couper les cheveux



Quant on voulu lui lier les mains, il se débattit


- Que voulez-vous? dit-il.


- Vous lier.


- Me lier, non, je n'y consentirai jamais


Indigné par l'affront, son visage est soudain devenu très rouge.


Cela lui paraissait, raconte Edgeworth de Firmont, un "outrage mille fois plus insupportable que la mort, par la violence que l'on semblait y mettre"


Les bourreaux semblent décidés à user de la force.


Il jeta un long regard de désespoir à son confesseur comme pour lui demander conseil.


L'abbé Edgeworth garda le silence mais, comme le Roi persistait, il s'écria:
"Sire, dans ce nouvel outrage je ne vois qu'un trait de ressemblance antre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense"



Faites ce sacrifice, sire
" A ces mots, relate l'abbé, le Roi leva les yeux au ciel avec une expression de douleur que je ne saurai jamais rendre"
"Assurément, dit le Roi, il ne faut rien moins que son exemple pour que je me soumette à un pareil affront"
Et se retournant vers les bourreaux:
"Faites ce que vous voudrez, je boirai le calice jusqu'à la lie"



On lui attache les poignets derrière le dos avec un mouchoir, on lui coupe les cheveux.


Louis se laissa enfin couper les cheveux sur la nuque


Puis il s'agenouille aux pieds du prêtre et reçoit sa bénédiction.


Puis il monte le roi de degré de l'échafaud, appuyé lourdement sur le bras du prêtre qui l'aide à monter les premières marches, rendues glissantes par l'humidité


Ils les monte lentement


L'échafaud était à 2 mètres du sol et l'escalier, fort raide


Les madriers et les poteaux étaient couleur sang


A la dernière marche il se redresse et, marchant d'un pas rapide, assuré et intrépide dit l'ambassadeur Pisani, il traversa toute la plate-forme, entourée d'une balustrade de bois, et se porta sur le côté gauche


Il avait le visage rouge


Les mains toujours garrottées, la tête haute, il promena son regard sur la foule


Les tambours battent au même instant


Là, face aux Tuileries, témoins de ses dernières grandeurs et de sa chute, faisant un signe avec un regard impérieux et impose le silence aux tambours qui, surpris, cessent de battre, il crie d'une voix tonnante:
"Paix, tambours... Messieurs, je demande la parole"

Les bourreaux étaient au nombre de 5, dont l'exécuteur des arrêts criminels en titre, le fameux Charles Henry Sanson, ses deux frères Charlemagne et louis Martin, et ses deux aides, Gros et Barré



A quatre, les bourreaux se jettent sur lui, l'allongent sur la planche.


Pendant qu'on attachait les sangles et les courroies, Louis s'écria d'une voix forte:
"Français, je meurs innocent des crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie Dieu que le sang qui va être répandu ne retombe jamais sur la France !"



Et vous, peuple infortuné...


Combien purent entendre ces paroles hâtivement prononcées?


Bien peu sans doute


plusieurs voix crièrent aux bourreaux de faire leur devoir


Il veut continuer à parler, mais sur un ordre de Santerre (ou de Dugazon, aide de camp de ce dernier) et de Beaufranchet, adjudant général de Santerre, à cheval  en uniforme de la garde nationale se précipite vers les tambours, leur jette un ordre.


"Non, non, ne le laissez pas parler !" et, levant son épée, fit battre à nouveau les tambours et sonner les trompettes

Il frappe du pied l'échafaud



- Silence, faites silence ! ...


On ne l'entend plus.

Lié à la planche verticale, le corps bascula sous le couperet

Louis releva la tête, regardant fixement la multitude

La lunette, face aux Tuileries, se ferma d'un coup bref

La lame siffla

Le couperet tombe, faisant sauter la tête dans un double jet de sang qui rejaillit sur l'abbé Edgeworth qui en regardant le Roi dit:
"Fils de Saint-Louis, montez au Ciel"

21 janvier 1793: Météo Capt2584
La mort de Louis XVI - gravure d'après Fious



À 10 h10

La place de la Révolution est atteinte: vingt mille hommes au moins sont encore rangés là, et toutes les issues sont garnies de canons chargés à mitraille...


À l'instant où le carrosse décrit un cercle pour s'approcher de la guillotine, le Roi, pour la première fois, rompt le silence et, se penchant à l'oreille de M. de Firmont, lui murmure:
— Nous voilà arrivés, si je ne me trompe.


Le prêtre ne trouve rien à répondre...



Les chevaux du reste viennent de s'arrêter, la portière s'ouvre, les gendarmes s'apprêtent à descendre.



Louis XVI les arrête d'un geste et, appuyant sa main sur le genou de l'abbé, il dit à ses gardiens, «d'un ton de maître»:
Messieurs, je vous recommande Monsieur que voilà: ayez soin qu'après ma mort il ne lui soit fait aucune insulte.



Je vous charge d'y veiller.


Et, comme les deux hommes semblent faire la sourde oreille, le Roi veut insister, élève la voix, mais l'un d'eux lui coupe la parole, ripostant d'un ton goguenard, bien peu rassurant:
Oui, oui, nous en aurons soin; laissez-nous faire !...


L'instant fatal est venu : dès que Louis XVI a mis pied à terre, les trois bourreaux, Sanson, son fils et un aide, l'entourent, veulent lui ôter ses vêtements, mais il ne se laisse pas faire, se déshabille lui-même, défait son col, ouvre sa chemise, l'arrange avec soin.



Un incident surgit quand on veut lui prendre les mains:
Que prétendez-vous ?... s'écrie-t-il.
— Vous lier, répond Sanson.


Me lier !... riposte le prince avec indignation. Je n'y consentirai jamais !... Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas; renoncez à ce projet !


Les voix s'élèvent, le bourreau est sur le point d'appeler à l'aide; M. de Firmont estime qu'il faut, à tout prix, éviter une scène de violence; du regard, le Roi semble l'interroger; maîtrisant son émotion, le prêtre trouve les mots qui, seuls, sont susceptibles d'apaiser celui qui va mourir:
Sire, dans ce nouvel outrage, je ne vois qu'un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense.


À ces mots, Louis XVI lève les yeux au Ciel avec une intense expression de douleur.
Assurément, soupire-t-il, il ne me faudra rien moins que Son exemple pour que je me soumette à un pareil affront.


