Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 19 octobre 1851: Marie-Thérèse de Bourbon (Madame Royale)

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yann sinclair

yann sinclair


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19 octobre 1851: Marie-Thérèse de Bourbon (Madame Royale) Empty
MessageSujet: 19 octobre 1851: Marie-Thérèse de Bourbon (Madame Royale)   19 octobre 1851: Marie-Thérèse de Bourbon (Madame Royale) Icon_minitimeMer 20 Déc - 10:06

Marie-Thérèse de Bourbon
19 octobre 1851: Marie-Thérèse de Bourbon (Madame Royale) B854f310

Madame Royale
Duchesse d'Angoulême
(Marie-Thérèse Charlotte de Bourbon)


   Née le 19 décembre 1778 à Versailles (78)
   Baptisée le 19 décembre 1778 à Notre-Dame à Versailles (78)
   Décédée le 19 octobre 1851 au château de Frohsdorf à l'âge de 72 ans
   Inhumée dans la Crypte Convento di Castagnavizza (Go)

Parents

   Louis XVI de Bourbon, roi de France 1754-1793
   Marie-Antoinette von Habsburg-Lothringen, Erzherzogin von Österreich 1755-1793

   Mariée le 10 juin 1799, Mitau, Courland, avec Louis-Antoine de Bourbon, duc d'Angoulême1775-1844

   (sans postérité)

   Parrain et marraine
       Carlos III de Borbón, rey de España 1716-1788
       Maria Theresia von Habsburg, Kaiserin des Heiligen Römischen Reiches 1717-1780
   Filleule: Charlotte Thérèse Blaise ca 1780
   Fille adoptive: Louise d'Orléans, reine des Belges 1812-1850
   Filleul: Louis Charles de Podenas 1816-1870
   Filleul: Charles Pasquet de Salaignac 1819-1861
   Filleule: Louise de Bourbon, duchesse de Parme 1819-1864
   Filleul: Louis Franchet d'Esperey 1824-1890
   Filleul: Charles Law de Lauriston 1824-1908
   Filleul: Henry Binet de Boisgiroult, baron de Sainte-Preuve 1846-1912
   Témoin au mariage de Charles Marie Gabriel de Rabar, marquis de Rabar-Beaumalle 1789 et de Victoire Almance Malescot
   Témoin au mariage de Paul Beguin Billecocq 1791-1869 et de Anne Billecocq 1805-1851
   Témoin au mariage de Marie Stanislas Gratien de Baderon de Maussac, marquis de Thézan-Saint-Géniez 1806 et de Marie Renée de Brémond d'Ars 1820



Le château de Frohsdorf
Versailles de la famille royale de France en exil



C’est en 1839 que Jean-Casimir, duc de Blacas d’Aulps (cf. illustration), homme de confiance du roi Charles X, fit l’acquisition pour la somme de 175.000 florins sur sa cassette personnelle du château et des terres de Frohsdorf et Pitten situées en Basse Autriche.


Fief des comtes de Hoyos depuis le XVIIe siècle, le château de Frohsdorf avait ensuite appartenu en 1817 à Caroline Murat (cf. illustration) qui, veuve de l’ancien roi de Naples, et prisonnnière de l’Autriche, y avait trouvé refuge sous le nom de comtesse de Lipona, anagramme de Napoli.



C’est elle qui vendit le domaine en 1828 au célèbre général russe Alexandre Yermolov, ancien favori de Catherine II, qui avait quitté la Russie pour s’établir en Autriche.

Après la mort du général survenue en 1834, ses fils le vendirent au duc de Blacas.

Par testament, ce dernier laissera le domaine de Frohsdorf et ses terres à « Madame la Comtesse de Marnes, Marie-Thérèse de France, comme une partie de ce que j’ai eu du roi Louis XVIII"

Ce n’est qu’en 1844, peu de temps après la mort du duc d’Angoulême, que le duc de Bordeaux, qui était alors devenu chef de la maison de Bourbon, prenait officiellement le titre de comte de Chambord.


Il s’installa définitivement à Frohsdorf, mettrant aisni fin à une longue errance de 14 ans d’exil.