Et, se tournant vers Sanson, il ajoute:
Faites ce que vous voudrez, je boirai le calice jusqu'à la lie.


Dès que ses mains sont attachées, il gravit l'échafaud; les marches en sont raides, et il doit s'appuyer sur le bras de M. de Firmont, qui le soutient...



Celui-ci se demande une minute si le courage du Prince ne va pas fléchir, et c'est alors, peut-être, qu'il lui dit le mot qu'il ne niera pas avoir prononcé, mais dont il affirmera ne pas se souvenir:
Fils de saint Louis, montez au Ciel !


Bien loin de faiblir, Louis XVI, au contraire, arrivé sur la plate-forme qui supporte la guillotine, se redresse, s'avance, impose du regard silence aux quinze ou vingt tambours qui l'entourent et n'ont pas cessé de battre, puis, «d'une voix si forte qu'elle dut être entendue du Pont-Tournant», il prononce distinctement les paroles à jamais célèbres:
— Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute ! Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France...


Il s'apprête à continuer, mais des officiers, fonçant l'épée à la main, ordonnent en hurlant aux tambours de rouler, aux bourreaux d'en finir. Ceux-ci appréhendent le Roi, l'entraînent, le font basculer, appuient sur le déclic, — et le couteau tombe dans un ruissellement de sang.


Tout cela n'a duré qu'une minute; M. de Firmont, agenouillé près de la guillotine, se rejette en arrière pour n'être pas éclaboussé...



En un éblouissement, il voit le fils de Sanson, un jeune homme d'une vingtaine d'années, ramasser dans le panier la tête décapitée, la saisir par les cheveux et la présenter au peuple, en gambadant et hurlant:
— Vive la Nation !


Quelques cris de «Vive la République !» lui répondent, et ces cris, peu à peu, s'amplifient, mille fois répétés par la multitude qui se presse autour de la place et force les barrages.


Profitant du désordre qui s'en suit, le prêtre descend de l'échafaud et se perd dans la foule.


(Aucun des dialogues et propos rapportés n'a été inventé ni arrangé. Tous ont été pris textuellement dans les dossiers des Archives ou les mémoires du temps)
JACQUES HÉRISSAY -LES AUMÔNIERS DE LA GUILLOTINE- PARIS, LIBRAIRE

ARTHÈME FAYARD, 1935


Après l’exécution du roi, il juge prudent de quitter la France et va rejoindre le comte d’Artois, futur Charles X, réfugié à Édimbourg, emportant avec lui le dernier message d'Élisabeth à son frère.


Edgeworth de Firmont devient chapelain de Louis XVIII et il bénit le mariage entre Marie-Thérèse de France et le duc d’Angoulême le 9 juin 1799 au château de Mittau

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 10H15   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:41


21 janvier 1793: Météo Frise-11
21 janvier 1793: Météo Moon910

Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)

Ste Agnès, vierge et martyre




10H15

Il débouche vers 10 h 15 sur la place de la Révolution et s'arrête au pied de l'échafaud installé entre les Champs-Élysées et le piédestal de la statue de Louis XV qui vient d'être déboulonnée et situé à 2 mètres de haut.

Peint en rouge, l'échafaud est placé au milieu d'un espace vide encadré de canons et d'une troupe de fédérés, le peuple étant tenu au loin.

20 000 hommes ont été déployés pour l'entourer.

Voyant l'échafaud, le roi lance: "Nous voilà arrivés, si je ne me trompe."


L'exécution

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Henri_Sanson

Accueilli par le bourreau Charles-Henri Sanson à sa descente du carrosse, le monarque désigne son confesseur à l'un des bourreaux et lui dit: "Je vous recommande le prêtre que voici. Ayez soin qu'après sa mort il ne lui soit fait aucune insulte."

Calme, il ôte ensuite lui-même sa redingote brune et son foulard-cravate.

À la demande de Sanson, il ouvre le col de sa chemise.

Voyant qu'on veut lui lier les mains, le roi refuse: "Me lier ! Non, je n'y consentirai jamais.

Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas, renoncez à ce projet." Évoquant l'exemple du Christ, l'abbé de Firmont réussit à le convaincre.

Louis XVI déclare alors à ses bourreaux: "Faites ce que vous voulez, je boirai le calice jusqu'à la lie."
On lui lie alors les mains dans le dos par son propre mouchoir; un assistant de Sanson découpe grossièrement son col puis le rabat et lui coupe les cheveux

Accompagné par des roulements de tambour, le roi, assisté de l'abbé Edgeworth, monte sur l'escalier et rejoint les cinq bourreaux (Sanson et ses quatre assistants) sur la plate-forme

Contre toute attente, Louis XVI s'avance sur le bord gauche de l'estrade.

Il fait signe aux tambours de s'arrêter et déclare d'une voix forte: "Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France."

Il veut poursuivre mais Santerre donne l'ordre de faire battre à nouveau les tambours pour couvrir sa voix.

Certains auteurs mentionnent que l'ordre a été donné par d'autres protagonistes: parmi les noms cités, ceux de de Dugazon, Beaufranchet d'Ayat ou du tambour Pierrard

La légende historique attribue généralement cet acte à Santerre, mais celui-ci n'aurait fait que transmettre l'ordre du général Berruyer, commandant en second de Paris

L'abbé de Firmont lui crie alors: "Fils de Saint Louis, montez au Ciel !"


21 janvier 1793: Météo Lys2

A 10 heures un quart du matin sur la place de la révolution, ci devant appelé Louis XV.
 
Le tyran est tombé sous le glaive des Lois.

Ce grand acte de justice a consterné l'Aristocrate, anéanti la superstition Royale, et crée la république.
 
Il imprime un grand caractère à la convention nationale et la rend digne de la confiance des français ce fut en vain qu'une faction audacieuse et des orateurs insidieux épuisèrent toutes les ressources de la calomnie, du charlatanisme et de la chicane; le courage des républicains triompha: la majorité de la convention demeura inébranlable dans ses principes, et le génie de l'intrigue céda au régime de la Liberté et à l'Ascendant de la vertu.