A son tour, en 1851, le comte de Chambord recevait le château de Frohsdorf en héritage de sa tante



C’est à Frohsdorf que la famille royale, proscrite de France par Louis-Philippe, allait vivre pendant près de 40 ans, de 1844 à 1883, date de la mort du comte de Chambord et que, par la suite, s’y succèderont ses héritiers.

Dans cette demeure où « la Cour » allait, pour la première fois, pouvoir pleinement s’installer, le jeune prince, sa soeur la princesse Louise-Marie, future duchesse de Parme et sa tante la duchesse d’Angoulême que tout le monde appelait « La Reine » purent alors faire placer les souvenirs historiques et reliques royales miraculeusement rescapés des Tuleries, qui avaient pu les accompagner dans leur exil et auxquels s’étaient joint les nombreux cadeaux  qu’avaient fait de fidèles serviteurs de la monarchie légitime.

Rebâti dans la seconde moitié du XVIIIe par le comte Johan-Philip Hoyos dans le goût baroque autrichien, le château de Frohsdorf se présente aujourd’hui encore sous la forme d’une solide construction quadrangulaire d’apparence assez sévère, entourée de douves sèches bordées de balustrades.

La demeure qui est peinte dans ce jaune ocre traditionnellement utilisé en Autriche, comporte trois étages, dont un en attique, et enferme une cour interieure pavée à laquelle donne accès une importante porte cochère.



La façade d’entrée qui se déploie sur 9 travées, est surmontée d’un important fronton triangulaire, qui a conservé les grandes armes de France que le prince y fit apposer dès son arrivée, supporté par dix pilastres coiffés de chapiteaux d’ordre composite.



Plus large, l’aile Ouest donnant sur le parc à la française aligne ses 11 croisées animées par huit pilastres que surmontent des statues mytologiques placées à l’aplomb de la toiture.

Les deux autres ailes sont plus sobres, seule l’une d’elle, qui donne sur un parc de 200 hectares peuplé de cervidés, se distingue par la saillie que fait le choeur de la chapelle, tandis que l’autre donne sur le jardin privé du prince.

En outre, le domaine s’assortissant de 3000 hectares de terres et de forêts qui permettait au prince d’assouvir sa passion pour la chasse.

Franchissant le porche d’entrée, le visiteur était accuelli par une imposante statue de Jeanne d’Arc (cf.illustration), toujours aujourd’hui conservée dans une niche.

Il s’agissait d’une oeuvre commandée au sculpteur Rinaldi par la duchesse des Cars à Rome en 1833 et ensuite offerte au duc de Bordeaux.



Puis, il était reçu dans un vestibule ouvrant sur les salons de réception qui se succédaient en enfilade tout au long du rez-de-chaussée de l’aile du midi donannt sur un parc à la française.

Le premier appelé salon des oiseaux, tirait son nom d’une collectiopn d’oiseaux naturélaisés conservés dans deux grandes armoires vitrées. Ses murs tapissés d’un apapier peint à fleur-de-lys d’or, étaient couverts de multiples trophées de cerfs, daims, chamois et chevreuils que le prince avait chassés sur le domaine et que côtoyait un important tableau de chasse figurant l’Hallali du Cerf à Chantilly en présence de Charles X, oeuvre du peintre Louis-Joseph Schmitz.

Puis venait le grans salon ou salon rouge qui tirait son nom d’un ensemble de sièges précieusement garis de tapisseries au petit point sur fond rouge exécutées par la duchesse d’Angoulême.

C’est là qu’avaient été regroupés différents portraits historiques dont certains provenaient des collections de la duchesse de Berry au château de Rosny : le duc de Bourgogne



et son frère le duc d’Anjou, tous deux par Rigaud, le dauphin, fils de Louis XV par Robert Levrac-Tournières, Marie Leczinska par Nattier mais ausi un émouvant portrait de Marie Antoinette par Madame Vigée-Le Brun, qui portait encore la trace du coup de baïonnette des émeutiers lors de la prise des Tuileries le 10 août 1972, et la duchesse de Berry, mère du prince, en grand deuil peinte par Kinston dans ses appartements du Pavillon de Marsan.


Sur une console était conservée une relique insigne : la tête de l’ancienne statue d’Henri IV sur le pont Neuf.

Miraculeusement retrouvée dans la Seine, elle avait été offerte au comte de Chambord par une délégation d’ouvriers venus visiter le prince en 1850.