21 janvier 1793: Météo Lys2
21 janvier 1793: Météo 0110
21 janvier 1793: Météo 021021 janvier 1793: Météo 0110
21 janvier 1793: Météo 0210

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MessageSujet: Re: 21 janvier 1793: Météo   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:42

dans le jour brumeux, la voiture débouche enfin de la rue Royale sur la place de la Révolution.

A droite en regardant la Seine, au milieu d’un espace encadré de canons et de cavaliers, non loin du piédestal vide qui supportait naguère la statue de Louis XV, se dresse la guillotine.


La place entière est garnie de troupes.

Les spectateurs ont été refoulés très loin.

Il ne sort de leur multitude qu’un faible bruit, fait de milliers de halètements, de milliers de soupirs.

(Le Livre noir de la Révolution française nous apprend beaucoup de détails intéressants sur l'exécution de Louis XVI, et notamment sur Sanson, le bourreau.

On aurait tort de voir en cet homme, auquel l'Histoire a donné un bien mauvais rôle, un révolutionnaire animé des pires intentions. Non seulement il ne l'était pas, mais c'était également un royaliste. Cela, nous pouvions nous en douter grâce au rapport qu'il fit à la Convention, et dans lequel il parle de la forte impression que lui a faite le Roi. Sanson fut également un des premiers à commémorer la mémoire du Roi le 21 janvier, initiant cette tradition dans sa famille. Sanson appréciait Louis XVI, lequel lui avait un jour accordé audience aux Tuileries (c'est cela qui était formidable sous la Monarchie, n'importe quel citoyen pouvait exposer ses problèmes au Roi, personnellement). Ce dont on ne se doute pas, et ce que les mémoires de Sanson (à l'usage privé de ses enfants) nous révèlent, c'est que Sanson était au courant des projets du baron de Batz pour sauver Louis XVI le 21 janvier. Et non seulement l'exécuteur public ne dénonça pas ces complots, mais il se prépara également à y prendre part. En effet : jusqu'au dernier moment, il a espéré un soulèvement en faveur de Louis XVI, et alors qu'il liait les mains du Roi, il dissimulait sous son manteau des armes qui lui auraient servi à couvrir la fuite de Louis XVI en cas de réussite de la tentative de soulèvement.

Les mémoires de Sanson nous révèlent un autre détail très intéressant. Il y a quelques mois, Chou d'amour s'étonnait que le peuple, qui aimait tant son Roi, ait acclamé la chute du couperet. Eh bien, les mémoires de Sanson sont éloquents à ce sujet:

Louis XVI commençait d'exciter une véritable compassion ; et, réellement, je n'ai pas compris, après tous les avis que j'avais reçus hier, qu'il ait été si cruellement abandonné. Le moindre signal eût suffi pour amener une diversion en sa faveur, car, si lorsque mon aide Gros montra cette auguste tête aux assistants, quelques forcenés poussèrent des cris de triomphe, la majeure partie se détourna avec une profonde horreur et un douloureux frémissement.

Ainsi, derrière l'Histoire maquillée, la vérité apparaît-elle....

En complément, voici, grossièrement esquissée, la disposition des acteurs et spectateurs du drame place de la Révolution. Au centre, l'échafaud. Autour de celui-ci, des canons pour prévenir tout soulèvement. Puis 3000 sans-culottes, les massacreurs de septembre. Ce sont ceux-là qui ont hurlé de joie à la chute du couperet. Et, cernant le tout, 80000 gardes nationaux (oui, 80000 !). Autrement dit, des uniformes bleus à perte de vue. Le vrai peuple de Paris, lui, était relégué le plus loin possible de l'échafaud, face à cette infranchissable muraille de soldats. On comprend mieux, ainsi, que tout se soit passé selon les plans des régicides. Pendant que les septembriseurs faisaient la fête, ce peuple, spectateur impuissant, se retira dans ses maisons pour pleurer son père assassiné)

il voulut parler au peuple, Santerre l'en empêcha en faisant battre le tambour.

Son discours fut entendu de peu de monde.

 

Il est des hommes qui toute leur vie ont paru médiocres mais dont la mort révèle la véritable grandeur: leur âme perce au moment suprême !

Louis XVI fut de ces caractères apparemment médiocres que la catastrophe épure et grandit.

Son règne est calomnieusement présenté comme n’ayant aucun éclat ni génie, mais nul ne peut nier que sa fin est auréolée de grandeur et de majesté.

L’exécuteur Sanson et deux de ses aides, venus à la voiture, ouvrent la portière; Louis XVI ne descend pas tout de suite; il achève sa prière.


Au bas de l’échafaud, les bourreaux veulent le dévêtir.

Il les écarte assez rudement, ôte lui-même son habit et défait son col.

Puis il s’agenouille aux pieds du prêtre et reçoit sa bénédiction.


Les aides l’entourent et lui prennent les mains.


- Que voulez-vous? dit-il.
- Vous lier.
- Me lier, non, je n’y consentirai jamais!

Indigné par l’affront, son visage est soudain devenu très rouge.

Les bourreaux semblent décidés à user de la force.

Il regarde son confesseur comme pour lui demander conseil.

L’abbé Edgeworth murmure:
- Faites ce sacrifice, Sire; ce nouvel outrage est un dernier trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense.
- Faites ce que vous voudrez, je boirai le calice jusqu’à la lie.

Il se déshabilla ensuite tout seul, il se fit lier les mains avec son mouchoir et non une corde.

on lui coupe les cheveux.
21 janvier 1793: Météo Ob_59e10

Puis il monte le raide degré de l’échafaud, appuyé lourdement sur le bras du prêtre.

A la dernière marche il se redresse et, marchant d’un pas rapide, il va jusqu’à l’extrémité de la plate-forme.
21 janvier 1793: Météo Ob_d4310

Là, face aux Tuileries, témoins de ses dernières grandeurs et de sa chute, faisant un signe impérieux aux tambours qui, surpris, cessent de battre, il crie d’une voix tonnante:
- Français, je suis innocent, je pardonne aux auteurs de ma mort, je prie Dieu que le sang qui va être répandu ne retombe jamais sur la France ! Et vous, peuple infortuné…

A cheval, Beaufranchet, adjudant général de Santerre, se précipite vers les tambours, leur jette un ordre.

Un roulement brutal interrompt le Roy.

Il frappe du pied l’échafaud:
- Silence, faites silence!

On ne l’entend plus.

Les bourreaux se saisissent de lui, le lient à la planche…
Le couperet tombe.

Il reçut le coup de la mort le 21 Janvier 1793, un lundi, à 10 heures 10 minutes.

L’un des aides de Sanson prend la tête du Souverain et, la tenant par les cheveux, la montre aux assistants.


Des fédérés, des furieux escaladent l’échafaud et trempent leurs piques, leurs sabres, leurs mouchoirs, leurs mains dans le sang.

Ils crient: « Vive la nation! Vive la République! »

Quelques voix leur répondent.

Mais le vrai peuple reste muet, pour la simple et bonne raison qu’il n’est pas présent: la grande majorité des parisiens est terrée chez eux, la place n’est occupée que par les soldats de la révolution et, derrière eux, par quelques groupes d’enragés.
21 janvier 1793: Météo Leroia10

Le Roy au pied de l'échafaud

L’abbé descend de la plate-forme et fuit, l’esprit perdu.

21 janvier 1793: Météo Ob_01310

Une tradition lui a prêté ces mots, adressés au Roy comme adieu: " Fils de Saint Louis, montez au ciel ! "

L'abbé, qui l'avoit suivi, lui dit, au moment qu'il alloit mourir: « Allez, fils de St Louis, les portes de l'éternité vous sont ouvertes »

Les restes de Louis XVI, transportés dans un tombereau au cimetière de la Madeleine, rue d’Anjou, furent placés dans une bière emplie de chaux vive et enfouis dans une fosse que recouvrit encore une épaisse couche de chaux.

Un prêtre constitutionnel marmonna quelques prières sur la tombe, profanation suprême, mais le dernier mot, même devant un cadavre, devait rester à « la loi »…

Ainsi périt Louis 16, roi de France et de Navarre, âgé de 39 ans, 5 mois moins 3 jours, après avoir régné 18 ans et avoir été en prison 5 mois et 8 jours.
- extrait du Mémoire de Marie Thérèse Charlotte de France -

21 janvier 1793: Météo Lys211

Texte de l'acte de décès de Louis XVI tel que recopié par les achivistes:

Du lundi 18 mars 1793, l'an Second de la République française.

Acte de décès de Louis CAPET, du 21 janvier dernier, dix heures vingt-deux minutes du matin ; profession, dernier Roy des Français, âgé de trente-neuf ans, natif de Versailles, paroisse Notre-Dame, domicilié à Paris, tour du Temple ; marié à Marie-Antoinette d'Autriche, ledit Louis Capet exécuté sur la Place de la Révolution en vertu des décrets de la Convention nationale des quinze, seize et dix-neuf dudit mois de janvier, en présence 1° de Jean-Antoine Lefèvre, suppléant du procureur général sindic du département de Paris, et d'Antoine Momoro, tous deux membres du directoire dudit département et commissaires en cette partie du conseil général du même département ; 2° de François-Pierre Salais et de François-Germain Isabeau, commissaires nommés par le conseil exécutif provisoire, à l'effet d'assister à ladite exécution et d'en dresser procès-verbal, ce qu'ils ont fait ; et 3° de Jacques-Claude Bernard et de Jacques Roux, tous deux commissaires de la municipalité de Paris, nommés par elle pour assister à cette exécution ; vu le procès-verbal de ladite exécution dudit jour 21 janvier dernier, signé Grouville, secrétaire du conseil exécutif provisoire, envoyé aux officiers publics de la municipalité de Paris cejourd'huy, sur la demande qu'ils en avaient précédemment faite au ministère de la justice, ledit procès-verbal déposé aux Archives de l'état civil;

Pierre-Jacques Legrand, officier public (signé) Le Grand.

Chamilly, le collègue de Hüe qui était au service du Roi avec lui au Temple, fut lui aussi, tout comme la Duchesse de Tourzel et la Princesse de Lamballe, jugé à l'hôtel de la Force le 2 Septembre. Il fut acquitté mais il n'a pas été autorisé à revenir prendre son service au Temple. Le plus étonnant est qu'il a par la suite péri sur l'échafaud, car il a été suspecté d'avoir rédigé le testament si naturellement aujourd'hui attribué à Louis XVI!

Voici quelques livres :
La défense de Louis XVI / [par Malesherbes, Tronchet et Desèze ]. [Précédée du procès-verbal de l'interrogatoire du roi] / [publ. par] Paul et Pierrette Girault de Coursac, Jean-Marc Varaut
F. X. de Guibert, 1993, 185 p
ISBN 2-86839-248-2 : 120 F


Enquête sur le procès du roi / Paul et Pierrette Girault de Coursac
F.X. de Guibert, 1992, 717 p
ISBN 2-86839-241-5 : 220 F


Louis XVI et la question religieuse pendant la Révolution: un combat pour la tolérance / Paul et Pierrette Girault de Coursac
OEIL, 1988, 352 p
ISBN 2-86839-137-0: 150 F

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 10H22   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:43


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Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)


Ste Agnès, vierge et martyre


10h22

21 janvier 1793: Météo Captur78

La planche bascule, la lunette de bois se referme sur sa tête et le bourreau Charles-Henri Sanson actionne le couperet.
21 janvier 1793: Météo Ture13
Charles-Henri Sanson


21 janvier 1793: Météo Guilot10




...  21 janvier 1793: Météo 20px-Flag_of_France_%281790%E2%80%931794%29.svg Vive la République ! ! ! ... 21 janvier 1793: Météo 20px-Flag_of_France.svg Vive la Nation ! ! ! ... 21 janvier 1793: Météo 269c.png?v=2.2 Vive le Roi[b][size=16]21 janvier 1793: Météo 269c.png?v=2.2 ! ! ! ... [/size][/b]21 janvier 1793: Météo 20px-Flag_of_France.svg 




L'exécution de Louis XVI, en application du jugement de mise à mort du roi par décapitation prononcé par les députés de la Convention nationale à la suite de son procès, a eu lieu le 21 janvier 1793 à 10 h 22, à Paris, sur la place de la Révolution (ancienne place Louis XV, devenue en 1795 la place de la Concorde).

C'est un événement majeur de la Révolution française, et plus généralement de l'histoire de France.