C’est tout particulièrement dans cetet pièce aux murs suchargés de tableaux, qu’avait trouvé place, au milieu d’un lourd mobilier d’acajou de goput Biedermeier, le trône de bois doré offert parvles royalistes français en 1873 ainsi qu’en témoigne la seule photo du salon connue datant du temps du comte de Chambord



Ce meuble emblématique se trouve aujourd’hui conservé au château de Chambord.


Lui succédait le billard dont le sol était recouvert d’un tapis couvert d’un semis de fleur-de-lys et les murs abritaient des peintures de l’école iatlienne de ou d’après Raphaël, Le Tintoret, Tiepolo ou Canaletto.

Comme dans les autres salons, au plafond pendait un imposant lustre en verre de Murano dont chacune des vingt-quatre branches se terminait par une fleur-de-lys au naturel.

L’enfilade des salons se terminait par le salon gris, celui-là même où s’éteignit Henri V le 24 août 1883.

Après la mort du prince, la pièce avait été trabsformée en sanctuaire par la comtesse de Chambord.

On y admirait le buste officiel du prince en marbre blanc, oeuvre du sculpteur Veray qui trônait sur la cheminée ainsi que différents souvenirs d’enfance du prince comme cette plaque de procelaine de Sèvres figurant le jeune duc de Bordeaux passant en revue la garde royale ay pavillon de Bagatelle.



C’est dans ces salons que vivaient le comte et la comtesse de Chambord entourés de leurs neveux Bourbon-Parme qui à partir de 1864, date de la mort de leur mère, vinrent vivre le plus souvent à Frohsdorf, de leurs proches parmi lesquels on remarquait les demi-frères du prince qu’étaient le prince Ferdinand de Faucigny-Lucinge et le duc della Grazzia et enfin des membres les plus fidèles du « service d’honneur du Roi » qu’étaient les Blacas, Damas, Monti ou Vanssay comme en témoigne cette photo prise dans les années 1860.



Le grand escalier et le couloir qui desservait les appartements du premier étage avaient été transformés en galerie de peinture à la gloire de la branche aînée des Bourbons.

Dans un accrochage serré, on y voyait les portraits en pied de la plupart des rois de France : Henri IV en armure par Pourbus et cinq autres souverains en habit de sacre, Louis XIV par Rigaud, Louis XV par Van Loo, Louis XVI par Callet, Louis XVIII et Charles X par Paulin-Guérin.

La galerie était complétée dans une parfaite continuité dynastique, par un grand portrait du duc de Berry portant la livrée de vénerie aux couleurs vert et amarante de la maison d’Arois, oeuvre du baron Gérard.



Et enfin, par les grands portaits d’apparat du comte et de la comtesse de Chambord, oeuvres réalisées par le peintre Alexis Pérignon peu de temps après leur mariage en 1846.

Le premier étage comportait les appartements des quatre neveux du prince, enfants de sa soeur Louise, duchese régente de Parme, à savoir Robert, duc de Parme , sa soeur Marguerite, future duchesse de Madrid



Alice, grande-duchesse de Toscane et Henri, comte de Bardi.

Mais aussi ceux des gentilshommes au service du prince parmi lesquels on distingait le duc de Lévis, Stanislas de Blacas, Maxence de Foresta, Edouard et René de Monti, Maxence de Damas, Joseph du Bourg, René de Vibraye, Fernand de La Ferronays ou Eugène de Raincourt que l’on appelait « la petite église de Frohsdorf » et qui allaient se succéder auprès du comte de Chambord.



Mais la pièce la plus émouvante du château de Frohsdorf était sans conteste la chambre où s’éteignit la duchesse d’Angoulême en 1851. La princesse y conservait dans une armoire reliquaire toute une série de pieux souvenirs lui rappelant la douleur de sa captivité au Temple.



Après le rappel à Dieu de sa tante, le comte de Chambord décida que toutes ces reliques après avoir été enfermées dans un coffre en bois, seraient murées dans un endroit tenu secret dans le château afin de ne jamais tomber entre des mains impies.