21 janvier 1793: Météo Lys2

21 janvier 1793: Météo Lys2
10 H 22


Le plus jeune des aide-bourreaux, Gros, ramassa la tête par les cheveux qui avaient conservé leurs fissures, on eût dit une "tête à perruque", et par deux fois fit le tour de l'échafaud en la montrant au peuple
Marseillais et fédérés mirent leurs chapeaux, casques et bonnets au bout de leurs piques en criant de joie:
« Vive la nation !Vive la République ! »

Des furieux escaladent l'échafaud et trempent leurs piques, leurs sabres, leurs mouchoirs, leurs mains dans le sang.
 
21 janvier 1793: Météo 0392
Procès-verbal de l'exécution - Archives Nationales


Selon le procès-verbal de l'exécution (dressé par les deux commissaires, Roux et Bernard, aussitôt après)
Quelques voix leur répondent.

Mais le vrai peuple reste muet.

Pour le disperser, il faut longtemps...

L'abbé descend de la plate-forme et fuit, l'esprit perdu.

Le procès-verbal est lu le jour même à la Convention

Après la lecture, Santerre tient à dire quelques mots

il se félicite de la bonne discipline de la force armée "qui a été, dit-il, on ne peut plus obéissante"
il ajoute ensuite:
"Louis Capet a voulu parler de commisération au peuple, mais je l'en ai empêché pour que la loi reçût son exécution"

Ce rapport est infidèle

Certes Santerre est intervenu (ou son aide de camp), mais alors Louis XVI avait déjà parlé

Et surtout il n'avait pas parlé de "commisération"

Il n'avait pas demandé la pitié, mais donné son pardon et offert sa vie.

Les commissaires dans leur procès-verbal avaient effacé ces paroles

mais Santerre, lui, porte un faux témoignage en les dénaturant

Ennemi acharné de Louis XVI, le mensonge révolutionnaire n'épargne même pas les derniers instants de sa vie

Les restes de Louis XVI, transportés dans un tombereau au cimetière de la Madeleine, rue d'Anjou, furent placés dans une bière emplie de chaux vive et enfouis dans une fosse que recouvrit encore une épaisse couche de chaux.

Un prêtre constitutionnel marmotta quelques prières sur la tombe, profanation suprême, mais le dernier mot, même devant un cadavre, doit rester à la loi.

Tandis que résonnaient les canons et les vivats, Marie-Antoinette s'était agenouillée en le saluant du titre de Roi

Ce Louis XVII, dont le nom était brodé sur les bannières de l'Armée Catholique et Royale, ce petit Capet au regard sombre des enfants résignés, allait devenir l'enjeu de toutes les factions qui se disputaient implacablement le pouvoir, Girondins, Dantonistes, Hébertistes, Robespierristes
Il fallait lui aussi qu'il mourût

La Commune l'arracha de sa mère, à sa tante et à sa sœur, confia son éducation à un fruste cordonnier qui lui apprît consciencieusement la "Carmagnole" et une bordée de jurons et de blasphèmes afin de faire de lui un vrai sans-culotte

on l’enivra, on alla jusqu'à lui faire signer contre sa mère et sa tante la plus atroce déposition qu'un esprit pervers puise imaginer

("J'en appelle à toutes les mères", dira Marie-Antoinette indignée)


Puis on le claquemura dans l'ancienne chambre de son père, au second étage de la grosse tour, le laissant au milieu de ses ordures expier les "crimes de sa race"

21 janvier 1793: Météo Lys2

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 10H25   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:47



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10h25

un homme se trouvant près de l'échafaud, Christophe Potter, parvient à duper le groupe de sans-culottes présents autour de la guillotine: il réussit à obtenir contre un louis d'or, les cheveux du roi et un mouchoir maculé de sang.

Potter disparait en se fondant dans la foule et dès que possible, il va faire passer ces compromettantes reliques en Angleterre, chez son frère George Potter, prospère marchand londonien.

21 janvier 1793: Météo 16510
 
Ce dernier fera confectionner une bague contenant quelques cheveux de Louis XVI et l'offrira au roi, George III


Le cadavre a été transporté sur le champ et déposé dans l'église de la Madeleine, où il a été inhumé, entre les personnes qui périrent le jour de son mariage, et les Suisses qui furent massacrés le 10 août

la fosse avait douze pieds de profondeur et six e largeur; elle a été remplie de chaux


12h30

Deux heures après, rien n'annonçait dans Paris que celui qui naguère était le chef de la Nation venait de subir le supplice des criminels

La tranquillité publique n'as pas été troublée un instant

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MessageSujet: 21 janvier 1793: 12h30   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:47



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Lundi 21 janvier 1793
(2 Pluviôse An I)


Ste Agnès, vierge et martyre





12h30

Deux heures après, rien n'annonçait dans Paris que celui qui naguère était le chef de la Nation venait de subir le supplice des criminels

La tranquillité publique n'as pas été troublée un instant


On lira dans Cléry le douloureux récit de la dernière entrevue de Louis XVI et de sa famille.



Si nous ne le reproduisons pas, ce n'est point que nous n'en partagions les émotions déchirantes.



Hélas ! ces émotions, nous les retrouverons souvent dans la grande voie de la mort où nous met 95, et nous ne pourrons toujours donner aux morts les plus illustres, à ceux qui ont le mieux mérité de la patrie, la consolation qu'emporta le Roi celle d'être entouré à la dernière heure de l'embrassement des objets aimés, celle d'occuper tous les cœurs, de confisquer la pitié, de faire pleurer toute la terre.

Inégalité profonde, injuste! que la souveraine injustice, la royauté, subsiste encore dans la mort, qu'un roi soit pleuré plus qu'un homme !...

Qui a raconté dans ce détail infini d'accidents pathétiques les morts admirables des héros de la Gironde et de la Montagne, ces morts où le genre humain aurait appris à mourir ?

Personne.

Chacun d'eux a eu un mot, et c'est tout, un mot d'injure le plus souvent.

Basse ingratitude de l'espèce humaine !

Le Roi entendit sa sentence, que le ministre de la justice lui fit lire au Temple, avec une remarquable fermeté.

Il dormit profondément la veille de l'exécution, se réveilla à cinq heures, entendit la messe à genoux.

Il resta quelque temps près du poêle, ayant peine à se réchauffer.

Il exprimait sa confiance dans la justice de Dieu.

Il avait promis le soir à la Reine de la revoir au matin.

Son confesseur obtint de lui qu'il épargnerait aux siens cette grande épreuve. A huit heures, bien affermi, et muni de la bénédiction du prêtre, il sortit de son cabinet et s'avança vers la troupe qui l'attendait dans la chambre à coucher.

Tous avaient le chapeau sur la tête; il s'en aperçut, demanda le sien.

Il donna à Cléry son anneau d'alliance, lui disant: « Vous remettrez ceci à ma femme et lui direz que je ne me sépare d'elle qu'avec peine »

Pour son fils, il donna un cachet où était l'écu de France, lui transmettant, en ce sceau, l'insigne principal de la royauté. il voulait remettre son testament à un homme de la Commune.

Celui-ci, un furieux, Jacques Roux, des Gravilliers, se recula, sans rien dire.

Une chose qui peint le temps, c'est que ce Roux, dans son rapport, se vante d'un mot féroce qu'il ne dit point réellement: « Je ne suis ici que pour vous mener à l'échafaud »



Un autre municipal se chargea du testament.



On lui offrit sa redingote; il dit: « Je n'en ai pas besoin »


Il était en habit brun, culotte noire, bas blancs, gilet de molleton blanc.



Il monta dans la voiture, une voiture verte.



Il était au fond avec son confesseur, deux gendarmes sur le devant.



Il lisait les Psaumes.



Il y avait peu de monde dans les rues.



Les boutiques n'étaient qu'entr'ouvertes.



Personne ne paraissait aux portes, ni aux fenêtres.



Il était dix heures dix minutes, lorsqu'il arriva dans la place.



Sous les colonnes de la Marine étaient les commissaires de la Commune, pour dresser procès-verbal de l'exécution.



Autour de l'échafaud, on avait réservé une grande place vide, bordée de canons; au delà, tant que la vue pouvait s'étendre, on voyait des troupes.


Les spectateurs, par conséquent, étaient extrêmement éloignés.



Le Roi recommanda vivement son confesseur, et d'un ton de maître.



Il descendit, se déshabilla lui-même, ôta sa cravate.



Selon une relation, il aurait paru vivement contrarié de ne voir que des soldats, eût frappé du pied, crié aux tambours d'une voix terrible: « Taisez-vous ! »



Puis, le roulement continuant: « Je suis perdu ! je suis perdu ! »



Les bourreaux voulaient lui lier les mains, et il résistait.



Ils avaient l'air d'appeler et de réclamer la force. Le Roi regardait son confesseur et lui demandait conseil.



Celui-ci restait muet d'horreur et de douleur.



Enfin, il fit l'effort de dire: « Sire, ce dernier outrage est encore un trait de ressemblance entre Votre Majesté et le Dieu qui va être sa récompense »



Il leva les yeux au ciel, ne résista plus: « Faites ce que vous voudrez, dit-il, je boirai le calice jusqu'à la lie »


Les marches de l'échafaud étaient extrêmement roides.



Le roi s'appuya sur le prêtre.



Arrivé à la dernière marche, il échappa, pour ainsi dire, à son confesseur, courut à l'autre bout.

ll était fort rouge; il regarda la place, attendant que les tambours cessassent un moment de battre.

Des voix criaient aux bourreaux: « Faites votre devoir »

Ils le saisirent à quatre, mais pendant qu'on lui mettait les sangles, il poussa un cri terrible.

Le corps, placé dans une manne, fut porté au cimetière de la Madeleine, jeté dans la chaux.

Mais déjà sur l'échafaud, des soldats et autres, soit outrage, soit vénération, avaient trempé leurs armes, du papier, du linge, dans le sang qui était resté.

Des Anglais achetaient ces reliques du nouveau martyr.

Il y avait eu à peine sur le passage quelques faibles voix de femmes qui avaient osé crier grâce, mais, après l'exécution, il y eut chez beaucoup de gens un violent mouvement de douleur.

Une femme se jeta dans la Seine, un perruquier se coupa la gorge, un libraire devint fou, un ancien officier mourut de saisissement.

On put voir cette chose fatale que la royauté morte sous le déguisement de Varennes, avilie par l'égoïsme de Louis XVI au 10 août, venait de ressusciter par la force de la pitié et par la vertu du sang.

Le lundi matin, à l'ouverture de la séance, l'exécution faite à peine et le sang fumant encore, une lettre vint à la Convention, terrible dans sa simplicité, amère pour les consciences.

Un homme demandait qu'on lui livrât le corps de Louis XVI, « pour l'inhumer auprès de son père »

La lettre était intrépidement signée de son nom

Une extrême agitation se voyait sur la Montagne.

Elle éclata par le récit de la mort de Lepelletier.

Ce récit, fait par Thuriot, n'était pas fini, que Duquesnoy (un moine défroqué, fixe à l'état de fureur) commença à rejeter l'événement sur la Gironde: « Ne sont-ce pas eux, dit-il, qui, il n'y a pas un mois, nous injuriaient, nous menaçaient... jusqu'à tirer l'épée sur moi?... »

Le coup ne fut pas manqué.

La Montagne exigea le renouvellement du comité de sûreté générale, où la Gironde avait la majorité.

On leur ôtait cette force au moment où elle allait leur être le plus nécessaire pour leur propre sûreté.

Une grêle d'accusations tombe en même temps de la Montagne.

Toute la droite, pêle-mêle, est successivement dénoncée.

Robespierre, tout en pleurant Lepelletier, et recommandant l'union, porte un nouveau coup: il demande que le nouveau comité de sûreté commence l'examen de la conduite de Roland.

La Convention, docile, frappe Roland en supprimant le bureau des journaux dans son ministère.

Pétion, né gauche et maladroit entre tous, eut l'imprudence d'aller se mêler à la bagarre; il monta à la tribune et gémit de la défiance qui régnait dans l'assemblée.

Vingt accusations fondent sur lui à l'instant: c'est Tallien, c'est Thuriot, c'est Collot-d'Herbois; de tous côtés vole l'injure, les cris les plus violents.

Le pauvre homme restait interdit, ne sachant à qui répondre.

Danton en eut pitié.