La pièce fut alors transformée en sanctuaire et une plaque de marbre noir fut posée au-desus de l’emplacement du lit de la princesse, portant une touchante épitaphe écrite par le prince



Au second étage se situait la bibliothèque riche de plus de 10.000 volumes et dont la conservation avait été confiée au père Bole, aumônier du prince. Grand lecteur, le comte de Chambord acheta toute sa vie durant de très nombreux ouvrages d’histoire, de géographie mais reçut également beaucoup de livres provenant des nombreux écrivains en sympathie avec la cause légitimiste.Mmais elle comportait aussi de nombreux volumes dans des reliures aux armes rescapés des différentes bibliothèques des princes aux Tuileries (cf.illustration)


Située dans l’aile Nord du château, la chapelle du château, qui était dédiée à Saint Jean, avait été transformée par le comte de Chambord en 1859 dans le goût italien avec un décor de pilastres de marbre veiné rouge et de frises de stuc blanc et or mêlant fleur-de-lys et croix de Saint Esprit tandis qu’au centre du plafond, une importante peinture figurait l’apothéose de l’empereur Saint Henri sous les traits du comte de Chambord en manteau royal. La chapelle a pu faire l’objet d’une restauration complète et soignée menée entre 1966 et 1968



C’est là que seront célébrés plusieurs mariages familiaux : ainsi, en 1845, celui de Louise d’Artois (1819-1864), fille du duc de Berry, avec don Carlo de Bourbon, infant d’Espagne, prince de Lucques et futur duc de Parme (1823-1854) (cf.illustration)



Puis, en 1867, celui de leur fille Marguerite de Bourbon-Parme (1847-1893) avec don Carlos de Bourbon, infant d’Espagne, duc de Madrid (1848-1909) (cf.illustration)



C’est également dans cette chapelle que fut célébré le 1er septembre 1883 le premier service qui suivra la mort du comte de Chambord, service qui, comme celui de Göritz, fut présidé par ses neveux les ducs de Madrid et de Parme. A l’extérieur du château, d’importants communs abritaient les logements du personnel de service, qui entre valets de pied (qui portaient la livrée de la maison du roi en velours « bleu de roi » galonnée d’argent), valets de chambre, maîtres d’hôtel, femmes de chambres, sommeliers, chefs de bouche, d’office et d’argenterie, cuisiniers et autres domestiques, 42 personnes en 1844.

Placés sous la responsabilité du comte Maxence de Damas, grand-ecuyer du prince, les écuries abritaient des remises pour les nombreuses voirtures hippomobiles (calèches, ducs, breaks de chasse, landaus, victoria, coupés) que possédait le prince comme en témoigne cetet aquarelle par K.Göebel (cf.illustration) figurant un landau attelé à deux chevaux devant le château.



Mais aussi des boxes et un manège copuvert pour 20 chevaux de selle et d’atteklage dont s’occupaient 16 cochers, postillons, piqueux, jockeys, grooms et palefreniers comme en témoigne une photo prise devant les écuries de Frohsdorf du temps du comte de Chambord (cf.illustration)



En 1883, à la mort de celui qu’à Frohsdorf, tout le monde n’appelait que « monseigneur« , la peine propriété du château de ses terres et de ses collections revint à la comtesse de Chambord (cf.illustration)



Mais celle-ci préféra séjourner le plus souvent à Göritz dont le climat clément convenait mieux à sa tante fragile. En 1886, lorsque la princesse disparut, la pleine propriété du château et de ses collections revint à son petit-neveu don Jaime de Bourbon (1870-1931) (cf.illustration)



L’usufruit revenant à sa mère Marguerite de Parme, épouse de don Carlos, duc de Madrid qui deviendra chef de la maison de Bourbon à la mort de son père, don Juan de Bourbon, comte de Montizon (1822-1887) et par ailleurs, beau-frère du comte de Chambord. Le duc de Madrid, qui avait confirmé ses droits à la couronne de France dès 1868 dans une lettre publiée de Venise qui ne fut jamais désavouée par le comte de Chambord, fut en 1887 reconnu roi de France « de jure » par les légitimistes français sous le nom de Charles XI. Le duc et la duchesse de Madrid, qui habitaient habituellement le palais Loredan à Venise, utilisèrent le château de Frohsdorf comme résidence d’été jusqu’à la mort de la princesse survenue en 1893. C’est à la mort de son père en 1909 que le duc d’Anjou et de Madrid s’installa à Frohsdorf et en fit dès lors sa résidence principale. Une photo prise dans les années 20 (cf.illustration) montre le prince au volant de sa voiture devant le château.



Frappé par la loi d’exil qui lui interdisait de servir sous l’uniforme français, don Jaime de Bourbon était devenu officier dans l’armée impériale russe et avait notamment participé à la guerre russo-japonaise. A la mort de son père, il devint à son tour chef de la maison de Bourbon, prit officiellement le titre de duc d’Anjou et de Madrid et fut dès lors reconnu roi de France « de jure » par les légitimistes français sous le nom de Jacques Ier. Dans une lettre adressée au comte de Paris le 23 mai 1892, il protesta solennellement contre le port des pleines armes de France par les Orléans.

Le duc d’Anjou et de Madrid fut en 1897 presque fiancé à la princesse Mathilde de Bavière, fille du futur roi Louis III mais l’hostilité de la princesse Marie Berthe de Rohan, que don Carlos, son père avait épousé en secondes noces en 1894, fit échouer le projet.

Pendant la Première Guerre Mondiale, suivant en cela en exemple de sa cousine germaine l’impératrice d’Autriche, née princesse Zita de Bourbon-Parme, épouse de l’empereur Charles Ier (cf.illustration)



qui avait fait mettre les cercueils royaux, qui reposaient dans la crypte de la Castagnavizza à Göritz, en lieu sûr à Vienne, don Jaime fit envoyer en France auprès d’un homme qu’il croyait être de confiance, 3 wagons de tableaux, objets d’art, pièces d’orfèvrerie et souvenirs historiques parmi les plus précieux provenant de Frohsdorf. Parmi eux, figurait notamment l’émouvant manuscrit du journal de sa captivité écrit par Madame Royale dans la prison du temple. Mais leur contenu disparut mystérieusement.

Le duc d’Anjou et de Madrid mourut en 1931 à Paris où il avait son appartement rue du Faubourg Saint Honoré, sans alliance et en laissant de nombreuses dettes. Le château de Frohsdorf et ses collections revinrent alors à sa soeur, la princesse Béatrix de Bourbon (1874-1961) (cf.illustration) épouse du prince Fabrizzio Massimo qui par sa mère, née Francesca Lucchesi Palli, se trouvait être le petit-fils de la duchesse de Berry.

Tandis que ses 3 soeurs, les princessse Blanche, archiduchesse Léopold-Salvator d’Autriche, Elvire, sans alliance et Alice, princesse Friedrich de Schönburg-Waldenburg, se partageaient les châteaux et terres de Katzeldorf et Pitten. Toutefois, pour solder le passif de la succession, la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo se verra contrainte de faire procéder à différentes ventes. Ce sera d’abord en 1936 l’ensemble de la bibliothèque du comte de Chambord ainsi que de nombreux portraits et dessins contemporains du prince qui seront cédés au grand libraire angaius Maggs Bros. Puis en 1938, ce seront 151 tableaux dont 72 portraits et tableaux historiques concernant les princes et princesses de la maison de Bourbon entre XVIIe et le XIXe siècle qui seront dispersés.

Par bonheur, une des précieuses photos des salons furent prises avant cette dispersion, nous montre l’ancien salon rouge (cf.illustration) tel qu’il était alors avec le grand tapis au point portant les grandes armes de France offert en 1873 par les dames royalistes de Bretagne et l’imposant lustre en verre de Murano qui y figuraient déjà du temps du comte de Chambord. Les murs de la pièce étaient alors décorés de la suite des quatorze tableaux historiques présentant la campagne du duc d’Angoulême en Espagne (entre autres la Prise du Trocadéro et le passage de la Bidassoa par Abel de Pujol ou le Retour du Prince aux Tuileries par Louis Ducis) et du portrait ovale de la duchesse d’Angoulême qui faisait pendant à celui de son époux, tous deux exécutés en 1825 par Thomas Lawrence. L’ensemble de ces tableaux provenait des collections que la princesse avait rassemblées au château de Villeneuve-l’Etang, son ancien domaine privé qu’elle avait vendu en 1850.