Il sentit aussi, sans doute, qu'il ne fallait pas laisser porter le dernier coup à la vieille idole populaire qui représentait encore dans l'Assemblée l'âge humain de la révolution.

Il fit descendre Pétion, prit sa place, dit que sans doute il avait eu quelques torts, mais qu'enfin, pour lui, il me pouvait l'accuser.

Jamais l'union, la paix, n'avaient été plus nécessaires; point de mesures violentes; les visites domiciliaires, que quelqu'un avait proposées, semblaient inutiles à Danton.

Il demanda qu'on changeât le ministère girondin, que Roland quittât l'intérieur; et d'autre part, il voulait qu'on divisât le ministère jacobin, que Pache ne restât pas seul ministre de la guerre.

Il exprima ce vœu que l'Assemblée, la nation, fissent taire la discorde intérieure, tournassent leur énergie contre l'ennemi étranger; que chacun oubliât ses haines, se réservât à la patrie, lui donnât sa vie et sa mort.

Il parla de celle de Lepelletier, non pour la déplorer: « Heureuse mort ! dit-il d'un accent poignant, profond, d'une sincérité douloureuse. Ah! si j'étais mort ainsi !... »

Il y eut un grand silence: ce mot avait atteint les cœurs; toute l'assemblée tomba en pensée de l'avenir, et il n'y eut peut-être personne qui ne répétât pour lui-même, à voix basse, le vœu de Danton.

Une tombe fermée veut le silence, mais celle-ci n'est pas fermée; elle est béante et demande...

La chaux de la Madeleine est de nature dévorante, elle est altérée, elle fume, elle veut de la pâture.

Ce n'est rien que Louis XVI.

Il lui faut des hommes tous autres, nos grands citoyens, les héros de la patrie.

Donc, puisque la tombe est ouverte, nous dirons un mot encore: nous jugerons le jugement.

Ce procès, nous l'avons dit, avait eu l'effet très-fatal de montrer le Roi au peuple, de le replonger dans le peuple, de les remettre en rapport.

Louis XVI, à Versailles, entouré de courtisans, de gardes, derrière un rideau de Suisses, était inconnu au peuple.

Au Temple, le voilà justement comme un vrai roi devrait être, en communication avec tous, mangeant, lisant, dormant sous les yeux de tous; commensal, pour ainsi dire, et camarade du marchand, de l'ouvrier.

Le voilà, ce roi coupable, qui apparaît à la foule en ce qu'il a d'innocent, de touchant, de respectable.

C'est un homme, un père de famille; tout est oublié. La nature et la pitié ont désarmé la justice.

Ce n'est rien de le montrer, on le change, on le refait. Le procès en fait un homme.

A Versailles, c'était un être fort prosaïque, vulgaire, point méchant, point bon, mais sensible et facile de cœur, asservi à ses habitudes, tout entier dans la famille, étroitement dévot, avec un vice de dévot, une certaine sensualité dans les choses de la table.



Une prison humaine n'y eût rien changé. Mais cette captivité cruelle de vexations et d'outrages refait son âme et l'affermit.



Sa lourde et vulgaire nature est sculptée par la douleur.



Ennobli par la résignation, le courage et la patience, il s'élève, il monte; sacré par le malheur mieux que par la royauté, il est un objet poétique; changement tel,que les siens même sont atteints de cette poésie.


Qui eût dit à la Reine, en 88, qu'elle aimerait Louis XVI?



Et pourtant, le fond de l'homme a-t-il été vraiment changé ?



Non, rien ne l'indique. Devant la Convention, il continue de mentir; le nouveau saint est resté ce qu'il fut, un homme double; c'est toujours l'élève du jésuite la Vauguyon.



Une sorte de conjuration morale se fait instinctivement · autour de lui, pour l'affermir dans la conviction qu'il a de son droit, l'endurcir dans le dogme royal du pouvoir illimité, l'enfoncer dans l'impénitence.



Il meurt sans avoir la moindre notion de ses fautes.


Chose inouïe pour le chrétien, il se croit innocent et juste.



Que dis-je ? on parvient à le convaincre de sa propre sainteté, on lui compare ses souffrances à la Passion de Jésus, et il accepte si bien l'étrange assimilation, qu'il dit en mourant: « Je bois le calice »



C'est un mauvais jugement que celui qui, loin d'améliorer, d'épurer (vrai but de toute justice), renvoie devant Dieu un homme, qui avait besoin du temps pour comprendre et expier, un jugement qui l'affermit en ce qu'il eut de mal, lui donne précisément le contraire du repentir, la conviction qu'il est un saint ! pervertissant ainsi sa raison et le rendant peut-être plus coupable à la mort qu'il ne l'a été dans la vie.



Un résultat très-funeste s'accomplit sur l'échafaud, par la mort de ce faux martyr: le mariage de deux mensonges.



La vieille Église déchue et la vieille Royauté abandonnée dès longtemps de l'esprit de Dieu, finirent là leur longue lutte, s'accordèrent, se réconcilièrent dans la Passion d'un roi.



Elles partaient, ombres vaines, au royaume du néant.



Et la réalité, du sang leur rend un corps, une vie.


Que dis-je ? voilà qu'elles engendrent voilà un monde qui pullule, de leur accouplement maudit, un monde d'erreur et de sottise, un monde de fausse poésie, une race de sophistes impies, pour mordre le sein de la France.



Quels qu'aient été ces résultats du jugement de Louis XVI, il n'en doit pas moins être l'objet d'un respect profond, éternel. De tels actes s'estiment moins par leurs fruits que par la pensée courageuse, par l'esprit de dévouement qui les a dictés.



Ils savaient trop, ceux qui jugèrent, tout ce qui leur en coûterait dans l'avenir.



Ils savaient qu'en frappant le Roi, ils se frappaient eux-mêmes.


Et ils se sont dévoués.



Tel en eut le cœur arraché, et put dire, comme Carnot: « Nul devoir ne m'a tant coûté »



Ils s'arrachèrent le cœur pourtant, et passèrent outre...



Pourquoi ? (Méditez-le, amis de l'ennemi...)



Ils pensèrent que, si, retenus par les circonstances atténuantes qui couvraient Louis XVI, ils pardonnaient en lui l'appel à l'étranger, l'inviolabilité de la Patrie en serait à jamais compromise.