Mais le 22 avril 1941, ne pouvant subvenir à ses lourdes charges d’entretien, la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo, devait se résoudre à signer l’acte de vente du château aux Postes du Reich, l’autriche étant alors annexée à l’Allemagne. Ne voulant toutefois pas quitter la demeure de ses ancêtres, la princesse et ses quatre filles s’installèrent alors dans l’ancien pavillon de chasse du château (cf.illustration), situé en lisière de l’ancien parc, en y emmenant de nombreux souvenirs historiques sur lesquels elle veillera jalousement pendant toute la seconde guerre.



Car la guerre n’épargnera pas le château de Frohsdorf. Il sera d’abord réquisitionné en 1941 par l’occupant allemand qui le transformera en hôpital militaire avant d’être contraint de le quitter en 1945 face à l’avancée des armées soviétiques. Ce sont les soldats russes qui vandalisèrent alors de nombreux tableaux de taille importante qui étaneint restés dans la demeure tandis qu’ils brûlèrent ou pillèrent, devant la princesse Massimo impuissante, de nombreuses oeuvres qui avaient été mises en sécurité par cette dernière dans les communs. Le château fut ensuite abandonné et fermé pendant dix ans (cf.illustration) avant d’être finalement récupéré en 1955 par les Postes autrichiennes.



Il fera ensuite l’objet d’un programme complet de restauration qui sera effectué entre 1961 et 1968 pour un montant total de 72 millions de schillings autrichiens, avant d’être transformé en centre de formation des télécommunications. Les décors des salons de réception seront soigneusement reconstitués, la chapelle fera l’objet d’une restauration exemplaire mais les appartements des étages seront, eux, irrémédiablement détruits et cloisonnés pour être convertis en salles de réunion et chambres.

En 2005, les Postes autrichiennes ont revendu le château de Frohsdorf à un promoteur immobilier qui souhaitait transformer la demeure en appartements de luxe mais les travaux semblent aujourd’hui stoppés et le devenir de cette demeure chargée d’histoire semble aujourd’hui très incertain.

Quant au pavillon de chasse de Frohsdorf en 1961, à la mort de la princesse Béatrix de Bourbon-Massimo, c’est sa fille la princesse Blanche (1906-1999), qui avait épousé en 1943 le comte Paul Wurmbrand-Stuppach issu d’une ancienne famille médiatisée du Saint empire romain germanique (cf.illustration) qui en héritera ainsi que les riches collections qu’il contenait.



A la mort de la comtesse douairière Wurmbrand-Stuppach, le pavillon reviendra à son fils le comte Ernest-Gundaccar et son épouse Elisabeth. Le couple qui a 4 enfants, perpétue aujourd’hui fidèlement la présence en Basse Autriche de la branche aînée des Bourbons depuis 167 ans et veille jalousement à la conservation de ce précieux patrimoine historique ainsi que de l’important domaine forestier qui lui est attaché.

On y remaqrue notamment toujours le fameux portrait de Marie Antoinette par Madame Vigée-Lebrun (cf.illustration) « balafré » par un coup de baïonnette en 1793 et qui figurait du temps du comte de Chambord dans le salon rouge.



Mais aussi la paire de souliers que porta le roi Charles X à l’occasion de son sacré à Reims le 29 mai 1825. Pour la cérémonie, il portait deux diamants jumeaux provenant des joyaux de la couronne et qui réintégrèrent le Garde-meuble royal après la cérémonie (cf.illustration)



ou encore un remarquable guéridon marqueté aux grandes armes de France (cf.illustration) dont la provenance est émouvante puisqu’il fut réalisé et offert par des ouvriers français lors d’une visite au prince ainsi qu’en témoigne l’étiquette qu’il porte au-dessous.

Quant aux précieuses archives du comte de Chambord, elles furent logiquement léguées par Henri V aux chefs de la maison de Bourbon successifs que furent don Carlos, considéré par les légitimistes comme le roi de France Charles XI, puis don Jaime, comme le roi de France Jacques Ier. Pendant l’occupation du château, elles furent malheureusement en partie pillées par les soldats soviétiques en 1945.



Toutefois, la princesse Massimo parvint à en sauver courageusement une partie importante et selon sa volonté, celles-ci furent en 1962, un an après sa mort, déposées aux archives de l’Etat situées dans l’ancien palais ducal de Lucques (cf.illustration) où la princesse résidait alors chez l’une de ses filles.


(Merci à Néoclassqiue pour ses recherches et le texte – Copyright photos : DR)



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