Ils crurent ne pouvoir autrement confirmer la croyance dont vivent les nations: La Patrie est sacrée, et qui la livre en meurt.



Le respect de la France, l'intégrité du territoire, la religion des limites, notre sûreté à nous, qui n'étions pas encore, ils ont cru garantir tout cela par ce jugement.



Étaient-ils dans l'erreur?



Ce n'est pas nous, du moins, nous qu'ils, pensaient sauver, qui leur en ferons un reproche.



Non, hommes héroïques, vos fils reconnaissants vous tendent la main à travers le temps...



Vos ennemis eux-mêmes, qui sont ceux de la France, sont obligés, en vous, d'honorer leurs vainqueurs, les fondateurs de la République, leurs vainqueurs pour tout l'avenir.

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MessageSujet: 21 janvier 1793: Mgr le Duc d'Angoulême, Mgr le Duc de Berry   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 14:57

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MessageSujet: 21 janvier 1793: « Il faut sauver Louis XVI »   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 15:07

« Il faut sauver Louis XVI », émission du 07 mai 2012 (Europe 1- Franck Ferrand)
21 janvier 1793: Météo Jean-p11
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_de_Batz
En janvier 1793, la Convention condamnait à mort le roi Louis XVI. Avant même cette décision fatidique, et bien sûr aussitôt après, une poignée de fidèles se sont jurés d’enlever le roi déchu, pour qu’il ne soit pas exécuté. Ce sont leurs tentatives que nous allons évoquer aujourd’hui. Franck Ferrand a invité Hugues Aufray, qui a découvert que l’un de ses ancêtres faisait partie de ces gentilshommes prêts à tout pour libérer Louis XVI ! Baron de Batz: En janvier 1793, le baron de Batz tenta de faire évader Louis XVI sur le chemin de l’échafaud. Cette histoire est née d’une dénonciation de Châtelet agent du Tribunal révolutionnaire, qu’aurait confirmée Pierre Devaux, secrétaire de Batz. Arrachée de force par la police politique de prairial an II, cette dénonciation validée par Devaux a été utilisée par Élie Lacoste dans son rapport publié sur la conspiration de l’étranger. Reprise par le comte d’Allonville qui était friand d’anecdotes secrètes, puis par l’auteur des Mémoires de l’abbé Edgeworth et d’autres auteurs de la Restauration. Or le doute provient du fait qu’il n’existe plus de documents d’archives tels que rapports de police, procès-verbaux d’interrogatoire ou ordres d’écrou datés du mois de janvier 1793 laissant penser que Batz, entouré de gentilshommes à sa dévotion, aurait cherché à soulever la foule et à enlever Louis XVI dans le quartier de Bonne-Nouvelle. On sait cependant que plusieurs royalistes furent tués peu avant le passage du cortège qui menait le roi à son supplice.

 Batz parvint à s'échapper.



​L’évasion a échoué:
Le Baron de Batz le contre-révolutionnaire qui a tenté de sauver Louis XVI dans le 2e arrondissement de Paris.

21 janvier 1793: Météo 19600510

La plaque apposée au 52 rue Beauregard dans le 2e arrondissement de Paris énonce :
« Ici, le Baron de Batz et ses amis tentèrent de faire évader Louis XVI au matin du 21 janvier 1793 »


Le Baron de Batz siège aux Etats Généraux en 1789. Député de la noblesse, il a 35 ans et devient membre de l’assemblée constituante. Fidèle à la monarchie jusqu’au bout, contre-révolutionnaire, il disparaît dans la clandestinité pour combattre la Révolution. Mais, il est à Paris lorsque la condamnation à mort de Louis XVI est prononcée par la Convention le 15 janvier 1793.

Peu de temps pour agir car l’exécution est fixée le matin du 21 janvier 1793. Le Baron cherche à réunir des conspirateurs décidés à participer à l’entreprise d’enlèvement du Roi pendant le trajet de sa sortie du Temple, où il est détenu, jusqu’à la Place de la Révolution, où est érigée la guillotine. Il choisit le lieu de l’attaque à proximité de la Porte Saint Denis. Il peut ainsi profiter d’un terre-plein pour lancer l’assaut et du dénivelé de la rue Bonne-Nouvelle et de la rue Beauregard qui force le cortège à ralentir. Il pense pouvoir réunir un grand nombre d’hommes décidés et au moins plusieurs centaines. Il tient une réunion avec des conjurés la veille à Bagnolet pour mener à bien son projet. Tous doivent se vêtir en sans-culotte pour se fondre dans la foule et ne pas attirer l’attention des gardes qui seront très nombreux. Après l’enlèvement du Roi, le Baron de Batz avait prévu le chemin de fuite avec son secrétaire Jean-Louis Devaux.

Le 21 janvier 1793, il neige. Les rues de Paris sont couvertes d’un blanc manteau, la couleur de la Monarchie. C’est le jour où le sang du dernier Roi de droit divin doit jaillir à flots, le sang bleu de la noblesse et le sang rouge de l’humain. C’est le rouge sang qui sied aux sans-culottes avec leur bonnet phrygien. Le Roi est en voiture, un coupé, et non dans une charrette, pour rejoindre l’échafaud. Le Baron de Batz et son secrétaire sont postés au lieu convenu. Ils remarquent que les jeunes gens qui devaient participer à l’action sont absents.

Mais lorsque le cortège arrive, l’intrépide Baron de Batz se lance sabre ou épée à la main et crie « A moi, ceux qui veulent sauver le Roi ». Devaux est à ses côtés, deux ou trois hommes se joignent à eux. Les soldats sont un instant médusés puis réagissent. Le Baron de Batz et son secrétaire parviennent à s’enfuir, les autres assaillants sont tués. Le Roi dans sa voiture ne s’est sans doute pas rendu compte de la tentative désespérée menée pour l’arracher à sa funeste destination. Devaux sera arrêté peu de temps après et guillotiné. Quant à Louis XVI, sa tête tombe vers 10h20, Place de la Révolution aujourd’hui Place de la Concorde.

Le Baron de Batz, malgré les recherches actives conduites pour l’arrêter, survivra à la Révolution. Il décède en 1822.

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MessageSujet: Les douleurs de la veuve   21 janvier 1793: Météo Icon_minitimeVen 13 Jan - 16:26

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